‹ Traité de la réunion immédiate et de son influence sur les progrès récens de la chirurgie dans toutes les opérationsChapitre 11 sur 34 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Après avoir soumis au jugement de nos lecteurs les objections portées contre la réunion immédiate, qu’il nous soit permis d’exposer en peu de mots J es avantages que présente ce mode de pansement. Ce que nous en avons déjà dit et ce que nous en dirons encore dans la suite nous dispenseront cependant de bien des détails.

i°. Si, comme on n’en saurait douter, la douleur seule peut donner la mort, n’est-on pas forcé de reconnaître que la réunion immédiate l’emporte de beaucoup sous ce rapport sur la réunion secondaire? Comparez la position de deux malades pansés d’après l’une et l’autre méthode, et vous jugerez bientôt de la différence. Déjà, quelques heures après l’opération, l’un commence à être calme et se dit plutôt abattu que souffrant ; l’autre, tourmenté plus ou moins par la douleur, éprouve de l’agitation , de l’insomnie , et les doses les plus fortes d’opium ne suffisent pas toujours pour faire cesser le spasme. Si les souffrances ne sont pas assez vives ou assez prolongées pour causer la mort, souvent elles mettent enjeu les sympathies, et provoquent les accidens les plus étranges et les plus formidables.

Que sera-ce si nous parlons des douleurs qu’en-

traînent les pansemens ? Nous avons été quelque-» fois témoin de ces scènes affligeantes , et nous avons vu des malades redouter tellement cette épreuve qu’à l’instant où sonnait l’heure de la visite, le souvenir seul des souffrances de la veille donnait lieu chez eux à une réaction fébrile très prononcée. Voyez les opérés chez lesquels les lèvres de la plaie ont été rapprochées et mises en contact: prévenus d’abord par des craintes basées sur les effets ordinaires de l’ancien mode de pansement, ils redoutent aussi la levée de l’appareil ; mais dès le jour où ils se sont aperçus de leur erreur, ils demandent, ils sollicitent des soins plus empressés, et semblent puiser du soulagement là où les autres trouvent la source de leurs souffrances.

2°. Au milieu de l’ébranlement que cause la douleur, les organes digestifs sont rarement épargnés; leur action sur les alimens décroît de plus en plus, et comme chez les individus faibles les mouvemens fluxionnaires se font avec une rapidité inouïe, les alimens déposés dans l’estomac, n’étant point digérés, fatiguent cet organe et agissent à la manière des corps étrangers. Il ne faut donc pas s’étonner si les inflammations des voies digestives sont si fréquentes à la suite des grandes opérations terminées par des suppurations longues , comme à la suite de toute maladie chronique. Mais est-ce là la cause première de la mort?

Au contraire, en réunissant la plaie, la réaction est quelquefois si faible, que, dès les premiers jours, on peut déjà commencer à donner du bouillon au

2o6 DES AVANTAGES

malade. Cet avantage n’est pas à dédaigner , et sr après les grandes opérations il est souvent utile de prescrire une diète sévère, il est des cas où il importe aussi de réparer promptement les forces. Les écarts de régime ont fait beaucoup de victimes; mais la diète portée trop loin ne compte-t-elle pas les siennes ?

Comment concilier tous ces faits avec les idées d’un chirurgien aussi respectable par son caractère que par sa vaste expérience, et qui a manifesté le désir de voir abandonner la réunion, afin, dit-il, de diminuer les chances du tétanos (i)?

Nous ne contesterons pas qu’on ait vu le tétanos survenir après la réunion immédiate , il suffit que M. Larrey en ait été le témoin, pour que nous devions le croire. Mais ce que nous ne pouvons admettre, c’est que cet accident ait été la conséquence immédiate de ce mode de pansement. En supposant que le tétanos traumatique fût aussi fréquent quil est rare , que conseille-t-on dans ce cas? que conseillerait M. Larrey lui-même? D’enlever les esquilles, d’extraire les corps étrangers, de pratiquer des saignées, défaire des applications émollientes et sédatives , en un mot, d’empêcher l’irritation locale de se réfléchir sur les ramifications de l’arbre cérébro-spinal ; et l’on veut que la réunion immédiate, qui réduit les plaies même les plus compliquées à l’état le plus simple , cause le tétanos (2) î

(1) Mémoires de chirurgie militaire .

