DE L’ACCROISSEMENT DES
aucune condition , aucune règle au gouvernement ; elle laissait sans garantie les intérêts de la société, et c'est en cela surtout qu’elle était vicieuse. La loi du 7 juillet 1835, sur l’expropriation pour cause cT utilité publique , a mis quelques bornes à son pouvoir, en déclarant que les grands travaux publics ne pourraient être exécutés qu’en vertu d’une loi , qui ne serait rendue qu'après une enquête administrative. Cependant le domaine de l'arbitraire est encore fort vaste, puisqu'il suffit d'une simple ordonnance pour autoriser l’exécution des routes , des canaux et chemins de fer d'embranchement de moins de vingt mille mètres de longueur , des ponts et de tous autres travaux de moindre importance.
PROPRIÉTÉS PRIVÉES , ETC
Celte dernière loi a créé des garanties trèsprécieuses pour les propriétés privées , communales ou départementales , contre les em paiements que le gouvernement pourrait être tenté d’exécuter dans l'intérêt de certaines entreprises ; mais elle n’a pas garanti avec le même soin les intérêts du public. On y trouve les qualités et les vices qui affectent la plupart de nos modernes institutions, assez de soin des intérêts privés , et un abandon presque complet de l'intérêt général. Les hommes qui gouvernent de notre temps trouvent qu'il y a plus de profil et moins de danger à faire leur affaires aux dépens de la masse de la population, qu'aux dépens de quelques individus ou de quelques familles. On était jadis moins habile.