‹ Traité de la réunion immédiate et de son influence sur les progrès récens de la chirurgie dans toutes les opérationsChapitre 8 sur 34 · CO N DITI O NS N ÉCKSS A ! R CS · texte numérisé non relu

CO N DITI O NS N ÉCKSS A ! R CS

vail de ce genre serait étranger à la matière que nous traitons. Puisqu’il n’est ici question que de la réunion immédiate, et que nous avons déjà prouvé que ce phénomène réparateur est un des actes les plus simples de l’économie, à quoi bon invoquer pour sa manifestation les secours de la médecine ? Cependant, comme la méthode adhésive ne réussit pas toujours alors même qüe l’on a fait tout ce qui était nécessaire pour l’obtenir, et que soji succès se rattache dans quelques cas à la marche de la fièvre dite traumatique t disons quelques mots sur cette dernière.

i°. Considérée dans son état le plus simple, cette fièvre paraît être l’effet de l’ébranlement que le système nerveux a éprouvé, elle succède de près à la blessure , parcourt ses périodes avec rapidité, se rapproche de la fièvre éphémère inflammatoire, et . semble avoir pour résultat définitif le rétablissement complet de l’équilibre : aussi, mérite-t-elle d’être respectée dans sa marche. Il est des cas où il importe même de provoquer son apparition. Mais comme elle n’est que l’expression de la douleur, et que chaque sujet a sa manière detre et de sentir, elle peut et doit nécessairement varier à l’infini.

Tantôt la cause qui l’enchaîne est due à un état de collapsus tellement profond, qu’il est à craindre que le malade succombe avant même que la réaction ait pu se faire. C’est dans ces circonstances que les antispasmodiques diffusibles à l’intérieur, les légers toniques, les frictions sèches sur les mena-

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bres, l’application de linges chauds , les sinapismes sur les extrémités peuvent, en réveillant la vie, dissiper ces concentrations viscérales , trop souvent mortelles. Tantôt, au contraire, la douleur, qui est le symptôme dominant, paralyse ou trouble les mouvemens du cœur , cause un bouleversement général dans l’organisme, et menace le blessé d’une fin prochaine : c’est alors que les sédatifs et les narcotiques conviennent.

Ce cas nous rappelle la belle distinction faite par Sarcone, au sujet des pleurésies lancinantes nerveuses, et nous donne une preuve de plus de l’importance des connaissances médicales dans l’exercice de la chirurgie (i). Le professeur Delpech est tellement partisan de ce mode de médication, qu’il pratique rarement une opération un peu grave sans donner immédiatement après une potion opiacée. En général, dit-il, la mort du malade est assurée à la suite d’une opération qui a duré au delà de demi-heure, et après laquelle on ne fait pas cesser immédiatement la douleur (2).

(1) ïl faut distinguer, disait Sarcone, si la douleur est mère ou fille de V inflammation . ( Maladies observées à Naples > tome I , page i5i . )

Que n’a-t-on , dans ces derniers temps , tenu assez compte de cette distinction !

(2) La circonstance d’une douleur prolongée n’est pas une condition indispensable pour que des aceidens nerveux se développent. L’observation prouve que des violences long-temps prolongées sur des organes dont la sensibilité de conscience est

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Mais , pour retirer de bons effets de l’opium , on doit toujours en proportionner la dose à l’intensité de la douleur, et savoir en varier à propos le mode d’administration. Il est des malades chez lesquels l’estomac ne peut s’en accommoder, et où il faut le donner par le rectum.