(2) Nous trouvons dans un très bon mémoire publié par

DE LA RÉUNION IMMÉDIATE. ‘ÏQrJ

Le baron Larrey, à qui nous soumettions ces réflexions , dans son hôpital de la Garde, nous répondit qu’il y avait des blessés chez lesquels on ne pouvait exercer la moindre pression sur le moignon sans s’exposer à leur causer desmouvemens convuh sifs. Mais pourquoi, nous qui avons étudié si longtemps les effets de l’adhésion primitive n’aurionsnous jamais observé ces accidens? Pourquoi tant d’autres chirurgiens qui emploient cetîe méthode ne les auraient-ils jamais vus? C’est que M. Larrey a surtout opéré sur le champ de bataille, et que nos observations ont toutes été recueillies dans les hôpitaux ou dans la pratique civile. Mais enfin pourquoi les chirurgiens qui , comme Fauteur de la Relation de V armée d’ Orient > ont vécu dans les camps, ne partagent -ils pas son opinion? C’est qu’ils n’ont probablement pas opéré dans les mêmes circonstances, ni sous les mêmes conditions locales. C’est donc dans ces dernières qu’il faut chercher la cause du tétanos , et non dans la réunion immédiate. Si nous observions jamais cet excès de sensibilité dans le moignon dont nous a parlé M. Larrey , nous sommes prêt à nous ranger de

M. Polydore Delmas , un fait tiré de la pratique de son père , dans lequel des symptômes nerveux très graves, survenus «à la suite d’une luxation du pied avec solution de continuité aux tégumens et fractures du tibia et du péroné, ont cédé le lendemain du jour où l’amputation de la jambe a été faite. La plaie avait été réunie par première intention. ( Nouvelle Bibliothèque médicale, octobre 1828.)

C’était là assurément une occasion bien favorable pour le développement du tétanos.

DES AVANTAGES

son avis : jusque-là , nous persisterons dans les idées que nous avons déjà émises (î).

3°. Poursuivons notre sujet , et rapprochons quelques faits qui prouvent ce que nous venons d’avancer; mais laissons parler le docteur Massabiau : quand on a une opinion à défendre, il n’y a pas de mal à céder de temps en temps la parole aux autres.

Quatorzième observation .

Coup de sabre à l’avant-bras.? — La plaie n’est pas reunie. — Âccidens nerveux et inflammatoires. — - Suppuration longue. — Cicatrisation tardive.

Le nomme' Giroud , chasseur à cheval , âgé de vingt huit ans , doué d’une constitution forte, entré à l’hôpital Saint-Eloi le 11 septembre 1820, avait reçu la veille, dans un duel, un coup de sabre sur le bord radiai de la main droite : la plaie,

( 1 ) S’il se trouve qu’il n’y ait pas assez de peau pour recouvrir le moignon sans le tirailler outre mesure , l’opérateur renoncera tout de suite à le recouvrir entièrement. Il se contentera d’appliquer, sans effort sur les muscles, ce qu’il aura gardé de peau , et il se résoudra à avoir une certaine étendue de chairs à nu, qu’il pansera avec de la charpie, ou toute autre pièce de pansement. Le bienfait de l’opération par réunion immédiate ne sera pas complet ; mais le résultat de cette opération , qui tiendra en quelque sorte le milieu entre les deux méthodes , sera cependant bien préférable à celle qui ne réunit pas du tout. (Maunoir, ouvrage cité. )

Yoilà , comme nous le dirons dans un autre chapitre , ce que fait M. Larrey ; mais conserve-t-il toujours une assez grande quantité de peau ?

d’environ quatre pouces detendue, n’avait pas été réunie; ses bords étaient rouges et tuméfiés, la réaction forte, le pouls plein et résistant,, la langue sèche ; les traits, fortement contractés, portaient l’empreinte de la douleur. (Saignée, eau de veau nitrée, cataplasme émollient. )

La nuit fut orageuse , le blessé ne reposa pas un seul instant ; des élancemens se faisaient sentir dans toute l’étendue du membre. ( Saignée, même boisson, diète ; le soir, on tire de nouveau du sang , et l’on prescrit un grain d’opium.)

Le i3 , le malade était un peu plus calme, mais il n’avait pas encore reposé ; l’appareil fébrile était moindre. (Eau de veau nitrée , un grain d’opium. ) Le 14, mieux-être plus sensible; le lendemain on enlève l’appareil et le peu de charpie qui adhérait à la surface de la solution de continuité: cette manœuvre, quoique exécutée avec beaucoup de ménagement, cause, au malade les douleurs les plus vives, on donne un autre grain d’opium.

Dès ce moment , les accidens vont en diminuant , mais la suppuration est toujours abondante ; la plaie reste long-temps à cicatriser , et ce n’est quau bout de soixante-huit jours que Giroud est en état d’aller rejoindre son régiment.

Parmi les observations nombreuses que nous pourrions opposer à la précédente, ajoute M. Massabiau, nous en choisirons une seule , et ce sera la suivante.

DES AVANTAGES

Quinzième observation .

Tumeur blanche à l’articulation tibio-tarsienne gauche.— Amputation

de la jambe. — Piéunion de la plaie par première intention. — Légère réaction fébrile. » — Gue'rison le vingt-deuxième jour.

Gébelin, âgé de trente-sept ans, exerçant la profession de cultivateur, se rendit à Montpellier dans le commencement du mois d’octobre 1829 : il portait une tumeur blanche à l’articulation tibio-tarsienne gauche; la peau avait perdu sa couleur naturelle, 'et l’on voyait s’écouler à travers plusieurs points fistuleux un pus sanieux et fétide.

