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viendrons quand nous aurons à pai-k'r de là propriété actuelle, il est évident que la nation n'avoit pas, avant notre première révolution, le moindre droit sur les biens des églises, sur les églises elles-mêmes, sur les'biens des cures et les : cimetières.
Des raisons aussi fortes et .parfaitement ana> logues peuvent être invoquées en faveur des cathédrales. Ce n'éloit pas la province, ce netoit pas le trésor public qui lesavoientélc vées. On ne connoissoit point alors la législation de l'empire, qui afàit de ces constructions une dépense départementale, ou la législation qui nous régit depuis douze ans, qui les a mises à la charge de l'Etat. Les cathédrales a voient été bâties à grands frais par les habitans du diocèse, qui , certes, ne prétendoiem nullement travailler pour toute la France. >
Quoi ! les habitana de l'Alsace, de la Champagne, de la Picardie, de la Beauce, du Berry, de l'Orléanais . auraient élevé les magnifiques églises de Strasbourg, de Rheima, d'Amiens , de Chartres, de Bourges, d'Orléans, pour les Gascons, les Provençaux, les Bourguignons, les Bretons, ou plutôt pour quelques misérables qui, en H92, se dirent les représentais d'une grande nation! Il est impossi-
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ble de pousser plus loin l'impudeur du langage en l'affirmant, l'effronterie (1(1 sophisme en essayant «!e le prouver . '" ' ' '• "
Les séminaires sont absolument dans la même catégorie. Ils avoient tous été élevés avec les aumônes des diocésains, 6U quelquefois avec les secours des congrégations chargées de diriger ces maisons. Les uns «t les autres n'avaient pas plus pensé à la nation française tju'à ia nation Germanique. Ils ne s'.étoient<aeenpéVqne;u'aS8urer un asile aux aspirons àu> sacerdoces ' : i<!-' ■■ ' i 'i' ' -
. Enfin, les palais épiacopaux ont été bâtis par des.évèques, pour eux et pour leurs successeurs. Ils étoient ineoritestabietnenl maîtres du revenu de leurs menses, c'est-à-dire qu'ils étoient certainement usufruitiers de l'évéché ou archevêché dont ils étoient titulaires. C'est avec cet usufruit qu'iisavoient bâti et ordinairement acheté le sol sur lequel reposoit l'édifice. Quel droit la nation pouvoit-elle avoir sur ces mmiumens '.' ■
Quel contrat, quelle loi, quelle possession , quelle destination, quelle intention; quelle preuve de quelque espèce qu'elle soit, pouvoitelle invoquer, lorsqu'elles militoient toutes pour l'évêché> le séminaire, la cathédrale, la
cure et la fabrique, et qu'aucune ne parloit de la nation, être moral tort respectable sans doute, et que le clergé a plus aimé qu'aucune autre classe de la société, mais dont il étoit réservé à des sophistes de faire une sorte de monstre investi du droit de dévorer toutes les institutions qui font vivre, et prospérer un peuple? , ..: .• ,
Voler des biens consacrés n. la plus sainte des destinations est un crime qui s'explique trop bien par la plus âpre des passions; mais accumuler les sophisme» pour justifier le vol est l'indice d'une immoralité profonde, et d'une subversion de principes bien autrement contagieuse que le vol lui-même, i , : fit:.*
Du resle, pour ne pas charger de plus de crimes qu'ils n]en ont commis les spoliateurs de l'assemblée constituante, il faut remarquer qu'ils ne pensèrent jamais à aliéner les édifices et les biens dont nous venons de parler : ce ne fut que plus tard que divers décrets de l'assemblée législative et de la convention en consommèrent le sacrilège envahissement.
Les constituans n'y avoient point pensé ni pu y penser. Leur conservation étoit la conséquence de l'existence légale de l'Eglise catholique, au moment de la confiscation et de
la formation d'une église constitutionnelle établie deux ans plus tard, laquelle avoit aussi besoin de temples et d'habitations pour son schismatique clergé. Voilà ce qui explique comment les palais épiscopaux ne furent décrétés, ainsi qu'on s'exprimoit alo.rs, que le 19-25 juillet 1792; les séminaires et autres biens de diverses congrégations ecclésiastiques, que le 18 août de la même année; les immeubles affectés aux fabriques , le jour suivant, et tout l'actif de ces établissemens , les 3, 4novembre1793. Voilà quels furent les spoliateurs. Ce n'est donc point de Mirabeau, de Syeyes, lequel protesta contre la vente de tous les biens ecclésiastiques en général parces énergiques paroles : P~ous voulez être libres, et vous ne savez pas être justes; ce n'est point de ces hommes qui ont pourtant laissé après eux un si triste renom, que se portent héritiers de nouveaux, spoliateurs qui veulent que l'Etat soit propriétaire des églises, des palais épiscopaux , des séminaires et des biens de fondation rendus aux premiers de ces établissemens : ils veulent succéder aux Robespierre , aux Couthon , aux Saint-Just , à ces Solons de 93, si-dignes d'être nos législateurs , eux qui étoient à peine des hommes! Ils recueillent
ictus traditions, its respectent leurs lois, bien plus que les lois du gouvernement le plus juste. Celles-ci, par un renversement de toute idée 'd 1 ordre et de raison, sont traduites comme odieuses; les autres sont tirées de l'oubli, si elles y sont rentrées, pour en faire des lois saintes et inviolables. Ce n'est pas assez de consacrer ceux de leurs résultats qui dont jugés nécessaires à la paix du pays, ils veulent les retenir tous sans exception , les perpétuer, s'en servir pour convertir en principes inébranlables des faits iniques. Ce n'est pas assez encore. Il faut que l'Eglise dépouillée les consacre. On veut que le Tape oublie toutes les traditions de l'Eglise, tous les codes qui ont reproduit ou sanctionné ses lois et ses traditions, pour adopter les décrets desemiemisles plus implacables de tout culte chrétien, de toute société civilisée, pour les adopter avec l'exteution la plus illimitée. Le Papea dit : La paix de la France et le rétablissement de ses antels vaut mieux que deux milliards de biens envahis et vendus; on veut qu'il ait dit encore : L'Etat demeure propriétaire de tous les édifices rendus au culte, afin , si cela lui plaît, d'en chasser le sacerdoce catholique, pour y introniser des ministres rationalistes, des pré-
dieans d'athéisme, soit qu'ils déguisent cette horrible doctrine sous le voile d'un christianisme dérisoire, ou qu'ils professent ouvertement leur impiété! Que d'autres digèrent de telles absurdités, pour nous, tout notre sens moral se soulève, et notre raison n'estpasmoins rebelle. Telles sont les preuves spéciales qui viennent fortifier celles que nous avons produites en faveur de l'Eglise, pour établir sa propriété légitime à l'égard de tous les biens qu'elle possédoit en 1789. Passons maintenant à l'examen des causes qui déterminèrent la vente des biens ecclésiastiques, des circonstances qui raccompagnèrent, des effets qu'elle produisit.