‹ Traité de la proprietéChapitre 5 sur 54 · DK L’INFLUENCE DES DOCTRINES DE L’ESCLAVAGE. S · texte numérisé non relu

DK L’INFLUENCE DES DOCTRINES DE L’ESCLAVAGE. S

était attaché. Plus tard , les nations ont été considérées comme des propriétés de famille , dont on a disposé par des traités ou par testament , comme nous disposons de nos troupeaux

Ainsi, tandis que nous sommes portés, par la nature de notre état social , à faire diaparaitre les derniers vestiges de la servitude , nous nous pénétrons des doctrines de l’esclavage domestique , de la servitude féodale, du despotisme militaire, et de l'état sauvage. La domination qu'eieri;aient les patriciens romains sur leurs esclaves a cessé d’exister depuis des siècles; les diverses races de barbares qui avaient attaché les cultivateurs à la glèbe , se sont éteintes ou ont perdu une grande partie de leur puissance : mais les doctrines des uns et des autres sont encore pleines de vi", noos en formons une partie essentielle de l’enseignement des lois et de la morale ; nous les apprenons dès notre enfance dans nos écoles ; nous les invoquons dans nos cours de justice.

Cependant toutes leurs lois n'étaicut pas vicieuses, tontes leurs doctrines n’étaient pas des erreurs : on trouve , au contraire, dans leurs codes des décisions pleines de justesse, et dans leurs livres des maximes pleines de vérité. Mais 1 ordre de choses au milieu duquel ils étaient placés, ne leur permettait pas de remonter aux véritables principes des lois et de la morale, et d en suivre les conséquences. Us n'auraient pu fumier les droits et les devoirs de chaque individu sur la nature même de l’homme , sans mettre leurs doctrines en opposition avec leurs pratiques , et sans proclamer l'illégitimité de l'esclavage. Ils étaient ainsi dans la nécessité d’admettre certains principes dont ils faisaient le fondement de leurs droits , et dont ils n’auraient pu démontrer la vérité.

1 De nos jours, les nations sont encore considérées* iltA» le plus grande partie de l'Europe, comme la pro-

Comment , par exemple , des hommes qui considéraient la partie la plus considérable de leurs semblables comme des choses dont ils pouvaient user et abuser sans violer aucun droit , auraient-ils pu , dans la pratique, admettre qu'il existait des droits et des devoirs inhéreus à la nature humaine? Comment auraient-ils pu admettre que les devoirs d'une femme envers son mari , ou d'un mari envers sa femme, résultaient de leur propre nature, quand ils proclamaient que des hommes ou des femmes que la force avait asservis , n'avaient ni devoirs à remplir, ni droits à exercer? Comment auraient-ils pu , sans se mettre en contradiction avec eux-méines , reconnaître les devoirs d’une mère envers scs enfans , ceux des enfans envers leur mère , quand ils proclamaient qu’il n’existait aucun devoir de famille pour les êtres humains nés ou tombés dans la servitude ?

Aux yeux de tous les hommes qui ont attentivement observé comment les peuple* se développent, il est évident, ainsi qu'on le verra plus loin , que la propriété naît du travail. Si l'on n’adiuct pas qu’un homme ne peut légitimement avoir d'autre maître que lui-méme , et que chacun est le propriétaire du fruit de scs travaux , tant qu'il ne l a pas volontairement aliéné , il est impossible de trouver un fondement solide à la propriété. Il faut la faire reposer exclusivement sur les actes des gouvernemens , auxquels on donne le nom de lois; mais sur quelle hase fera-t-on reposer ces actes , et à quel signe en reconnaîtra-l-on la justice? II est bien évident cependant que les peuples dont les lois et les maximes sont parvenues jusqu'à nous, n'admettaient pas, et ne pouvaient même pas admettre que, suivant les lois de notre nature, chacun est maître du produit de ses travaux. Ils n’existaient, au contraire, qu'au moyen

priété d*i priuces qui les gouvernant II au fKt , pour en être convaincu, de lire les traités qu’ils font entre eux.

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