Tous les essais que l’on put faire pour arrêter les progrès de la lésion organique furent infructueux , il fallut en venir à l’amputation. L’opération fut pratiquée par M. Delpech : disons que la fièvre hectique et la coiliquation existaient déjà depuis quelque temps.

Le lendemain, pouls plus développé, mais moins vif et moins fréquent qu’avant l’opération ; température moins élevée, chaleur plus douce, langue moins rouge , soif moins ardente ; quelques soubresauts dans le moignon. ( Potion antispasmodique à prendre par cuillerée. )

Le 17, le malade est sans fièvre , la température naturelle y la langue humide y la soif nulle . Gébelin se plaint d’une légère douleur à l’épigastre ; le ventre est souple ; l’appareil n est point encore baigné par le sang ; le moignon est cependant agité de quelques secousses.

Le 18, on lève une partie de l’appareil et l’on re-

DK LA RÉUNION IMMÉDIATE. 2 f î

connaît que tout est en bon état, à peine y a-t-il quelque léger suintement provenant du trajet des ligatures ; deux soupes.

Le 20, on change l’appareil en entier. Qri ne découvre aucun engorgement sur le moignon et la réunion est faite , excepté sur le trajet des fils. ( Soupe, biscuit et vin. )

De jour en jour, l’état du malade s’améliore : il repose la nuit; les excrétions, sans être trop abondantes, se font avec facilité ; il digère sans peine les alimens qu’on lui donne. Enfin , sa physionomie annonce un grand état de bien-être et de satisfaction.

Le 7 mars, c’est à dire vingt-deux jours après V opération , la plaie est totalement cicatrisée.

Réflexions. Voilà deux observations dont le rapprochement seul démontre jusqu’à l’évidence l’ensemble abrégé des avantages de la réunion. D’une part, on voit une plaie par instrument tranchant et de quatre pouces d’étendue seulement donner lieu à des accidens nerveux et inflammatoires très intenses et exiger soixante-huit jours de traitement ; tandis qu’il n’en a fallu que vingt-deux pour guérir une amputation de jambe. De l’autre, la fièvre, qui existait déjà au moment de l’opération , disparaît, quelques jours après, sans l’intervention d’aucun remède : au contraire, dans le premier cas, elle est la conséquence même de la blessure et ne cède qu’à r action de plusieurs saignées.

Ne nous lassons pas de citer des faits , car on ne manquera pas de nous en opposer; mais puisons à une nouvelle source, et laissons parler

DÉS AVANTAGÉS

un de nos amis et confrères, le docteur Rigal de Gaillàc.

Seizième observation.

Tumeur cancéreuse au sein- — Ablation. — Réunion immédiate à l’aide de la suture, des bandelettes et du bandage. — Aucune espèce d’accident. — Cicatrisation rapide de la plaie»

La femme Berraud,âgée de trente-cinq ans, portait depuis longues années un cancer à la glande mammaire droite : la tumeur s’étant ulcérée et causant de vives douleurs à la malade, celle-ci céda à l’avis de M. Bonniol, qui lui conseillait de se faire opérer. Je me rendis chez ce médecin accompagné de MM. Yernhes , chirurgien de l’hôpital de Rabasiens, et Ducros, médecin à Cuibajous : la tumeur fut comprise entre deux incisions semi-elliptiques et enlevée dans sa totalité.

Les ligatures ayant été faites avec soin , je coupai les fils contre le nœud. Six points de suture entrecoupée servirent à rapprocher les bords de la plaie, et des bandelettes agglutinatives convenablement disposées achevèrent de les coapter. Je matelassai le tout avec de la charpie et plaçai un bandage légèrement compressif.

Au cinquième jour, les points de suture sont supprimés , et la plaie est trouvée réunie dans presque toute sa longueur; M. Bonniol, qui se chargea de donner ses soins à la malade, ne fit en tout que six pansemens. Cette cure date aujourd’hui de quatre ans.

Le 6 mai 1819, dit encore le docteur Rigaî, je

ai 3

fus appelé à Lantru par le docteur Salomon pour opérer une de ses tantes en proie depuis long-temps à un cancer au sein : le volume excessif de la mamelle semblait même devoir apporter de grands obstacles â l’opération.

Au moment de la faire, le docteur Espinasse , parent de la malade, me demande à connaître le mode opératoire que je me proposais de suivre, et se récrie au nom seul de la suture que je voulais employer. Je déclare que je ne prendrai le bistouri que pour suivre le procédé que je crois être le meilleur ; on me laisse le choix.

