‹ Traité de la proprietéChapitre 39 sur 54 · DES FONDS · texte numérisé non relu

DES FONDS

il hommes déterminé. Ou verra , par cette comparaison, comment, à mesure qu'on recule vers des temps ou des pays peu civilisés, la terre perd de plus en plus de sa valeur , ou comment, pour faire vivre un certain nomlire d'hommes, il en faut une étendue de plus en plus considérable.

Cela fera comprendre aussi comment, pour faire subsister une famille de sauvages, dans un état presque habituel de détresse, il faut plus de terres qu'il n'en faut chez un peuple civilisé pour faire vivre à l'aise une ville de cinq ou six mille habitans.

En prenant tm terme moyen , il faut , en France , pour faire exister une population d’environ douze cents individus, une lieue carrée de terrain; en Prusse, la même étendue de terre ne fournit des moyens d'existence qu'à huit cents personnes environ ; en Danemarck , le même espace fait vivre un pen plus de six cents personnes; en Portugal, il en fait vivre près de quatre cent cinquante; en Turquie, un peu plus de trois cents; en Russie, il en fait vivre un peu moins de deux cents, et quatre-vingt-deux seulement en Suède et en Norwège.

En admettant que, dans ces divers pays, on jouit à peu près de la meme somme de bien-être, il s'ensuit qu’un hectare de terre, en France, est une propriété égale à une hectare et demi en Prusse, à deux hectares en Danemarck, à près de trois en Portugal , à quatre dans l'empire turc, à un peu plus de six dans l'empire russe, et à plus de douze en Norwège et en Suède

L'ancien royaume du Mexique nous présente un exemple bien plus frappant encure des différences qui existent entre les diverses provinces de celte partie de l'Amé-

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