‹ Traité de la proprietéChapitre 26 sur 54 · DU TERRITOIRE PROPRE A CHAQUE NATION · texte numérisé non relu

DU TERRITOIRE PROPRE A CHAQUE NATION

> il est possilile , dans l'état de barbarie que dans l étal de civilisation. La famille a donc été , dans tons les temps et dans tous les pays , la première et la plus naturelle des associations.

On a trouvé en Europe, il est vrai, deux enfans qui vivaient isolés dans les forêts, et qui avaient pris quelques-unes des habitudes des bétes sauvages : l’un a été pris dans le Hanovre, l'autre dans le département de l’Aveyron.

Ces deux individus , sur lesquels Montesquieu et Rousseau ont bâti des systèmes, étaient de véritables idiots que leurs pareils avaient abandonnés probablement dans l'impossibilitéd'en tirer aucun parti; quand on les a observés de près, et pendant assez de temps pour bien les juger, le merveilleux a complètement disparu '.

Non seulement on a observé que partout les individus dont le genre humain se compose étaient groupés en familles, mais on a vu que , dans toutes les contrées, les familles se groupaient les unes près des autres. Les voyageurs qui ont visité les pays les plus sauvages, les plus stériles, ceux dans lesquels il est le plus diflirile à l’homme de se procurer des moyens d’existence, n’ont jamais découvert une famille vivant dans un complet isolement. Les hordes les moins nombreuses qu’on ait rencontrées dans les pays les plus arides , tels que l'Australasie et la Terre de Feu, étaient composées au moins de quatre ou cinq familles.

Les bordes qui sont réduites ii vivre des

> W. Lawrence a donné l'histoire de l'enfant trouvé dans une forêt de Hanovre.

* Lahontan , / 07*. dans C Amérique sept., t. J, p. iy 5 . — Byron. t. I, ch. la, p. 167. - Cook, troisième voyage, t. 5 . llv. IV. ch. I, p. 66, 67 et 68. — Niébuhr, / oyage s en Arabie.

1 a La propriété territoriale , dit un voyageur , n'existe point dans les particuliers sauvages . parce que ne cultivant pas la terre, ou y jetant tout au plus passagèrement quelques grains de mais, n'ayant pour demeure que de misérables cabanes qu’ils sont toujours prêts X abandonner, cette propriété personnelle

produits de la pèche, de la chasse, ou du laitage de leurs troupeaux , ne se permettent pas de parcourir tous les pays dans lesquels elles pourraieut trouver des pâturages , du poisson ou du gibier. Chacune d’elles a , comme on vient de le voir, scs forêts, ses lacs, ses rivières; chacune d’elles est circonscrite dans un espace quelle considère comme sa propriété , et d’où elle sait qu’elle ne peut sortir impunément.

Les pays qui semblent le moins susceptibles d'appropriation, tels que les déserts du centre de l’Asie et de l’Arabie, sont cependant appropriés. Iis sont divises entre diverses hordes de pasteurs , chacune desquelles parcourt successivement la partie que la nature semble lui avoir assignée *.

Les violations de territoire produisent chez les sauvages et chez les peuples barbares, des guerres bien plus violentes que celles quisout produites parla même cause chez les nations policées. Chacun d'eux se montre d’autant plus jaloux de faire respecter le sol qui l'a vu naître et qui le fait vivre , que , quelle que soit l'étendue de ses possessions, il est tou jours assiégé par la misère. Violer le territoire d’une horde de sauvages ou de pasteurs pour y prendre du poisson ou du gibier , ou pour y faire paître des troupeaux , ce n'est pas seulement lui faire injure, c'est attaquer ses moyens d'existence, c’est préparer sa destruction *.

Les guerres fréquentes qu’amènent chez les peuples barbares les violations de territoire, se terminent par des traités, comme les guerres des nations policées; par ces

doit leur être indifférente , et leur serait même à charge; mat» la propriété nationale, celle qui détermine où chaque nation, chaque tribu a le droit de faire tes excursion* de chatte, cette propriété existe dans toute ton énergie parmi eux. C'en pour la défendre qu'ils te font des guerres terribles, où le plus fort extermine le plus faible, égorge femmes et enfant, tant que la nation ennemie existe, jutqu’é ce que ces malheureux drbris aient été t'incorporer, se fondre dans d'autres nalioni. a (llohm. / < <>j . dans la Louis, f t. a, chap. 5 i, p. 807 - 3 o 8 . — Lahontao, Voj. dans l'Amer. sept,, t. a, p. * 75 .)

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