Quand la tumeur fut enlevée, la plaie qui en résulta avait près de dix pouces dans son plus grand diamètre; cette seule circonstance commença à vaincre la répugnance que mon confrère avait d’abord manifestée pour la suture. Dix points furent en effet appliqués et secondés dans leur action par les mêmes moyens que ci-dessus; aucun accident ne survint, le dix-huitième jour la cicatrisation était complète.

3°. Dans l’appréciation des accidens qu’entraîne lt réunion secondaire, ne faut-il pas aussi* faire entrer en ligne de compte l’épuisement qui résulte d’une suppuration long-temps prolongée? Peut-on sans inconvénient soumettre à Faction d’une semblable cause un individu déjà profondément affaibli par les progrès du mal ?

Les dangers qui proviennent de {Exagération du travail puogénique ne tiennent pas seulement à la soustraction d’une grande quantité de matière anu

DES AVANTAGES

male : par le contact répété de Fair et des pièces d appareil, le pus acquiert peu à peu une odeur infecte, et le transport d’une partie de cette humeur dans les voies circulatoires ne peut qu’aggraver le trouble qui règne déjà dans l’organisme. De là, la fièvre hectique , les sueurs partielles, l’insomnie , la diarrhée colliquative et la mort. Telle est, en effet, la série la plus ordinaire des phénomènes qui composent et terminent ces scènes de douleur et d’affliction.

Trois fois à la Charité, on a amputé la cuisse en notre présence et tamponné le moignon , les trois malades sont morts ; cinq autres avaient été, dans le' temps, amputés de la cuisse ou de la jambe à l’hôpital de perfectionnement et pansés d’une manière presque analogue, tous ont encore péri. La réunion immédiate n’est donc pas la seule méthode après l’emploi de laquelle les malades puissent succomber.

Écoutons Pelletan lui-même traçant à ses contemporains le tableau des accidens attachés à la méthode ancienne ; « Personne n’a vu mieux que moi les inconvéniens de ce procédé opératoire. Le plus grand de tous est la rétraction successive et graduée des tégumens et des muscles, telle que le moignon représentait un cône dont la peau entourait la base et le sommet était formé par le bout de Vos . La grande surface defiette plaie produisait une suppuration dont Fabondance et la longue durée étaient souvent funestes au malade. Ü extrémité de Vos se dénudait communément dans un pouce de longueur , et il en fallait attendre l’exfoliation

DE LA REUNION IMMEDIATE. 2l5

pendant long-temps. Enfin la peau ne pouvant s’allonger assez pour couvrir le sommet du cône, une partie de la cicatrice se faisait par dessiccation , comme il arrive aux plaies avec perte de substan ce, et non seulement exigeait un temps très long pour sa perfection , mais encore était exposée cl des déchirures fréquentes et à des ulcérations interminables. Le meme événement tourmentait les malades quand ils commençaien t à faire usage d’une jambe de bois, ou pour peu qu’ils heurtassent ce moignon par accident. Dans les cas les plus simples, ou lorsqu’il ne survenait aucun accident extraordinaire, les plaies étaient six ou huit mois à guérir, et il ne fallait pas moins de temps pour assurer la consolidation de la cicatrice (i).

Tels ont été, en effet , les résultats de la réunion secondaire; et l’on ose, à quelques modifications près, en proposer encore l’emploi! Quanta nous, nous voudrions pouvoir perdre jusqu’au souvenir de cette méthode. Lorsque nous voyons de nos jours un moignon largement ouvert, offrant des chairs rouges et palpitantes mises en contact avec des corps étrangers, nous ne saurions nous défendre* d’un sentiment d’horreur. Il n’y a que ceux qui n’ont jamais observé les heureux effets delà réunion primitive, qui puissent ne pas sentir ce que nous avons éprouvé.

Justifions par des faits cette aversion.

(i) Clinique chirurgicale, tome III, page 1 85.

DES AVANTAGES

Dix-septième observation .

Tumeur blanche au genou. — Amputation delà cuisse. — Pie'union secondaire de la plaie. — Acciclens très graves. — Hémorrhagie par le moignon. - — 1U: traction des chairs. •— Conicité du moignon. — Symptômes colliquatifs. Mort.

Le 25 mars 1828, fût reçu dans l’un des premiers hôpitaux de Paris un jeune homme âgé d’en viron dix-sept ans, portant au genou gauche une tumeur blanche existant depuis quelques mois. On crut d’abord pouvoir guérir la maladie par l’application des sangsues en grand nombre, jointe à la compression; mais ces moyens, quelquefois efficaces dans ces circonstances, échouèrent cette fois-ci, et l’on se décida à amputer le membre. L’opération fut pratiquée le 6 mai.

Le pansement fut fait quelques heures après : on appliqua d’abord une compresse fenètrée enduitè de cérat , de manière à dépasser toute la circonférence de la plaie; on mit ensuite des gâteaux de charpie recouverts eux-même^ par une autre compresse fenètrée encore enduite de cérat, et qui dépassait de beaucoup la première; des languettes et une bande peu serrée maintinrent cet appareil en place.

