TROISIÈME QUESTION
4 Quel est le contenu de la Bible?
à En premier lieu, la révélation touchant la foi et les mœurs, 46; en
second lieu, ce qui n'appartient pas proprement à cette révélation,
17; enseignement et conversation, 18; les sciences profanes, phy-
siques ou historiques, sont objet de conversation et non d’ensei-
: gnement dans la Bible, sans erreur toutefois et avéc grande utilité, 19-23, |
D 16 Léon XIII, décrivant en maint : passage le contenu de la Bible, nous y fait 4 reconnaître divers éléments que nous deà vons, dès maintenant, distinguer avec soin. — a) En premier lieu, et en général, c’est
«la révélation surnaturelle, » supernaturalis à revelatio (p. 10), subdivisée elle-même en
4 deux catégories : 1° les secrets absolument surnaturels de la divinité, de la sagesse et de la miséricorde infinie, arcana divinitatis,
saptentiæ, misericordiæ (p. 9); 2° certaines | 44
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vérités de religion et de morale naturelles, que Dieu a daigné nous enseigner afin que l'humanité en eût une connaissance plus universelle, plus ferme, plus prompte, plus dégagée de toute erreur, res quoque quæ humanc rationt inaccessæ non sunt (p. 10).
— Ces deux catégories sont souvent renfermées dans l’unique formule de « choses appartenant à la foi et aux mœurs, » res Jidei et morum (p. 36, etc.) : car les unes sont théoriques ou dogmatiques, et les autres pratiques et morales, toutes également révélées et réclamant toutes notre foi, les pratiques et morales réclamant en plus notre obéissance.
17. — L'encyclique énumère en second lieu b) des éléments bibliques « n’appartenant pas proprement à la règle de la foi et des mœurs, » non proprie ad fidei morumque pertinentibus requlam (p.62), ou, ce qui revient au même, « n’étant pas de nécessité de foi, » quæ de necessitate fidei non sunt (P. 53), encore qu'ils soient certainement inspirés et parfaitement indemnes de toute
erreur. — Ces éléments sont ceux qui n’ont pas d'utilité directe pour le salut éternel des âmes, nulli saluti profutura (p. 52), comme parle saint Augustin, et que Dieu n’a pas voulu nous enseigner, noluit ista docere homines (ibid.), bien qu’il ait certainement voulu et ordonné que les hagiographes les fissent entrer dans les Livres sacrés.
18. — Il y a, en effet, une différence réelle et considérable entre enseigner une chose et simplement parler d’une chose. — Enseigner, docere, c’est faire expressément connaître l'inconnu, ou faire mieux connaître le connu; c’est se constituer maître, et réclamer une adhésion formelle de son disciple; c’est vouloir lui communiquer lumière et science, soit par voie de témoignage, soit par vole de démonstration; c'est enfin créer ou augmenter en lui, relativement à la chose enseignée, cette assimilation et cette adéquation que la philosophie appelle vérité.
— Mais simplement parler ou faire parler d’une chose n’est point agir en docteur, n’est point donner la science proprement dite,
n’ést point provoquer l’adhésion et l’obéissance formellé de l'esprit. Vouloir stmplement parler d’une chose, c'est ne pas vouloir l’enseigner; et quand on ne veut pas enselgner, on n'enseigne pas.
19. — Or, le Souverain Pontife s'exprime ainsi au sujet de certains passages de la Bible : « Que l’on considère premièrement que les écrivains sacrés, ou plutôt l'Esprit divin qui parlait par eux, n’ont pas voulu enseigner aux hommes ces choses, — c'està-dire, l’intime constitution des êtres matériels, — ces choses ne devant servir de rien à notre salut »; noluisse ista, (videlicet intimam adspectabilium rerum constitutionem ), docere homines, nulli saluti profutura (p. 52). Ce sont les propres paroles de saint Augustin, et le Pape les fait siennes. — Les hagiographes, ou plutôt l'Esprit divin, ont donc voulu parler simplement de ces choses quand ils y ont touché; et ils ne les ont pas enseignées parce qu’ils n’ont pas voulu les enseigner, noluisse ista docere homines.