Outre que ce médicament a l’avantage de calmer la douleur, il a encore celui de porter les mouvemens à la peau, d’activer la circulation et de produire après un certain temps une légère diaphorèse, qui favorise aussi de son côté la chute du spasme. Il n’est guère que les opérations faites sur la tète, où il faille être un peu plus réservé sur l’emploi de ce remède (i). Toutefois, il convient,

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très obscure ou nulle ont pu déterminer des accidens semblables. J’ai vu, dit M. Pelletan , la dissection trop long-temps prolongée d’une tumeur être suivie de mort , quoique l’opération ne fût que médiocrement douloureuse dans chaque instant de sa durée. ( Unité de V art de guérir , page 34-)

Des tumeurs osseuses d’un grand volume, enlevées par frag— mens . exigent l’emploi de la gouge et du maillet , opération peu douloureuse , mais accompagnée parfois de la mort en moins de douze heures.

Puisque la longueur de l’opération, la douleur qui l’accompagne, la sensibilité des organes intéressés ne fournissent pas toujours la raison des accidens, ne sommes— nous pas forcé d’admettre dans l’économie vivante des degrés divers d’afleetibi— lité qui peuvent suppléer au peu d’intensité de la provocation ? S’il était possible de reconnaître à l’avance les dispositions de l’économie et les moyens propres à les modifier, la médecine opératoire aurait trouvé la solution d’un grand problème.

(i) Istituzioni chirurgiehc di Monleggia, tomeîïï, pagc2o3.

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dans tous les cas, d’en suspendre à propos l’administration; car, au moment où la réaclion va s’annoncer, il sera peut-être nécessaire de recourir aux antiphlogistiques. Il est des sujets chez lesquels le système vasculaire exerce une telle prépondérance , qu’il faut en venir de très bonne heure à ces moyens. C’est dans un cas de ce genre et à la suite de l’opération de la taille, que le professeur Lallemand fit avorter tous les symptômes par un bain de trois heures , précédé d’une large et copieuse saignée.

Ces quelques détails, auxquels nous pourrions donner un grand développement, si c’en était ici le lieu, feront probablement sentir que la fièvre vulnéraire n’est point une , quelle ne constitue pas une affection fébrile particulière, et qu’elle peut tour à tour revêtir mille formes ou présenter divers degrés d’intensité, selon les individus et les circonstances.

Gardons-nous de la confondre avec la fièvre de suppuration ou avec les pyrexies qui compliquent parfois les grandes blessures : l’une n’est qu’un effet immédiat de la douleur; les autres sont toujours plus ou moins étrangères à l’action de l’agent vulnérant, et demandent une méthode de Iraitement spéciale. Il n’est aucune espèce de pyrexie que l’on ne puisse voir se manifester à cette occasion.

2°. Si les écrivains ont tant varié sur la nature de ces dernières , c’est qu’ils ont eu à traiter telle ou telle autre espèce de fièvre et qu’ils ont voulu ap-

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pliquer à l’ensemble des faits le résultat de leurs propres observations. Celse tend à la représenter comme de nature inflammatoire (i). Magatus reconnaît qu’elle est souvent du genre des putrides , mais qu’elle provient aussi de différentes diathèses, et qu’elle se montre tantôt sous le type continu , tantôt sous le type quotidien, tierce ou quarte(2). A. Paré établit qu’eile peut dépendre d’une matière bilieuse [3). Guillemeau la déduit du vice des humeurs et de la cacochymie (4)- Heister propose un traitement antiphlogistique' contre les fièvres des plaies, et semble les mettre au rang des inflammatoires (5). Van Swieten compte , au nombre des maladies qui compliquent gravement les plaies , une fièvre violente avec tendance à la putridité (6).

5°. Dumas, dont l’esprit à la fois observateur et philosophique s’est attaché à la recherche des complications qui entravent le succès des grandes opérations , a bien reconnu qu’il existait une fièvre rémittente qui faisait périr un grand nombre de blessés ; mais il était doué d’un jugement trop sain pour vouloir faire rentrer dans ce cadre toutes les affections fébriles qui se joignent aux effets du traumatisme : aussi n’en a-t-il parlé q ne comme d’une

(1) Corn. Cels, De remédie lib. V, cap. 26.

(2) De vulncr. rar. medic.y page 5i6 et suiv.