La nuit qui suivit l’opération fut agitée, et le malade se plaignit beaucoup de son moignon. Le lendemain, on lève l’appareil, et en pressant le moignon de haut en bas, on exprime un pus séreux et sanguinolent. U opéré jiarut très 'sensible à ces pressions . Durant le jour, le malade fut encore

agité, et la nuit suivante il ressentit quelques douleurs dans le moignon. On renouvelle le pansement, et , chaque fois , on comprime le moignon pour éviter les clapiers et les fusées purulentes. Ce mode de pansement causa toujours quelques souffrances au malade. Le 10, la peau est chaude et sèche, le pouls fréquent et élevé , il y a soif. La peau se recoquille en dedans et favorise la stagnation du pus. A la partie postérieure, on remarque une espèce d’excavation formée en partie par la rétraction des muscles, qui s’insèrent à la tubérosité ischiatique.

Le 1 5, il y a de la toux et de la gêne dans la respiration, on applique quinze sangsues sur la fourchette du sternum; mais la suppuration languit et la surface du moignon ne fournit qu’une matière sanguinolente. Le 20 , une hémorrhagie par exhalation a lieu , et la compression que Von exerce pou r exprimer le sang occasione de vives douleurs au malade.

Le 2 1 , le 22 , hémorrhagies nasales. Lée 2,3 , le bout de Vos dépasse presque les tégumens; on refoule ces derniers au moyen d’un bandage circulaire ; il s’écoule toujours du sang par la plaie ; le malade s’affaiblit de jour en jour et la diarrhée paraît.

A dater du 2 juin , le pouls acquiert de la vitesse, et la peau devient plus chaude qu’à l’ordinaire. Exacerbations le soir, sueurs durant la nuit, dévoiement presque continuel; le moignon est toujours saignant } considérablement maigri ; Vos fait

DES AVANTAGES

déjà saillie . Dans cet intervalle , un abcès se forme à Faine.

Plus tard, on tente de réunir avec des bandelettes, ces tentatives n’ont aucun effet; la plaie se refuse à cicatriser. Les chairs sont toujours saignantes , la peau mince, flasque ; Vos fait de plus en plus saillie à travers les muscles y et le moignon ressemble à un véritable cône dont le sommet est formé par le bout du fémur . Enfin le malade s’affaiblit à vue d’œil, et meurt le 2 juillet , c’est à dire deux mois après l’amputation.

Piéf exions. Cette observation, que bien des gens se rappellent sans doute, et que tout le monde lira avec douleur, fournit les argumens les plus forts que l’on puisse opposer aux détracteurs de la réunion primitive; à elle seule, elle prouve la validité de tous les reproches que nous avons adressés jusqu’à présent à la réunion secondaire ; elle en signale même quelques uns dont nous avions omis de

Ce fait est d’autant plus précieux qu’il résulte d’un mode de pansement différent un peu de celui des anciens, et à la faveur duquel on avait cru un instant pouvoir remédier aux inconvéniens réels que ce dernier présente.

Depuis le moment où, poursuivi par la crainte de voir se former des fusées purulentes , on a voulu comprimer le moignon , on a vu précisément se manifester avec une intensité toujours croissante l’accident que l’on voulait éviter : nous avions donc

raison de dire que le bandage expulsif est un moyen meurtrier.

Rappelez-vous l’époque à laquelle a paru l’hémorrhagie et les circonstances locales qui l’ont précédée , et vous saurez pourquoi l’écoulement du sang a duré jusqu’au dernier jour; ceux observés par le professeur Pelle tan ne provenaient pas d’une autre source.

Quant aux phénomènes sympathiques , on aura pu s’apercevoir aussi que dès l’instant où la diarrhée a éclaté, les fonctions de la peau et de la circulation se sont dérangées, le marasme a été toujours en augmentant, et la mort seule a mis un terme à tous ces accidens.

Nous ne parlerons pas des souffrances qu?a éprouvées le malade, ces souvenirs sont trop pénibles à retracer; mais nous désirons que Ton sache que la compression -exercée par le bandage a réduit les muscles au point de faire faire à l’os une saillie considérable à travers le moignon.

Enfin, jetez un dernier coup-d’œil sur cette observation, et jugez si, au lieu de faire de vains et douloureux efforts pour réunir une plaie en voie de suppuration, il n’eût pas été plus rationnel de se livrer à ces tentatives alors que la plaie était récente ?

Aux résultats que donne ce mode de pansement, opposons encore une fois ceux que fournit la méthode moderne.

DES AVANTAGES

Dix-huitième observation. ,

Tttmeur blanche au genou. * — Amputation de la cuisse. — Reunion immédiate. — Adhésion. — Section de toutes les ligatures. — - Adhésion complète dès la levée du premier appareil. — • Sortie du malade le quatorzième jour.

