‹ Traite de la puissance ecclesiastique dans ses rapports avec les souverainetes temporelles dedie au prince des apotres traduit de l'italien du P. JeanAntoine Bianchi de Lucques (volume 2)Chapitre 28 sur 38 · XII · texte numérisé non relu

XII

OBSERVATIONS SCR CB Ql'l A ÉTÉ PUBLIÉ VERS LR MlUBtl OC DIX-SBPTIÈMB SIÉCLÏ AC SUJET UB LA CONTROVERSE ACTUELLE » ST CONCLUSION DK CET ÜUVRAûfi.

Sommaire.

1 . Bossuet , en niant le pouvoir ind irect du pape sur les souverains , avait pour motif de ne pas éloigner de plus en plus les protestants de l’Église romaine. On fait voir combien un pareil motif ost vain et futile. Abus que font les protestants de l’opinion même qu’il a défendue, en s’en servant comme d’un nouveau moyen d’insulter à l’Eglise romaine.

2 . Les insultes et les reproches qui nous sont adressés par les hérétiques ne doivent pas nous porter à abaisser le pouvoir du pontife romain. L’opinion des protestants enlève aux souverains toute sécurité.

3. Les profitants , qui se récrient contre le pouvoir que nous attribuons au pape sur les souverains , rendent ces derniers dépendants, sur l'article de la religion, du jugement et des caprices de leurs propres sujets. Seutiment des protestants modernes.

4. Vaines exagérations auxquelles Bossuet a eu recours. Explication du sentiment qui attribue au pape un pouvoir indirect sur le temporel des souverains.. Conclusion de cet ouvrage.

1 . Le motif le plus plausible qu’allèguent les modernes adversaires du pouvoir indirect pour défendre leur opinion, c’est de ne pas rendre odieuse aux yeux des protestants' et des autres hérétiques l’autorité du pape, en la leur présentant comme redoutable aux rois et aux peuples, et de ne pas leur inspirer par là une aversion de plus en plus grande à l’égard de l’Église romaine. Bossuet met cent fois en avant ce prétexte, et l’assemblée de 1682 du clergé de France ne manqua pas non plus de le faire valoir pour donner une couleur spécieuse à sa déclaration : « Les hérétiques , y est-il dit, mettent tout en « œuvre pour faire paraître cette puissance, qui maintient la « paix de l’Église, insupportable aux rois et aux peuples, et ils « se servent de cet artifice pour séparer les simples de la eom- « niunion de l’Église leur mère, et par là de Jésus-Christ

« même (1). » Mais le cardinal Sfondrat a démontré par de doctes raisons combien ce prétexte est vain et frivole, dans l’ouvrage qu’il a composé pour combattre les quatre propositions duclergé deFranoe, etoù il fait voir par les exemples qu’il cite à ce propos que contenter les hérétiques est la même chose que les rendre orgueilleux, insolents et de plu» en plus obstinésdansleurserreurs,atienduqu’ilssefont un sujet de triomphe de toute concession qu’on leur fait pour les contenter, et qu’ils se vantent d’avoir réduit les catholiques à faire l’aveu de leur erreur toutes les fois que ceux-ci, pour les engager à se taire, leur font le sacrifice de quelque point de conduite ou de doctrine (2). Pour le cas présent en particulier, ce n’est pas l’amoindrissement seulement du pouvoir du pape, c’est son anéantissement que les protestants demandent, et l’opinion de la Sorbonne n’a fait que les rendre plus insolents à l’égard de l’Église romaine. Ils l’ont mise à profit pour faire croire dans le monde que l’Église romaine a été pendant plusieurs siècles livrée à une erreur contraire A la parole de Dieu , et d’après laquelle ont agi une longue suite des papes; conséquence nécessaire en effet de l’opinion gallicane et que n’a pas rougi d’appuyer l’auteur de la Défense. Les protestants n’ont rien trouvé de mieux que de suivre les gallicans sur ce point; mais ils les ont abandonnés sur l’autre en refusant de dire comme eux que cette opinion est récente et ne remonte qu’au onzième siècle ou à saint Grégoire , tandis que selon eux elle est beaucoup plus ancienne. Pierre Rival, chapelain du roi de la Grande-Bretagne pour sa chapelle française , qui a composé sur ce sujet plusieurs dissertations, imprimées à Amsterdam en 1731, soutient contre Louis Maimhourg et quelques autres écrivains de France que saint Grégoire Vil n’a pas été le premier à oser entreprendre sur le temporel des rois. « Mais, « dit-il, comme il faut rendre justice à tout le monde, je veux

(1) « Hæretici quoque nihil præmittunt quo eam potastatem , qua pa\ Ecritsiæ continetur, invidiosam et gravera regibus et populis intendant , iisque fraudibussimpUoes animas ab Ecclesiæ matris Gliristique niiao communion» dissocient. «Declaratio Cleri gallican!.

(2) Vid. Regai. Saoerdot. Praslud., § 4, t. lot II.

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