‹ Traité de la Sainte Écriture d'aprés S.S. Léon XIIIChapitre 13 sur 39 · PREMIERE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIERE SECTION

Les ennemis de la Bible, ou les exégètes et savants rationalistes. Appel au combat.

Mais d’abord, il est important de reconnaître ici quelle sorte d’ennemis nous attaquent, et dans quels artifices ou dans quelles armes ils mettent leur confiance.

Observons donc que si, précédemment, nous eûmes surtout affaire à ceux qui, s’appuyant sur leur jugement privé, répudiaient les Traditions divines et le magistère de l'Église, et posaient l’Écriture comme unique source de la révélation et juge suprême de la foi, — nous avons aujourd’hui à combattre le rationalisme, leur fils pour ainsi dire: ‘et leur héritier, appuyé comme

eux sur la raison individuelle et rejetant absolument les restes mêmes de foi chré-

tienne que ses devanciers lui avaient légués.

En effet, les rationalistes nient radicalement toute révélation, toute inspiration, toute Écriture Sainte. Ils répètent qu’il n’y a rien là qu'artifices et inventions de l’homme

les récits bibliques ne rapportent point des événements réels, et ce sont ou des fables ineptes ou des histoires mensongères; les prophéties et les oracles ne sont que des prédictions faites après coup, ou des pressentiments purement naturels ; les miracles

ne sont vrais que de nom, ils ne manifestent

aucunement la puissance divine, mais ce sont uniquement, ou des faits mé eee qui ne surpassent nullement les forces de la nature, ou des prestiges et des mythes quelconques; les Évangiles et les écrits apostoliques doivent être attribués à des auteurs tout différents de ceux qu'on pensait.

Et en nous assaillant de ces monstrueuses

erreurs, capables à leur avis de ruiner la très sainte vérité des Livres divins, ils pro-

clament que ce sont les sentences décisives d’une certaine science nouvelle, la science lbre, dont les arrêts leur semblent pourtant à eux-mêmes si incertains, que très souvent, sur une mêmé question, ils les modifient ou les remplacent par d’autres. Et encoré qu'ils pensent et parlent d’une manière si impie sur Dieu, sur le Christ, sur l'Évangile, sur toute l'Écriture, il n’en manque pas qui veuillent être tenus pour théologiens, soit chrétiens soit évangéliques, et qui couvrent de ce très honorable titre la témérité de leur esprit orgueilleux. |

Ils trouvent en assez grand nombre, dans d’autres sciences, des complices de leurs desseins, et des auxiliaires que la même révolte contre les vérités révélées entraine avec eux à l'assaut de la Bible. Et Nous ne saurions assez déplorer l’étendue et l’âpreté de jour en jour croissantes de cette attaque. Elle n'est pas seulement dirigée contre des hommes instruits et graves, capables de s’en défendre sans trop de difficulté; mais, le plus souvent, c'est le vulgaire sans

instruction que s'efforcent d'atteindre, par

tout moyen et tout artifice, nos ennemis acharnés. Ils répandent leur venin por les livres, les brochures, les journaux ; ils l’insinuent par leurs conférences :et leurs discours ; ils ont déjà tout envahi, etils se sont

emparés de beaucoup d'écoles de jeunes gens, qu'ils ont arrachées à la tutelle de

l'Église et où ils dépravent misérablement les âmes encore crédules et molles, leur enseignant, même par la moquerie, par la

plaisanterie, par la bouffonnerie, à mépriser

les Saintes Écritures.

Voilà des faits, Vénérables Frères, bien capables d’émouvoir et d’enflammer notre commun zèle pastoral, afin d’opposer à cette nouvelle science au nom mensonger (1) l'an—

cienne et vraie science que l'Eglise a reçue

du Christ par les Apôtres, et afin de susciter, en un si grand combat, de puissants défenseurs à la cause de l’Écriture sainte.

(1)'T Tim:tVE,220,

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