Jean-Pierre Barrety, d’Albi , âgé de trente-deux ans, travaiîlant en qualité de maître-maçon au pont de la Pointe , sur le Tarn , fut pris , dès le printemps de 1824, de douleurs sourdes dans Farticulation tibio-femorale droite. Peu à peu il survint du gonflement, et Ton put reconnaître bientôt une tumeur blanche commençante.

Dans la suite, une chute sur le genou ayant accru le mal, Barrety se confia à un rhabilleur, qui, par des tentatives qu’il fit dans la vue de réduire une prétendue luxation , aggrava encore son état. Enfin, l’amputation fut pratiquée le g novembre 1824, malgré l’opinion de quelques confrères , qui croyaient voir dans un empâtement à' la région trochantérienne, suite du décubitus, des signes d’une lésion organique dans l’articulation voisine.

Le membre ayant été séparé du reste du corps , dit le docteur Rigal , je mis un soin minutieux à lier jusqu’aux plus petites artères. Les deux chefs des ligatures furent coupés contre le nœud sans en excepter meme celles de l’artère crurale, et je procédai à la réunion immédiate à l’aide de cinq points de suture entrecoupée, dont les anses n’embrassaient que la peau. Des bandelettes agglutina-

tives, soigneusement appliquées clans les intervalles, servirent à affronter pins exactement les bords de la plaie. Enfin , un bandage médiocrement serré et dirigé vers le meme but servit à envelopper le moignon.

A peine, dit l’opérateur, se manifesta-t-il une légère réaction , et quand , au quatrième jour, je voulus lever le premier appareil, la cicatrice était complète; il ne restait guère que les ouvertures qui venaient de donner passage aux fils des sutures. La réunion par première intention avait eu lieu au point que, dans neuf pansemens que j’ai faits, le moignon a toujours été coiffé avec la meme charpie qui avait servi à le recouvrir au premier pansement. Au quatorzième jour, Barrety partit pour se rendre à Albi.

Depuis lors, il a acquis un embonpoint qu’il n’avait jamais eu jusque-là , et il est maintenant employé à surveiller les travaux que l’on fait pour rendre le Tarn navigable de Gaillac à Albi. Debout toute la journée, et courant d’un chantier à l’autre, la cicatrice ne s’est pas. déchirée une seule fois. Près de cinq ans se sont écoulés depuis le moment de l’opération , et sa santé n’a pas été altérée un seul instant.

Ce fait , quoique très beau sous le rapport de la rapidité de la guérison, et supérieur à tout ce que nous avons vu en fait d’amputation de la cuisse, n’est pas le seul que nous puissions citer en faveur de la réunion. Nous ne sommes embarrassé que du choix.

DES AVANTAGES

Dix-n euvièm e observation .

Tumeur blanche. — Amputation de la jambe. — Réunion de la plaie par les emplâtres agglutinatifs. — Guérison rapide et durable. Fait recueilli à Genève.

La femme Matthey, âgée de trente ans, était, depuis dix -huit mois, atteinte d’ulcères fistuleux dans le bas de la jambe droite , avec carie et gonflement considérable dans les os, tant de la jambe que du pied, dont l’articulation était entièrement traversée par les fistules. Ce mal provenait originairement d’un dépôt dit laiteux , pour la guérison duquel elle s’était abandonnée à un charlatan.

Après l’avoir cruellement maltraitée pendant plusieurs mois , cet homme l’avait enfin abandonnée dans un état de dépérissement, de maigreur et de

souffrance considérable : elle fut alors reçue dans

l’hôpital , où les remèdes et les moyens de guérison les plus actifs ne purent dompter son mal. Minée depuis long-temps par une suppuration extrêmement abondante , par une fièvre lente et par des douleurs qui lui avaient gté jusqu’au souvenir du sommeil, et qui ne lui laissaient d’autre perspective que la mort, elle se détermine à subir l’amputation qu’on lui avait inutilement proposée pendant son séjour à 1 hôpital : je pratiquai cette opération, dit M. Mau noir ,1e 1 4 septembre 1 79Ô , en conservant assez de peau pour couvrir le moignon.

Cinq heures après, il survint une hémorrhagie considérable, accompagnée de beaucoup d’irritation , d’angoisses et de souffrances. Je levai tout

r appareil pour arrêter le sang, et j’y réussis en liant une artère musculaire que je n avais pas aperçue pendant V opération.

Je nettoyai le moignon avec autant de soin que la première fois , et je pansai de nouveau en rapprochant les lèvres de la peau , qui fut appliquée à nu sur les chairs et maintenue avec des agglutinatifs.

Je lève le second appareil le 20 septembre : la plaie est d’une belle couleur, la peau bien rapprochée; il y a un commencement de réunion dans la partie supérieure; la suppuration qui coule par l’ouverture inférieure est de bonne nature ; la fièvre a considérablement diminué, et la malade se trouve mieux à tous égards. Elle se plaint pendant le pansement de douleurs dans les malléoles et le talon , qui n’existent plus.

