‹ Traite de la propriete par m. Ch. ComteChapitre 5 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

DE l.’lNFLUENCE DES DOCTRINES DES PEUPLES POSSESSEURS d'eSCI.AVES SUR I.ES IDÉES DES NATIONS CIVILISÉES.

Lorsque les ténèbres du moyen âge ont commencé à se dissiper, les hommes studieux n'ont pas eu la pensée d'acquérir des lumières , en observant les phénomènes qui s’offraient à leurs regards ; ils ont étudié les ouvrages dans lesquels les écrivains grecs ou romains avaient déposé leurs systèmes et les résultats de leurs observations ; ils ont cherché, non à se faire des idées exactes de la nature des choses , mais à se pénétrer des pensées des hommes qui les avaient précédés.

Cette manière de s'instruire a été abandonnée par les hommes qui s’occupent de sciences physiques : c’est par l'observation des faits , et non par l’étude des livres , qu'ils acquièrent des connaissances. Les ouvrages des savants ne sont plus considérés par les personnes qui possèdent une véritable in-

rourr.

siruction , que comme des guides , dont la (nission est de diriger ceux qui veulent se livrer à l'étude des choses. Ils font , dans les mains des gens qui aspirent à s'instruire i l’office que font , entre les mains d’un voyageur, des itinéraires ou des cartes de géographie. L’homme qui prétendrait combattre le résultat d’une observation scientifique par l’autorité d’Arislote ou de Pline, se rendrait ridicule aux yeux des gens les moins éclairés.

A la renaissance des sciences morales, on a procédé, pour acquérir de l'instruction , comme on procédait pour les sciences physiques : ce n’est point par l’étude des phénomènes de la nature qu’on s’est instruit , c’est par la lecture des litres des premiers moralistes et des premiers métaphysiciens, ou par l’élude des lois des premiers peuples dont on

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