‹ Traité de la proprietéChapitre 35 sur 54 · DES LIMITES NATURELLES DU TERRITOIRE, ETC · texte numérisé non relu

DES LIMITES NATURELLES DU TERRITOIRE, ETC

d'impôts et de troupes, parce (ju’au (renient il ue saurait veiller à la sôrcté commune , mais il laisse à chaque état le soin d'établir des contributions comme il juge convenable , et de faire les levées d hommes comme il l’entend. Les hnhitans des montagnes des Grisons nu de l'Oberland , n’ont pas la prétention de soumettre à l'exercice des agens du fisc les vignerons du Valais ou du pays de Vaud. Ceux-ci, de leur côté, ne s’avisent pas de voler des impôts sur les fromages ou sur les troupeaux des hahitans des montagnes. Le lien fédéral tire donc la plus grande partie de sa force de l’indépendance dont jouit rhaque population dans le bassin où elle s’est développée.

Sites hahitans duTcssin étaient séparés de la confédération , et réunis à leurs associés naturels de l’Italie, non seulement ils perdraient leur indépendance comme nation , mais ils auraient à supporter tous les maux que fait peser sur ce pays la domiualion du gouvernement autrichien ; les avantages de cette association nouvelle seraient presque nuis; les charges en seraient insupportables. De même, si les populations du Valois, du pays de Vaud et du canton de Genève, étaient séparées des cantons situés dans le bassin du Rhin, et réunies aux autres habitons du bassin du Rhône, elles perdraient les avantages qui résultent de leur indépendance et d’une administration peu dispendieuse, et auraient h souffrir tous les inconvéniens d’un gouvernement qui ne peut subsister que par de lourds impôts. Elles pourraient, il est vrai, répandre les produits de leur industrie surtin plus grand théâtre; elles auraient plus de force et d’indépendance comme membres d’une grande nation.

Mais ces avantages seraient achetés par

■ Je me suit proposé dan» ce chapitre d’exposer simplement quelle» »ool le» limite» naturelles (lu territoire de chaque nation cl de celui de chacune de» principale» fractiou» dont elle te compose ; je m'occuperai des effet» qui résultent, toit de» division»

tant de charges et par la perte de tant de droits, qu’il est bien peu de geus qui voulussent consentir à l’échange.

Nous pouvons faire snr les habitans de la rive gauche du Rhin le même raisonnement que snr les peuples qui occupent les parties supérieures du grand bassin du Rhône. Leurs associés naturels seraient les peuples répandus dans le bassin qu’ils habitent eux-mêmes; mais ces peuples, qui devraient ne former qu’une fédération , sont tellement divisés entre eux; ils sont soumis à des régimes si dilTérens, et â des inllucnrcs étrangères si ennemies; ils jouissent de si peu d’indépendance et de liberté, qu il leur est plus avantageux d’étre unis au reste de la France. Suus plusieurs rapports, ils ont plus d'indépendance et de liberté, et leur industrie profite des avantage» qu’offre toujours le commerce libre d’une grande nation. Il faut ajouter que les canaux , en unissant de grands bassins, unissent aussi les populations qui les habitent.

Il ne faut donc jamais perdre de vue que , lorsqu’il cslquestion des associations naturelles ou des associations contraires â la nature des choses, il est toujours entendu que des circonstances accidentelles ne détruisent pas les avantages des unes et les ineonvéniens des autres. Le génie des hommes abaisse quelquefois les barrières qui tenaient des peuples divisés; mais quelquefois aussi leurs erreurs et leurs vices transforment en obstacles les moyens de communication que la nature leur avait donnés *.

Il résulte de ee qui précède , que les terres propres à fournir aux hommes des moyens d’existence , sont naturellement divisées en fractions plus ou moins con-

contraire* A li nature des choie», soit de 1* domination exercée parla population d uu grand peuple tur une auire population, lorsque je traiterai de la division et de l'organisation politique de chaque peuple.

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