‹ Traite de la propriete par m. Ch. ComteChapitre 185 sur 192 · CHAPITRE XL1V · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL1V

DE* IDÉES RÉTROGRADES CONTEE Là PROPRIÉTÉ. — CONCLUSION.

J'ai tenté de donner, dans cet ouvrage, des idées exactes des propriétés qui sont la base de notre existence; mais je suis loin d'en avoir donné des idées complètes. La faculté de disposer des choses est un îles éléments essentiels de toute propriété; et, dans tous les pays policés, on a cm nécessaire de donner à cette faculté des limites et des règles. On ne peut donc se flatter de connaître parfaitement le sujet que j’ai traité , que lorsqu’on possède la connaissance de ces règles et de ces limites. Cela même ne suffit pas; il faut savoir de plus quels sont les divers moyens à l'aide desquels une chose peut être acquise et devenir la propriété de telle ou telle personne.

Pour avoir une connaissance entière de la propriété, il est donc nécessaire de connaître presque toutes les branches de la science du droit; car la plupart ont pour objet de régler ou de limiter la faculté de jouir et de disposer des choses qui nous appartiennent. Je fais celte observation, afin qu’on ne s'imagine pas qu’on peut, à l'aide d'une définition, acquérir la connaissance de choses qui, pour être bien connues, exigent de longues études. L’explication d’un des termes île la définition donnée par nos lois, du mot disposer, a donné naissance à un nombre de volumes suffisant pour former une bibliothèque.

Si j'ai laissé beaucoup de choses i dire sur le sujet que j’ai traité ; si je n’ai parlé ni des règles ni des limites données à la faculté de disposer, ni des divers moyens à l'aide desquels on peut se dépouiller de ses biens pour en investir une autre personne ; si même je me suis abstenu de faire mention de quelques moyens à l'aide desquels ont peut acquérir le titre de propriétaire ; c'est parce qu’il ne m'était pas possible d'aller plus loin avant que d’avoir traité des personnes, et des rapports qui existent entre elles.

Un homme qui vit au sein d’une nation civilisée, n’est pas un être isolé comme une pyramide au milieu d'un désert ; il tient, par une multitude de liens, aux êtres de son espèce qui l'environnent. La puissance qu'il exerce sur les choses dont il est propriétaire, est toujours plus ou moins limitée par les obligations qui lui sont imposées, soit par sa propre nature, soit par les conventions qu’il a formées, soit par les institutions de la nation i laquelle il appartient. La protection dont il jouit pour ses biens et pour sa personne, exige elle-même qu'il ne puisse se dépouiller de ses propriétés, qu’en suivant certaines règles. Il est donc nécessaire, avant que de traiter des diverses manières dont on peut disposer de ses biens, et de parler des limites mises à cette faculté , d’avoir fait connaître

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