QUE PRÉSENTE
dont ils allaient prendre possession. Après un séjour de neuf mois , tous allaient être emportés par la famine , lorsqu'un navire arriva d’Angleterre, et leur porta des vivres. Us furent ramenés dans leur pays natal : parmi eux , il ne se trouva pas un homme qui fût séiluit par l’espérance de devenir propriétaire d'un riche domaine.
Quelques années plus lard, le même projet fut repris. On expédia trois navires avec une colonie plus forte que la première. Les colons furent pourvus d'armes, de vivres, de semences, d'instruments d'agriculture, enfin de tous les objets nécessaires à leur établissement. Lorsqu'ils virent les travaux auxquels ils avaient à se livrer pour arracher à la terre des produits propres à leur servir d’aliments, ils craignirent de manquer de vivres , et ils supplièrent leur commandant de retourner en Angleterre pour leur en apporter. Il partit; mais avant son retour, la famine, les maladies et les sauvages les avaient tous détruits.
Vingt années s'écoulèrent sans qu'il se rencontrât personne qui voulût former une tentative nouvelle. En 1607 , une troisième expédition fut envoyée sur la même terre; et, comme les précédentes , elle se pourvut de tout ce qu'elle jugea nécessaire à l'établissement d'une colonie. Arrivés sur le continent américain , les colons se mirent à l'ouvrage ; mais , avant que la terre eût rien produit, les vivres commencèrent à devenir rares. Les exhalaisons d'une terre nouvellement cultivée, la chaleur et l'humidité du climat, et le défaut de subsistances, amenèrent des maladies.
Avant le commencement de septembre , la moitié de la colonie avait péri ; l'autre moitié n’avait plus ni force ni courage.
Le chef des colons, nommé Smith, parvint cependant à leur rendre l’espérance; mais ayant été pris par les sauvages, la colonie fut presque entièrement ruinée pendant son absence. A son retour, elle ne consistait plus qu'en trente-huit personnes qui voulaient retourner en Angleterre. Cependant , par scs