‹ Traité de la proprietéChapitre 45 sur 54 · DF. LA CONVERSION DD · texte numérisé non relu

DF. LA CONVERSION DD

de même que les hommes, et comme ils sont sans cesse ramenés par leurs besoins dans les vallées qui leurolTrentdes alimens et des abris , les montagnes qui séparent les nations les unes des autres , servent aussi de limite à la plupart des animaux.

Si l’on veut bien concevoir comment nnc peuplade, même quand elle n'est pas sortie de l’état sauvage , se trouve , en quelque sorte, attachée sur la surface d'un bassin formé par une grande chaîne de montagnes , il faut se représenter le fleuve qui parcourt ce bassin comme un arbre immense dont le tronc repose sur la mer, et dont les branches s'étendent dans les vallées latérales formées par les ramifications des montagnes. Le poisson se place habituellement dans le tronc et dans les branches principales ; jamais il ne s'élève jusqu'à l'extrémité des rameaux. Le gros gibier , le seul qui puisse fournir à un certain nombre de familles des alimens suffisans pour subsister, se place dans les vallées, parce que ce n'est que là qu’il trouve d'abondans pâturages, et de l'eau pour se désaltérer.Les hommes se fixent là où la nature a attaché leurs subsistances.

Tant que la terre est abandonnée à sa fertilité naturelle , et qu’elle n’est utile aux hommes que par les alimens qu'elle fournit à certains animaux, il ne peut donc se former aucune propriété territoriale individuelle. L’espace dont chaque famille a besoin pour subsister, est tellement étendu, qu’on ne saurait le clorre de manière à prévenir la fuite des animaux qui s’y trouveraient renfermés; et par conséquent, la jouissance du territoire entier reste commune à toutes tes familles dont la horde ou la peuplade se compose. Non seulement la jouissance en est commune, mais les individus ne parviennent à se procurer des subsistances qu'antant qu’ils vont en-

Page 1