‹ Traité de la propriétéChapitre 35 sur 61 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Dtt anciennes lois sur la joaîssance et la conserratîon des

fleuTea et des riyières^

Il existe y ainsi qu'on l'a vu , des rapports intimes entre l'état du sol des parties supérieures d'un grand bassin^ et les cours d'eau qui le parcourent. Ces rapports auraient dû servir de base aux mesures prises en divers temps et en divers lieux pour la conservation des grands cours d'eau y et cependant ils ont été sans influence sur les actes de la plupart des gouvernemens. Nous ne devons pas en être étonnés : ils n'étaient pas connus^ il n'y a pas très long-temps , même par les hommes qui s'occupaient des sciences avec le plus de succès. 11 aurait été difficile^ d'ailleurs, qu'on les prît pour règles à des époques de troubles et de guerres , quand les peuples étaient divisés de la manière la plus arbitraire ; quand l'industrie et le commerce étaient des objets de mépris, et que les nations, comme leurs gouvernemens, étaient plongées dans une profonde ignorance (i).

(i) Descartes supposait que les eaux de la mef se rendaient, I. 17

258 DES augieicnes lois

Il aurait h3ln, pour oser concevoir^ et surtoat pour mettre en pratique dans chaque grand bassin^ un système propre à en développer toutes les ressources agricoles, industrielles et commerciales , que les divisions politiques des divers pays fussent en harmonie avec les divisions territoriales £oi^ mées par la nature elle-même^ et que l'autorité publique se trouvât entre les mains d'hommes assez éclairés , assez puissans, et surtout assez intègres pour subordonner aux intérêts généraux tous les intérêts individuels qui s'y trouvaient opposés; dans les temps où nous vivons ^ il y a peu de nations qui puissent se vanter d'être parvenues à ce degré de perfection ; et aucune n'y était arrivée dans les temps qui nous ont précédés; nous ne devons donc pas espérer de trouver, dans les lois des anciens peuples, un ensemble de mesures propres à tenir les grands cours d'eau toujours en bon état.

Les rivières , ainsi qu'on l'a vu précédemment, ont, pour les nations qui savent en fieiire usage, dî-

par des conduits secrets , dans des rëserroîrs placés soas lei montagnes; que là elles étaient réduites eaivapeur par lefeo central ; que ces vapeurs , élevées dans l'intérieur des montagnes, se condensaient en eau contre leurs parois, et que cette eau s'écoulait par les fentes des rochers, comme Teau distillée coule par le bec d*un alambic. Si telles étaient les idées dHin des plus grands philosophes et des meilleurs observateurs du dix-septième siècle, qu'on juge de ce que devaient être celles du vulgaire dans les siècles antérieurs.

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