‹ Traité de la réunion immédiate et de son influence sur les progrès récens de la chirurgie dans toutes les opérationsChapitre 6 sur 34 · CONDIT ÏO N S TV É CESSAI R F. S · texte numérisé non relu

CONDIT ÏO N S TV É CESSAI R F. S

entraîne les lèvres de la plaie assez en arrière pour leur faire dépasser la surface de l’extrémité inférieure du fémur. Dès lors, la cicatrice, ne se trouvant plus en rapport avec cet os, est moins exposée à se déchirer, et le blessé peut se servir plutôt de son cuissard. Notre opinion à cet égard est celle de MM. Percy et Deschamps (i).

4o. Le principe relatif à la direction la plus favorable à donner à la plaie trouve aussi son application dans l’amputation de la jambe ; la surface du. tibia est si étendue , et la crête de cet os si saillante, que si l’on n’a la précaution de placer cette dernière dans l’angle antérieur de la solution de continuité, on s’expose à avoir une perforation des tégumens dans le point correspondant. Parmi toutes les tentatives de réunion que nous avons vu faire dans ce genre, celle que nous signalons nous a paru jusqu’à présent la plus avantageuse (2).

Quant à ce qui concerne la mortification de la peau qui recouvre le péroné, quelques praticiens ont conseillé de faire la désarticulation de cet os, et nous l’avons vu pratiquer avec succès. Cependant nous persistons à penser ( et notre jugement

(1) Voyez le Rapport imprimé à la suite du Mémoire de M. Roux sur la réunion.

(2) Béclard avait conseillé d’enlever , à l’aide de quelques traits de scie, l’angle antérieur du tibia, qui, étant très aigu > irrite et ulcère la peau avec laquelle 011 le recouvre.

M. Larrey fend la peau vis à vis la crête de cet os.

Ou a vu précédemment le conseil que donne M. Gensouî.

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repose sur un assez grand nombre de faits ) que si l’on s’attache à disséquer suffisamment la peau, à isoler les muscles et à faire usage de la suture, on peut laisser le péroné en place.

Des appareils et bandages.

4 1 . Les bandelettes agglutinatives seraient bien moins efficaces , si l’on n’en secondait l’emploi par les bandages. Ainsi que font , dans l’amputation de la caisse, ceux qui en font principalement usage? Avant de poser les bandelettes, ils entourent le membre d’une bande dirigée de haut en bas , dans la vue de refouler les parties molles au devant de l’os et de lutter par là contre l’action des muscles.

Si ce que nous avons déjà dit ne suffisait pas pour faire sentir tous les inconvéniens attachés à ce mode de pansement, nous n’aurions qu’à reproduire ce qu’Alanson a consigné dans son Manuel pratique sur b amputation. La douleur, dit Gooch , étant un symptôme redoutable et capable de produire beaucoup d’accidens , lors même qu’une opération a été bien faite , on doit diriger toute son attention à la prévenir ou à la calmer : pour cet effet , ajoute-t-il , on ne doit pas se servir d’un bandage circulaire serré ; car il gêne le cours du sang , augmente la douleur et produit plusieurs accidens graves et consécutifs (i).

(i) Gooch, Tfaité de chirurgie, tome II, page 335.

CONDITIONS NÉCESSAIRES

Consultez Sharp et Valentin, dans leurs Recherches critiques sur la chirurgie , et vous les entendrez l’un et l’autre tenir à peu près le même langage. Nous aussi nous avons vu employer le bandage circulaire à Paris et en province, et nous avons l’intime conviction que les inconvéniens signalés par ces auteurs ne sont mollement exagérés. Disons même ( car il est des choses qu’on peut se permettre de répéter ) que ces inconvéniens sont bien plus grands quand l’inflammation s’est déjà emparée du moignon. La compression augmente laphlogose, celle-ci favorise la production du pus; on méconnaît la cause de sa formation, on insiste de plus en plus sur l’emploi des- mêmes moyens , et le malade finit par succomber à la douleur , ou bien aux pertes qui résultent d’une suppuration toujours croissante.

Soit dit ici pour une bonne fois, nous ne connaissons rien de plus meurtrier , ni de plus antichirurgical que les moyens compressifs appliqués sur des parties récemment enflammées : ce n’est pas par la compression que l’on peut arrêter les progrès des fusées purulentes ; ce moyen ne sert qu’à les accroître et à les entretenir. Quelques contre-ouvertures faites à propos, une position convenable , les pansemens à plat, quelques cataplasmes ou des fomentations émollientes, les effusions sanguines, et surtout les saignées locales sont les vrais remèdes capables d’enrayer la marche de la phlogose et d’en prévenir ou d’en modérer les

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4*. Le bandage circulaire a encore le grand désavantage de ralentir la nutrition dans le membre, d’atrophier jusqu’à un certain point les muscles , et de favoriser la conicité du moignon. Sans partager exclusivement les idées de Saüter sur les fractures, nous pensons qu’il a fait quelque chose d’utile pour la science, en cherchant à démontrer qu’en plaçant un membre fracturé dans un état constant de flexion, on pouvait se dispenser de l’entourer d’un appareil compressif (i). S’il était réellement possible de maintenir les fractures réduites par la seule position, nous n’hésitons pas à croire que l’on pût accélérer de beaucoup la formation du cal.

