‹ Traité de la propriétéChapitre 34 sur 61 · SSS DBS OBSTACLES MIS PA& LB8 LOIS · texte numérisé non relu

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de cette apparente imprévoyance^ de gratea încon^ véniens ^ et cependant aucune inconsëqaence âcheuse ne parait en avoir été la anite. La raison en estque^ dans tous les pays, les meilleurs terrains ont {Hresque toujours été les premiers mis en culture. Les bois que l'intérêt privé portait à détruire les derniers, étaient ceux dont l'intérêt général sollicitait particulièrement la conservation.

Toutes les fiiia qu'il est question de soumettre à des règles particuliègres les propriétés de ce gemref il y a trois sortes d'intérêts qu'il ne fout jamais perdre de vue , et qu'il importe de concilier autant que possible : l'intérêt de la population entière, l'intérêt des propriétaires de bois ou de terres qui devraient être consacrés à ce genre de produits ^ et l'intérêt des consommateurs.

Je n'ai point parlé, dans ces considérations, des intérêts ou des besoins de la marine ; et cependant c'est principalement en vue de ces intérêts que les bois ont été soumis à un régime particulier. La légitimité de cet intérêt a été mise en question, même en Angleterre , où il s'est trouvé des économistes qui ont soutenu qu'une puissante marine n'était un bien , ni pour le peuple qui la possédait, ni pour l'humanité en général , et qu'il valait nùeux d'ailleurs acheter du bois dans les pays ou il était produit à bon marché, que de le produire soimême à ^ands frais. Un écrivain dont on n'a mis

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és question^ ni lesconnaûsanou^ni le patriotiiiBey a poUié h ce sojet une opinioA cpie je crois devoir nipporter ici.

« Je serais fâche ^ dit-il, d'ajoater à me^ taisons^ deux moto «ur l'argumeut leplascoinniiuii, sut celui qu^0U} fonde sur la prétendue nécessite (Fane fluorine royale ; car je considère toute idée d'une grande force navale comme étant fondée sur des thëorieB fort douteuses^ Une marine puissante est doBÉuagedtde aux autres nations par son obfet, leepÊei est de porter^ jusque sur les parties les plus lignées du globe, les funestes effets de rambttion> et tontes les horreurs qui: suivent l'esprit de coiih> ipète, quand il^ dérive d'un esprit plus malfiaisant encore, celui du commerce étranger. Et œ* pendant quelle que soit la nécessité commerciale i^ fondée sur les plus nuMivai$ principes qu'on adlè^ gae pour la soutenir, la dépense en est si considé* ndlde. , qu'ancnne nation ne peut être formidable eil même tempd sur mer et s«r tevre, S8ii»£nre^es efforts qui , par le vmjewdx» empruntir, font tomber neBJcllargeBSllrnotreinaocsente''pos(3érité^ IL Honte aiebservé q«ie la ftotte anglaise ^ sni plu» fort de la guerre de i 7iO , coûtait à la nation plus que ne coulait tout Ntatmilitiiredie^l^enipire romain sdtts Àugnste, quand tout ce qui était alortf digne d'être appelé le monde , était placé sous le sceptre de ce prince. Dans notre dernière guerre ^ la dépense de

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notre flotte a été le double de oeQe qui avait attiré l'attention de cet habile et profond écrivain; car la dépense navale de i 78^1 s'est élevée jusqu'à 8^605,8&l livres sterling.

» L'ambition des honunes d'état est toujours disposée h fonder^ sur l'existence d'un grand commerce^ lanécessité d'une grande marine pour le protéger; et l'on suppose ensuite la nécessité d'an grand commerce pour soutenir une grande marine : de fort beaux systèmes d'économie politique ont été la conséquence de cette malfaisante combinaison. Le rêve trompeur des colonies a été une branche de cette curieuse politique^ qui a coûté à la nation anglaise , comme sir John Sinclair Fa démontré y deux cent quatre-vingts millions sterling (i). Plutôt que de se mettre dans la nécessité de hâve cette énorme dépense^ à laquelle notre puissante marine nous a obligés, n'aurait-il pas mieux valu que la nation fut sans commerce, sans colonies et sans marine? La même folie a gagné le cabinet de France : là ^ une grande marine est nécessaire, parce qu'on a, dans Saint-Domingue, une grande colonie ! Ainsi , une cause de dommage en engendre toujours une autre. Ce siècle a été l'époque du pouvoir maritime ; ce pouvoir cessera dans le siècle suivant, et alors on le considérera comme

(i) Environ sept milliards quarante millions de francs.

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un système fondé sar respritderapmecommerdale.

» Mais quelle que puisse être la nécessité des marines , il n'y en a aucune pour cultiver des chênes pour les construire ; il en coûte infiniment moins de les acheter que de les cultiver « On ne peut pas prévoir Fépoque oii l'on aura épuisé le chêne du Nord^ de la Bohême y de la Sibérie ^ de la Pologne ^ de la Hongrie et des terres qui bordent l'Adriatique. Le prix s'en élèvera à mesure que le transport en sera plus coûteux ^ mais ces pays en fourniront pendant des siècles. Jusqu'au commencement du siècle der^ nier^ la rareté du chêne nous a contraints de feire usage du pin ; et cependant j malgré la grande consonmiation qui en a été £aite j les pays d'où nous l'avons tiré, pourraient nous en fournir encore pendant cinq cents ans » 0).

La nécessité de veiller à la conservation des bois, n'est pas la même pour toutes les nations ; une multitude de circonstances physiques , telles que l'élévation et l'étendue des montagnes y la chaleur ou la fraîcheur du climat , la nature et la disposition du sol, peuvent feire varier les besoins des hommes. Le déboisement d'une île située sous un cUmat humide et froid, ne peut pas avoir pour les habitans les mêmes effets que le déboisement d'un pays tel que la Perse.

(i) Arthur Young, yol. %, p. ii5-ii6.

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Qoelqae sages qae puissent étre^ aureste^ les mesures d'un gouvernement^ elles ne sauraient jamais produire de grands résultats, si elles n'étaient pas secondées par les. mœurs de la population. Cest donc sur les esprits qu'il £eiut surtout agir ; il feat montrer aux hommes leurs yéritables intérêts. Lorsqu'ils verront clairement le but vers lequel il leur importe de se diriger , ils y tendront sans qu'on ait besoin de les presser.

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