DES OPINIONS DES JURISCONSULTES, ETC
exclusivement estimés par une tribu île barbares; il ne dit rien des moyens qui enrichissent un peuple policé.
Un des écrivains de notre temps, qui s’est placé, par ses ouvrages, au rang des premiers jurisconsultes, a tenté d'expliquer la nature, l’origine et les progrès de la propriété; mais il n'est pas allé beaucoup plus loin que Volf et Puffendorf. Admettant, comme un fait démontré, le système de J. -J. Rousseau sur l'état naturel de l'homme, il a pensé qu'avant l’établissement de l'étal civil , la terre n'était à personne , et que les Fruits étaient au premier occupant. Il a cru que les hommes, répandus sur le globe, vivaient dans un état
que les auteurs ont appelé communauté négative, laquelle consistait, dit-il , en ce que les choses communes à tous n’appartenaient pas plus J chacun d'eux en particulier qu'aux autres, et en ce qu'aucun ne pouvait empêcher un autre d’y prendre ce çu ’il jugeait à propos, pour s’en servir dans ses besoins.
C'est là le roman de Grotius. L’auteur partage, au reste , l'opinion de Bentham et de Montesquieu, et conFond les propriétés avec les garanties qu'elles obtiennent des lois civiles et des lois politiques (1).
(1) Le droit civil français suivant l’ordre du Code , par M. Touiller, I. III, n. 64.
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