SUR UES FLEUVES
tioo des pouvoirs publics , ce n’esl pas ici le lieu de sVn occuper (1).
Les lois romaines n'ayant jamais été reçues en Angleterre comme lois du pays, n'ont pu exercer, sur l’état social des Anglais, l'influence qu'elles ont exercée sur le nôtre. D'un autre côté, le système féodal ayant jeté chez ce peuple des racines plus profondes que celles qu'il a jetées parmi nous, et n'ayant pas été attaqué avec la même persévérance ou avec le même succès par les rois, ni aboli, comme chez nous, par une révolution populaire, les possesseurs de terres, entre les mains desquels le pouvoir a toujours résidé depuis la conquête des Normands , y jouissent , relativement aux fleuves et rivières, de prérogatives inconnues dans le droit romain et dans nos propres lois.
En Angleterre , la propriété territoriale est fondée sur le principe de la conquête, poussé jusqu'à sesdernières conséquences. On admet, en principe , que l'invasion du pays par les Normands , et les confiscations qui en furent la suite , rendirent le général conquérant maître absolu , non-seulement des biens qui composaient le domaine public, mais de toutes les terres du pays, sans exception. On admet que toutes les terres furent données par le chef de la conquête à ses lieutenants . qui les partagèrent entre les officiers et les soldats de l’armée, et qu’il n'y a, même aujourd’hui, de possession légitime, que celle qui remonte à l’invasion , et au partage qui en fut la suite. Tout propriétaire de terres a donc pour titre de propriété une concession royale prouvée par des actes, ou supposée; car la prescrip-
(!) For. sur ces questions, l'ouvragedeM. A. Daviel, intitulé : Pratique de s cours d’eau, p. 99 et «uiv.— F. X. P. Garnier, Régime ou Traité des rivières, II* partie, p. $57 et suiv.
(2) Il became, dit Blackstone, a fundamental maxime and necessary principle of our English tennures, « That lhe king is the universal lord '« and original proprietor of ail lhe lands in his « Klngdom;and that no man doth or can possess • any part of il, but what bas mediately or imme-