‹ Traité de la propriétéChapitre 38 sur 61 · SUR LES FLEVTES ET LES RIVIÈRES · texte numérisé non relu

SUR LES FLEVTES ET LES RIVIÈRES

valeurs pour les peupler de bétes sauvages, ainsi que le prouve l'ordonnance du 25 mai iAi3y se rendirent maîtres des rivières et des fleuves ; ils s'établirent sur tous les passages, et levèrent, dit la même ordonnance, de grands et excessifs ac^ cjuits et péages sur les denrées et marchandises passant par les détwits desdites terres et rivières. La Seine, la Loire, le Rhône, furent ainsi envahis comme les rivières les moins importantes (\).

(i) Poar se faire une idée de Toppression que la noblesse Êdsait alors peser sur le peuple, il faudrait lire toutes les dispositions de cette célèbre ordonnance, qui avait pour objet la réforniation du royaume : « Pour ce que plusieurs louvetiers et lontriers, dit l'article 24I9 se sont efforcés et s'efforcent plusieurs fois d'empêcher les bonnes gens de prendre et tuer les loups, petits et grans, et exiger sur le povre peuple grans sommes de deniers Voulons et permettons par ces présentes que

toutes personnes, de quelque état qu'elles soyent, puissent prendre^ tuer et chasser sans fraude tous loups et loutres, grans et petits. »

L'article 24a ajoute : « £st vray que plusieurs seigneurs de nouvel et puis xl ans on ça, par la grande force et puissance, et par la faiblesse, povreté et simplesse de leurs sujets et voisins, ont fait et introduit nouvelles garennes , et estendues les leurs anciennes En dépeuplant ïè pays voisin des hommes et habitons, et le peuplant de bêtessauvages , par qno y les labourages et vignes des povres gens ont été tellement endommagiez et gastez par icelles bestes sauvages, que icelies povres gens n'ont eu de quoy vivre; et leur a convenu laisser leurs domiciles. »

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En même temps que les seigneurs s'emparaient des rivières pour y établir arbitrairement des péages et rançonner le commerce y ils y formaient des barrages pour faire arriver Teau dans leurs propriétés ; ils y établissaient des gords pour la pèche, ou y formaient des îles; ils arrêtaient ainsi le poisson au passage et rendaient la navigation dangereuse et presque impossible ; et^ dans les crues d'eau^ ils inondaient les terres de leurs voisins^ dételle manière, dit l'ordonnance : « que quand il est grande abondance d'eaux^ les pays voisins et labourages d'iceux^ en sont du tout perdus et gastez y au très-grant préjudice du bien public de nostre royaume et des sujets des pays voisins (^). »

Il résultait des mêmes désordres que le lit des rivières et les fossés pratiqués pour faciliter Técoulement des eaux^ n'étaient point entretenus, et que, faute de curage, l'eau se répandait dans les campagnes^ et les transformait en marais; les chemins et les chaussées étaient tellement dégradés qu'on ne pouvait y passer sans danger (2).

Charles YI, par son ordonnance du 25 mai iÂiS, essaya de porter remède à ces désordres : il prononça l'abolition de tous les péages et acquits

(i) Article 246*

(a) « £t aussi plosieurs chemins , chaussées et passages , tels que bonnement on n'y peut passer sans très-grans inconTénien» et dangers. » Article 247.

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