CHAPITRE Vm
Des limites natarellesdatcnîtoire propre à cbaqve à chacune des principales fractions entre leaqacflcs elle
divise.
En passant gradaellement de VétÊt. de à l'état de civilisatioii , les hommes donnent h quelques-unes de leurs fiscnltés pins de dévdoppement; mais ils ne changent pas de nature. Le temps de la gestation^ la dorée de renfance , la £■ble8se et les infirmités qui raccompagnent^ aont les mêmes chez mie horde de sauvages , que cfaeE une nation civilisée. Il ne faut donc pas être aitfris, si , dans le plus bas échelon de Fétat social, l'espèce humaine se groupe en ^wiiIL*» eomme ma tenne le plus élevé de la civilisation.
Des besoins analogues à cens qui préndent k k fonoation et à la conservation de chaque frmiUe, i^miasent diverses £aimilles en peuplades. Cette ^Qcoude espèce d'association n'est pas moma n^ cttnireàla conservatic» et an développemert des fittoilles qui la forment , ainsi qo^on le «psa plapi y que l'union permnacnte de nom
^ DBS LIKITBS KATURBLLES DU TEEEITOIES
la femme à la conservation de leurs enfans. Aussi . les voyageurs n'ont - ils jamais rencontré ^ même dans les pays les plus barbares y des &milles vivant dans un état complet d'isolement les unes à Tégard des autres.
Indépendamment des sentimens de sympathie qui tendent à rapprocher les êtres de même espèce^ les femilles tiennent les unes aux autres par les alliances qu'elles contractent , par les services mutuels qu'elles se rendent , par des habitudes et une langue communes^ p^r la ressemblance de leurs idées ou de leurs préjugés^ et surtout par la jouissance en commun de choses qui sont nécessaires à leur existence^ et qui ne sont pas susceptibles d'être partagées.
J'ai £ait observer, dans le chapitre précédent ^ que partout où la nature a présenté des^ moyens d'existence à l'espèce humaine , on a trouvé des hommes qui se les étaient appropriés; je dois ajouter maintenant que y toutes les fois que des obstacles physiques interrompent les communications entre des terres ég^ement habitées, chaque peuplade trouve le^ limites de son territoire aux points où les communications sont interrom^ pues. Il ne peut, en effet, y avoir association entre des femilles qui ne jouissent de rien en commun, qui ne peuvent feire aucun échange de services ^ qui ne s'allient point entre elles, et qui, par suite do
VROPBX A CHAQUE HATIOK* 9I
rétat de séparation où elles se trouvent y ne peuvent exprimer exactement leurs idées par les mêmes Agnes.
Les obstacles qui interrompent les conmiunications entre des terres habitées^ sont de diverse nature : ce sont des montagnes , des mers, des marais impraticables. Les cours d'eau sont des obstacles au rapprochement des fiBunilles , ou des moyens de communication y selon qu'ils sont plus ou moins considérables^ et que les peuples ont &it plus ou moins de progrès dans les arts. Des fleuves qui ressemblent à des bras de mer, comme quet^esuns de ceux du continent américain , sont évidenH ment des obstacles à toute communication pour des nations peu civilisées. Quand les arts auront £ût des progrès ^ ces obstacles seront encore assez grands pour empêcher des communications nombreuses et fréquentes.
JD résulte de ceci que y moins la civilisation est avancée^ plus les fractions entre lesquelles le genre humain se divise , sont nombreuses et isolées les unes des autres. Un des résultats les plus incontestables de l'accroissement de la population et du perfectionnement des arts ^ est , en effet , de faire disparaître graduellement les obstacles qui empêchent les hommes de traiter ensemble. Tel fleuve qui diviserait en deux hordes ennemies des hommes complètement barbares^ devient^ pour les
^3 VES LUUnS VATU|1£LLES IMJ TSMOTOIRB
peuples qui en possèdent les rives^ le moyen d'une active comninnication , da momait qu'ils ont trouve Tart de construire des ponts et des bateaux , et qu'ils sont assez industrieux pour effectuer des échanges. Les obstacles que prësaitent les montagnes à la communication des peuples qui en occupent les versans opposés^ sont plus aiséroCTt vaincus par des nations civilisées que par des peuplades encore incultes : les arts et les richesse» nous ont fourni les moyens de tracer des routesà travers les monts les plus escarpés.
IHEuU observer cependant que ce qui divise le genre humain en grandes firactions^ c'est bien moins la difficulté de gravir l'escarpement des montagnes y que la distance à laquelle sont contraintes de se tenir^ par la nature des choses^ les grandes masses de population. En général^ les hommes se multiplient dans chaque lieu en raison des subsistances qu'ils peuvent y faire crœtre^ on que le commerce et l'industrie peuvent y ameiier à peu de firais. H suit de là que les populatipns les plus nombreuses sont répandues dans les parties les [dbs spacieuses et les plus fertiles dos bassins formel par les montagnes. Â mesure qu'on s'âève ver9 la source des fleuves ou des rivières 9 1^ vallées se rétrécissent graduellement , la terre est moins susceptible de produire des subsistances^ et par conséquent les hommes y deviennent de plus en
PHOPUB ▲ GHAQVB HATIOII. 95
plus rares. Souvent les flancs escarpés des montagnes restent incultes ou ne sont cultivés que jusque une certaine hauteur ^ les cultivateurs n'y restent que le temps nécessaire pour la culture ou la ré^ coite y et redescendent dans les vallées. La popo* lation s^arrete au point où la culture et les péturages finissent -, ce qui est au-deOi forme quelquefois des espaces très - étendus et plus ou moins dififidki à franchir.
n n'est pas nécessaire que des montagnes soient
tiès-élevées pour partager en deux fractions bien
distinctes les familles qui en possèdent les versans
opposés ; il suffit qu'elles le soient assez pour em*>
pêcher des communications journalières et habi^
tndles. Les populations que des montagnes divisent,
qoand elles ne sont pas complètement séparées^ ne
se touchent que par im petit nombre de points.
Dans ks bnx où elles se touchent y les femillcs
sont pea nombreuses ^ et de chaque côté elles se
portât laiBreUement vers le versant auquel elles
'ifanKmKat. à moins qu'elles n'en soient dé-
^BBB» fsmr As grands intérêts (1).
: JfDir « àirc âes idées nettes de la manière dont le genre ^''''''«iii * ûv^se aatnrdlenent. on peut se représenter les ral- '^ aitiBs ^nr '.es 'versam apposes des montagnes , rnniine de^ '^'^nçlwaiii Te « Tiipprochent an pen qne par ieurs ^omm^*, * feit te jmoRa î'^Hoignent de pins en plas. î^ .fntaP'-p « ^- ?^^ w nancies sont ^stcés les ans a V^M î*^ **^*^"«