(3) Livre X, des Plaies.

(4) OE livres chirurgicales , page Gin .

(5) Institutions chirurgicales , tome Ier., page 81.

(6) Comment, in Aph.y tome Ier., page 284.

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complication qu’il avait eu de fréquentes occasions d’observer. Seulement, il eût été à désirer que Fauteur eût fait mention des résultats fournis par l’examen cadavérique (i). Tâchons, autant que possible, de suppléer à cet oubli.

ïi fut divers momens , dans l’hôpital Saint-Eloi , oû nous eûmes occasion de voir quelques opérés succomber à la fièvre rémittente : nous les avons toujours soigneusement ouverts, et nous venons aujourd’hui rendre hommage à la vérité en disant que, malgré toutes nos recherches , souvent nous n’avons rien trouvé. Deux ou trois fois ( car nous n écrivons en faveur d’aucun système ), nous avons vu du pus dans plusieurs veines et jusque dans le cœur; dans quelques cas, des abcès nombreux dans le foie.

Ce qui nous avait principalement frappé chez ces derniers blessés, c’est que les préparations de quinquina, qui produisaient au moins quelque amendement chez les autres , avaient paru chez eux exaspérer le mal. Instruit par les autopsies, nous avons voulu y regarder avec plus d’aiten» tion, et nous avons reconnu que dans ce cas il n’exisîait pas cet assoupissement que Dumas signale comme un caractère constant de la fièvre rémittente; que les accès étaient plus rapprochés, plus irréguliers et moins bien caractérisés. En pro-

( i) Mémoires cle la Société médicale d’ émulation, tome IY.

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fitant de toutes ces remarques, nous avons appris plus tard à distinguer les accès essentiellement fébriles de ceux liés à la présence d’un foyer inflammatoire, et rarement l’autopsie a démenti le diagnostic qui avait été porté.

Ainsi , tout en nous éclairant du flambeau de l’anatomie pathologique , nous avons acquis la conviction qu’il existe des accès périodiques indépendans de toute altération d’organe , du moins apparente , et susceptibles de céder à l’action du quinquina. Peut-être à mesure que nos moyens d’investigation anatomique se perfectionneront, trouverons - nous des lésions viscérales ou autres là où nous n’avons pu en découvrir; mais ne devançons pas les faits.

Quand on a vu comme nous, sur les mêmes lieux et dans les mêmes saisons , les professeurs Delpech et Lallemand d’une part, les professeurs Broussonnet et Caizergues de l’autre, administrer le quinquina avec un égal succès , les uns contre des fièvres intermittentes ou rémittentes sans lésions traumatiques, les autres à la suite des grandes opérations, il faudrait vouloir se refuser à l’évidence, pour ne pas se rendre à ces faits. Et d’ailleurs, comment rejeter ouvertement les observations de Sydenham , de Morton, de Torti , de Werloff, d’Huxham, de Galeati , de Medicus , d’Heister, de Ciegorn , de Rahn, de Baumes et d’Alibert ?

4°. Au traitement des plaies d’armes à feu se rattache d’une manière encore bien plus étroite

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Finfluence des notions en médecine : quels hommes plus que les gens de guerre peuvent offrir des exemples d’un si grand nombre de complications ? Est-il une cause morbide à l’action de laquelle ils ne soient exposés ? Intempéries de l’air , fatigues , insomnies , marches forcées , sensations pénibles et agréables, privations de toute espèce, excès de tout genre, mauvaise nourriture; tout semble conspirer contre leur santé. Et comment , au milieu de ces conditions défavorables, échapper à Faction de tous les agens destructeurs qui nous entourent? Aussi, périt-il dans les hôpitaux au moins autant de malades des accidens qui compliquent les blessures, que des blessures elles-mêmes. C’est donc aux chirurgiens d’armée qu’il appartient d’agrandir cette partie du domaine de la thérapeutique.