Le 22 , les ligatures tombent , la malade est dans le meilleur état possible ; la fièvre a cessé ; l’appétit , la gaieté et les forces reviennent : le 29 , la cicatrisation est complète , Dès cet instant, on cessa tout pansement : aujourd’hui , en septembre 1811, cette femme est pleine de santé et de force (1 ).

Réflexions. Cette observation n’est pas assurément moins concluante que la précédente, et prouve tout autant la supériorité de la méthode moderne ; mais a-t-on bien fait attention à la facilité avec laquelle la réunion a eu lieu, malgré l’hémorrhagie qui a forcé à lever l’appareil cinq heures après l’opération ? Le vaisseau qui fournissait le

(1) Mémoires sur les amputations , page 52»

DES AVANTAGES

sang n’a pas été bien difficile à trouver et à lier. Ce que M. Maunoir a fait à Genève, MM. Lallemand et Delpech l’ont fait à Montpellier , et M. Roux à Paris : donc il est vrai de soutenir que l’hémorrhagie n’est pas un accident si redoutable alors même que la plaie a été primitivement réunie.

Cette observation est encore remarquable en ce que l’amputation a été nécessitée par une lésion organique et dans un cas où la malade avait, depuis plus de dix-huit mois, un écoulement habituel par la jambe. En 181 j , c’est à dire seize ans après l’opération, la femme Matthey jouissait cependant de toute la plénitude de la santé.

Les faits de ce genre ne sont pas aussi rares qu’on pourrait le croire : M. Maunoir jeune a pratiqué près de trente amputations dans l’hôpital de Genève, la plupart pour des lésions organiques, et a été assez heureux pour ne pas perdre un seul de ses malades. Donc à Gailîac et à Genève, c’est à dire sur deux points diamétralement opposés, la réunion prospère à merveille. Mais à Metz, on réussit comme à Montpellier, et à Bordeaux comme à Lyon : donc les dangers que l’on attribue à la suppression trop brusque de la suppuration sont en grande partie illusoires, ou se trouvent largement compensés par des avantages dont on n’a tenu aucun compte.

Voyons ce qui se passe à Paris.

Vingtième observation .

Tumeur blanche au genou. — Application de plus de mille sangsues. — Continuation des symptômes. — Amputation. ■ — Réunion par les bandelettes. — Guérison. Fait recueilli à l’Hospice de perfectionnement à Paris.

Morizot Louis , âgé de quarante ans , ancien militaire, ressent, à la suite d’une chute sur le genou droit, une douleur vive dans cette articulation : il emploie divers remèdes, entre autres, huit cents sangsues, et, le 9 janvier 1829, il demande un asile à l’hospice de perfectionnement.

Déjà la maladie avait fait beaucoup de progrès, et tout annonçait chez Morizot l’existence d’une

tumeur blanche. On applique encore deux cent trente sangsues, et l’on couvre les divers points de l’articulation de plusieurs vésicatoires volans. La lésion organique va toujours son train, et l’on ampute la cuisse le 19 février : la plaie est réunie par première intention.

Le lendemain , il y a un peu de réaction , on pratique une petite saignée ; la fièvre traumatique cède, et le troisième jour, à la levée du premier appareil , la réunion a eu lieu en grande partie.

Du ier. au 8 mars, toutes les ligatures tombent et les deux lèvres de la plaie sont confondues , excepté vers le point par lequel sortaient les ligatures. Peu de temps après, le malade sort de l’hôpital.

Réflexions. Nous citons ce fait de préférence à

tout autre, parce que nous en avons été le témoin :

DES AVANTAGES

depuis que M. Bougon arepris le service, quatre amputations sur les membres inférieurs ont été faites d’après cette méthode , et un seul opéré a succombé : c’était une jeune fille récemment arrivée de la campagne, et nostalgique. Nous ne chercherons pas la cause de sa mort, M. Bougon pourra l’apprendre à qui voudra le savoir.

Mais comment se fait-il que ce chirurgien réussisse à Paris , en ayant recours à la réunion, tandis que tant d’autres disent avoir échoué et échouent réellement? La question est trop délicate pour essayer de la résoudre.

Consultons, à cet égard, le professeur Richerand , il nous dira : Cette méthode est préférable à l’ancienne, quel que soit le point de vue sous lequel on l’envisage. Outre l’avantage d’une prompte guérison , précieuse surtout dans les cas où le malade est réduit au dernier degré de marasme et supporterait difficilement une longue suppuration , la réunion immédiate évite beaucoup de douleurs. Trois ans se sont écoulés depuis la publication de la troisième édition de ma Nosographie : durant cet intervalle, fai eu V occasion de pratiquer plus de cent cinquante amputations , et V utilité de la réunion immédiate ma été de plus en plus démontrée . ijj Objectera-t-on après cela que la réunion immédiate ne puisse pas réussir à Paris ? Entendez-vous donc avec M. Richerand ,

Quant à nous, nous avons vu pratiquer à plusieurs reprises, à Montpellier ou dans plusieurs hôpitaux de France, toutes les amputations des '

membres et dans la continuité et dans la contiguïté , depuis la phalangette du doigt jusqu’à l’articulation de l’épaule ,. depuis l’orteil jusqu’à l’articulation coxo-fémorale ; et la méthode adhésive a donné presque constamment des résultats avantageux.