43. Après nous être élevé avec force contre le bandage expulsif, on ne peut plus être surpris de nous entendre critiquer l’emploi des appareils compliqués dont on surchargeait autrefois les plaies et les moignons. Sous ce rapport, la chirurgie moderne se distingue essentiellement de la chirurgie ancienne. A quoi bon entasser des masses de charpie sur une plaie récente, à l’envelopper d’un grand nombre de compresses, et à Y enfouir étroitement dans un sac de linge? Toutes ces pièces de pansement ne servent qu’à violenter la partie blessée, à fomenter la phlogose, et par conséquent à empêcher la réunion.

(1) Instructions pour traiter sans attelles les fractures , pages 11 et 12.

CONDITIONS NECESSAIRES

Si jadis l’Académie de chirurgie sentit la nécessité de réformer beaucoup d’onguens dont on faisait usage dans le traitement des blessures, il est temps aujourd’hui de proscrire une grande quantité d’appareils et de bandages. Quand les pansemens se» ront aussi simples que les procédés opératoires, alors nous pourrons dire que la chirurgie a fait un grand pas (i).

De la position da membre .

44. La position est un moyen dont on peut tirer grand parti dans le traitement des solutions de continuité; mais quelle que soit la précision que Ion apporte dans son application , il est bien difficile , pour ne pas dire impossible , d’obtenir par là le contact permanent des lèvres de la plaie. Il est des cas où l’on ne doit pas même chercher à profiter de cet avantage , et où il importe moins d’obtenir une cicatrisation rapide que de conserver la liberté des mouvemens. Ce précepte trouve parfois son application dans le traitement des plaies avec perte de substance? Généralement parlant, il n’en est point ainsi, et l’art du chirurgien consiste à trouver la position la plus favorable pour

(1) Si nous ne disons rien des bandages unissons , c’est que tons les auteurs en ont assez longuement parié : nous n’en nions pas l’utilité , mais nous les croyons plutôt propres à favoriser le rapprochement secondaire des lèvres d’une plaie, qu’à en déterminer la réunion primitive.

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arriver an rapprochement des bords de la solution de continuité.

En définitive, on ne se doute pas assez de l’importance de ce moyen, et beaucoup de praticiens échouent dans l’emploi delà méthode adhésive par l’effet seul de cet oubli. Après avoir été témoin du peu d’attention que l’on donne à ce temps de l’opération , nous eussions voulu insister davantage sur ce point ; mais nous avons craint de trop peser sur des choses que tout homme instruit est censé connaître , et nous avons hâte de mettre un terme à ces discussions. Nous nous réservons d’en dire encore quelques mots dans un autre moment.

Conclusions. Que ceux qui voudront retirer de bons effets de la méthode adhésive se pénètrent bien de l’utilité des préceptes que nous venons d’exposer : chacun d’eux est tellement lié à celui qui suit ou à celui qui précède, qu’on ne peut en supprimer un seul sans ébranler l’ensemble de l’édifice. Nous ne prétendons pas qu’il faille , dans tous les cas et sans distinction , employer à la fois les bandelettes 9 la suture , la position et le bandage; mais les principes relatifs à la section de la peau , à celle des muscles et des os, à la ligature des artères, etc., sont du ressort de toutes les opérations, et touchent de très près au succès de la réunion.

Quiconque désire bien faire en chirurgie doit s’exercer autant aux pansemens qu’aux opérations : ces deux moyens se prêtent de mutuels se-

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cours, et contribuent, chacun de leur côté, au soulagement comme au salut des malades. Que le vulgaire , frappé d’étonnement ou de crainte au récit d’une entreprise périlleuse , admire surtout la hardiesse de l’opérateur, rien de plus naturel. Mais nous qui savons que les pansemens sont indispensables , qu’ils peuvent, lorsqu’ils sont bien faits, corriger les vices d’un procédé opératoire, ou, dans le cas contraire , faire échouer l’opération , ce serait vouloir nous abuser nous-même que de ne pas leur accorder toute l’importance qu’ils méritent.

L’opération terminée, et le malade placé dans son lit, il reste encore au chirurgien d’autres devoirs à remplir : c’est à lui qu’il appartient de lever le premier appareil et de faire les premiers pansemens. S’il n’a le soin d’y procéder lui-mème, il est à craindre qu’un élève peu attentif ou peu instruit ne compromette en un instant le sort de son malade. Une bandelette mal placée, un bandage trop serré, une traction intempestive exercée sur l’un des fils des ligatures, une position vicieuse donnée au membre, un mouvement trop brusque imprimé à ce dernier, un rien peut amener les résultats les plus graves. Que sera-ce si, comme dans quelques hôpitaux de Paris, la plaie est laissée à découvert durant une ou deux heures, et que le premier pansement ne soit pas meme fait sous les yeux de l’opérateur ?

Ces détails sont pénibles à retracer, à connaître, et surtout à mettre en pratique ; mais quand il y

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va de la vie des hommes, peut- ou prendre trop de soins et de précautions ?

ARTICLE IL

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