‹ Traite de la propriete par m. Ch. ComteChapitre 166 sur 192 · DES DÊE INITIONS DE LA PROPHETE PAR LA PUISSANCE LEGISLATIVE · texte numérisé non relu

DES DÊE INITIONS DE LA PROPHETE PAR LA PUISSANCE LEGISLATIVE

Des philosophes et des jurisconsultes célèbres nous ont appris, ainsi qu'on l’a vu dans le chapitre précédent , que la propriété n’est pas inhérente à la nature humaine, et qu’elle ne doit l’existence qu'à la loi civile, c'esl-à-dire aux déclarations et à la protection de l’autorité publique. Cette opinion n’a pas été généralement partagée par les peuples qui, après avoir fait la conquête de leur indépendance, ont été appelés à donner à la puissance législative une organisation et des limites. Tous, en effet, loin de reconnaître à cette puissance la faculté de donner l’existence à la propriété, lui ont imposé le devoir de la respecter et de la protéger.

On trouve à la tète de presque toutes les constitutions américaines, l'énumération des divers objets qui sont , en quelque sorte , placés au-dessus de tous les pouvoirs sociaux, et qu'il est du devoir de chacun d’eux de respecter et de faire respecter : de ce nombre soqt la liberté des cultes, la faculté de publier son opinion sur toutes choses, celle de défense personnelle , celle d'acquérir et de posséder des propriétés et de les défendre.

Cet exemple a été suivi par la France, daos les diverses constitutions qu'elle s’est données, ou auxquelles elle a été soumise depuis

la révolution de 1789. Nous lisons, en effet, dans le titre des Dispositions fondamentales garanties par la constitution , du 5 septembre 1791, que la constitution garantit l’inviolabilité des propriétés, ou la juste et préalable indemnité de celles dont la nécessité publique, légalement constatée , exigerait le sacrifice. Nous y lisons, de plus, que le pouvoir législatif ne pourra faire aucune loi qui porte atteinte et mette obstacle à l’exercice des droits naturels et civils consignés dans le présent titre, et garantis par la constitution.

J .a constitution du 94 juin 1795 , la plus démocratique qu'on ait jamais faite, renferme des dispositions semblables. Elle déclare que le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la jouissance de ses droits naturels , et elle met au nombre de scs droits , l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. Elle définit la propriété , le droit qui appartient à tout citoyen de jouir et de disposer à son gré de ses biens, de ses revenus, du fait de son travail et de son industrie. Elle ajoute ensuite que nul genre de travail , de culture , de commerce, ne peut être interdit à l’industrie des citoyens , et garantit ainsi à chacun la faculté de former des propriétés nouvelles.

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