C’est à l’emploi de cette meme méthode que la chirurgie anglaise doit la supériorité quelle a , à certains égards, sur la chirurgie française; les Anglais eux-mêmes en conviennent. Pourquoi ne profiterions-nous pas de cet aveu ?

Autrefois, disent MM. Roche et Sanson, dans la double intention d’arrêter plus sûrement l’hémorrhagie et de provoquer une suppuration abondante, que l’on croyait utile d’obtenir à la suite des amputations nécessitées par désaffections chroniques, on remplissait la plaie de boulettes de charpie, quel’on soutenait par un bandage compressif plus ou moins serré. Des douleurs vives , une inflammation violente accompagnée dé accidens sympathiques graves , la dénudation de Vos et la conicitè du moignon étaient la suite presque inévitable de ce mode de pansement . C’est à la chirurgie moderne que l’on doit d’avoir rendu la cure de ces plaies beaucoup plus simple , en essayant d’obtenir la réunion immédiate (i ).

4°. Ce que nous venons de dire par rapport aux

(i) Roche et Sanson. Élémens de pathologie , tome II , page 44p.

Nous insistons d’autant plus volontiers sur les remarques

DES AVANTAGES

amputations s’applique au plus grand nombre des opérations , et notamment à l’extirpation des tumeurs. Nouveaux faits à l’appui de cette idée.

Vingt et unième observation.

Tumeur cancéreuse à la cuisse. — Extirpation. — Lésion de la synoviale du genou. — Pansement avec des bourdonnets de charpie.— Inflammation vive du membre. — Pneumonie. — Mort. — Tumeurs cancéreuses dans les poumons.

Félix Oddono , sergent-major dans un régiment corse, âgé de trentè-deux ans, était atteint, depuis plusieurs années, d’une tumeur très volumineuse à la partie interne de la cuisse gauche. Au moment où nous l’examinâmes pour la première fois ( c’était au commencement de juillet 1822), la tumeur, offrant une forme à peu près ovoïde, s’étendait depuis le tiers supérieur de la cuisse jusqu’au dessus de la tubérosité interne du fémur. Elle était dure et comme osseuse à la partie supérieure , molle et douloureuse à la pression , tout près du genou. Sa surface, en général assez lisse, était parsemée d’un grand nombre de veines légèrement variqueuses \ enfin, la tumeur jouissait d’une certaine mobilité , mais le malade faisait observer qu’il

que nous avons pu faire à Paris, que nous sommes presque sûr d’ avance que nos idées seront partagées par tous les hommes qui n’ont pas d’opinion à défendre. Nous en jugeons par ce qu’en ont dit les journaux mêmes de la capitale :

« A Montpellier, à Lyon et à Marseille , la mort d’un am- » puté est un événement ; à Paris, rien n’est plus commun. » ( Lancette française , tome I, n°. 89, 26 mai 1829. )

était depuis long-temps gêné pour respirer, qu’il éprouvait, par intervalles, dans la poitrine un sentiment pénible de tiraillement, et qu’il était essoufflé dès qu’il marchait un peu vite.

On n’attacha pas d’abord assez d’importance à ces symptômes , et l’on erut pouvoir se contenter de l’application de deux vésicatoires sur les côtés du thorax.

Le 10 juillet, Fopération fut pratiquée de la manière suivante : Deux incisions semi-elliptiques , entre lesquelles se trouvait une portion de peau que l’on sacrifia , servirent à mettre la tumeur en partie à découvert ; mais il fallut aller au delà, et passer entre les fibres du vaste interne pour l’atteindre en entier : elle adhérait par son pédicule à la ligne âpre du fémur. La dissection fut longue et difficile, et malgré toute l’attention et la dextérité de l’opérateur, la synoviale du genou fut ouverte. Une seule ligature fut appliquée , le sang ruisselait de toute la surface de la plaie : on se décida alors à tamponner avec des bourdonnets de charpie saupoudrés de colophane , et les lèvres de l’incision furent rapprochées avec des bandelettes de diachylum.

Cette opération eut les suites les plus graves, on devait s’y attendre: ainsi, la douleur, l’agitation , l’insomnie, la fièvre, l’inflammation de toute la cuisse en résultèrent ; mais ce qu’il n’était pas aussi facile de prévoir, ce furent les symptômes de pneumonie et d’ictère, qui , s’enchaînant rapidemeut les uns les autres , causèrent en grande par-

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