COUT R
et qu’elles se résignent à plus de sacrifices. Si les habitants des frontières, pour mettre leurs propriétés à l'abri du pillage, et échapper aux calamités d’une invasion, consentaient â ouvrir un passage aux armées ennemies, et à ne pas les inquiéter, c’est surtout sur les habitants du centre que tomberait le poids de la guerre. C’est, en effet, parmi eux que siège ordinairement le gouvernement qui est l’âme de toutes les opérations militaires, et que se trouvent les grandes masses de richesses.
Cependant, il n'y a de véritable association entre les membres dont un peuple se compose, qu’autant que toutes les propriétés sont également garanties, et que les charges et les avantages de la société se répartissent d'une manière égale. Il faut que les bienfaits de la paix et les malheurs inséparables de la guerre se répandent également sur tous , autant du moins que la nature des choses le comporte. Hais si , par leur position , quelques parties de la population sont plus exposées que d’autres , et s'il n'est pas possible de prévenir les atteintes auxquelles leurs propriétés sont exposées, quel est le moyen d’établir l'égalité des charges autant que cela se peut? Il n’y en a qu’un : c’est de réparer le mal qu’on n’a pu empêcher-, c’est d'indem-