Déjà, le célèbre Lamartinière avait remarqué que les complications gastriques et bilieuses étaient très communes chez les soldats, et il se servait avec succès de la méthode évacuante (i). Dans la suite , Lombard s’empara de cette idée, et en fit le texte d’un mémoire particulier (2).

En signalant la fréquence des affections intestinales chez les militaires, nous ne voudrions pas qu’on en inférât que toutes doivent être traitées de la même manière. Nous savons ( et nous de-

(1) Mémoires de V Académie , tome IV, in-zj0., page 17.

(2) Dissertation sur V utilité des évacuans.

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vons le dire) qu’il en est qui reconnaissent pour cause l’inflammation de la muqueuse ; mais doiton toujours s’en tenir aux antiphlogistiques ? Le professeur Lallemand , dont les opinions médicales sont connues et respectées de tout le monde, n’a-t-il pas fait quelquefois avorter en notre présence et par les évacuans seuls une complication gastrique prête à éclater ? Stoll , traitant des complications de la fièvre estivale, et rapportant l’histoire de plusieurs blessés qui en éprouvèrent l’atteinte, faisait-il autrement (i)? Ainsi, le but ne doit pas être désormais de se rallier à des doctrines exclusives , mais de s’offrir mutuellement la paix. Le génie de la conciliation , a dit le professeur Ribas, est celui de l’éclectisme (2).

Interrogez les auteurs qui se sont occupés des épidémies, tels que Sydenham (3), Pringle(4), Sarcone (5) , Rœderer et Wagler : tous vous parleront de l’influence de ces maladies sur la marche des solutions de continuité. Durant l’épidémie qui régna à Gottingue, Rœderer et Wagler suivirent les effets quelle produisit sur les plaies ,

(1) Ratio medendi , tome II, page i\rj.

(2) De l’anatomie pathologique considérée dans ses vrais rapports avec la science des maladies > tome I, page 432.

(3) Médecine pratique.

(4) Observations sur les maladies des armées dans les campsr dans les prisons.

(5) Maladies observées à Naples .

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et observèrent qu’elle changeait promptement leurs caractères, en altérant la matière purulente , qui perdait ses premières qualités et devenait crue, âcre, fétide, ichoreuse et sans consistance (i^.

5°. Quant aux moyens propres à seconder indirectement la réunion, ils se bornent à très peu de chose: tous nos efforts doivent tendre, en pareil cas , a réduire 1 inflammation à un degré aussi faible que possible. La diète , les boissons émollientes, les saignées générales et locales sont les moyens les plus généralement usités.

Après la guérison , ou meme avant, si elle était trop lente , il importe de combattre par des remèdes appropriés les diverses complications qui pourraient éclater : souvent Ton a vu une cicatrice déjà formée se détruire pendant la durée d’une maladie; l’influence des diverses diathèses n’est pas moins à redouter.

Ce serait un tableau bien intéressant à présenter, que celui des modifications et des nuances que les maladies internes peuvent imprimer aux lésions physiques; mais qu il nous suffise de quelques traits que nous venons d’esquisser , pour en faire entrevoir l’utilité. Que serait-ce si nous parlions des affections sympathiques que les lésions vulnéraires sont susceptibles de réveiller? «Ce ne sont pas » tant les blessures que l’on doit craindre, dit John » Bell , que les lésions vitales auxquelles elles peu-

(i) De morho fnucoso.

l48 CONDITIONS NÉCESSAIRES, etc.

» vent donner lieu; la difficulté n’est pas de dilater » une plaie ou de la réunir, d’en extraire un corps » étranger, mais bien de pre'server le blessé ou de » le guérir de ces maladies épidémiques et conta- » gieuses, si communes aux armées. » Telle est la voie large, mais difficile, dans laquelle nous devons désormais marcher , si nous voulons donner à nos travaux un but réellement utile.

RÉPONSES AUX OBJECTIONS , etc.

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