‹ Traité de la Sainte Écriture d'aprés S.S. Léon XIIIChapitre 21 sur 39 · Aussi, plutôt que d'entreprendre · texte numérisé non relu

Aussi, plutôt que d'entreprendre

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directement l'exploration de la nature, ils décrivent et traitent parfois cet ordre de choses d’une certaine façon métaphorique, ou comme on en parlait communément de leur temps, — et comme à présent encore, même parmi les hommes les plus savants, on parle de beaucoup de choses dans les conversations journalières » (p. 52). — Assurément, si la Bible avait voulu nous enseigner les sciences naturelles, elle aurait entrepris directement l'exploration de la nature; elle en aurait traité sans métaphores; elle n'aurait pas adopté le langage de l’antiquité, de la conversation familière telle que l’ont gardée même nos savants modernes. — Mais, parce qu’elle voulait parler simplement de ces choses, elle les décrit métaphoriquement, quodam translationis modo (ibid.); elle emploie les formules du temps, sicut communis sermo per ea ferebat tempora (1bid.) ; elle se sert des expressions usitées jusqu’à nos jours dans les entretiens familiers, in quotidiana vita, ipsos inter homines scientissimos (ibid.).

21. — Si la Bible, encore une fois, avait voulu nous enseigner les sciences profanes, et ne pas se contenter de parler simplement de quelques-uns de ces objets quand elle y

était incidemment amenée, elle les eût cer-.

tainement décrits avec attention, avec soin, selon leur réalité plutôt que selon leurs apparences, pour compléter, ainsi que l’enseignement le veut, les connaissances soMmaires et superficielles qu'en avaient les hommes d’alors. Or, c’est ce qu’elle n’a pas voulu faire, au témoignage de l’encyclique :

« Et parce que le langage vulgaire exprime premièrement et proprement ce qui tombe sous les sens, ainsi l'écrivain sacré, suivant l'observation du Docteur Angélique, a énoncé ce qui apparaît sensiblement, ea secutus est quæ sensibiliter apparent, ou ce que Dieu lui-même, parlant à des hommes, a exprimé d'après l’usage humain, afin d’être compris par eux, » seu quæ Deus ipse,

homines alloquens, ad eorum captum signifi-

cavit humano more (p. 52). | 22. — Voilà pourquoi Léon XIIT distingue

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si nettement entre le théologien et le physicien, qu'il veut voir se renfermer l’un et l’autre dans leur domaine propre : ‘suis uterque finibus se contineant (p.51). — Que si les sciences profanes étaient ensergnées par la Bible, le théologien les y apprendrait à la lumière infinie de Dieu, avec une certitude surnaturelle très supérieure à toute assurance naturelle. Il serait donc pleinement en droit de pénétrer dans le domaine du physicien, contrairement au principe de démarcation posé par le Pape. — Et si Je théologien pouvait et devait même entreprendre sur le terrain du physicien, celui-ci pourrait à son tour lui résister au nom de l'évidence et de la méthode rationnelles, expérimentales ; d’où il résulterait de véritables et sérieux conflits, que Léon XIII déclare précisément ne pouvoir exister : nulla quidem vera dissensio intercesserit (ibid.).

— Ainsi, rien de plus certain : la Bible contient deux éléments également inspirés mais inégalement manifestés : l’un, de beaucoup le plus important, nous est manifesté pour

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nous être enseigné; l’autre nous est manifesté sans nous étre enseigné; le premier est l'objet d'une solennelle et magistrale instruction, le deuxième est l’objet d’une simple et familière conversation. |

23. — Cet élément secondaire, emprunté à ce que l’encyclique appelle quelque part les externæ doctrinæ (p. 59), se subdivise lui-même en deux catégories. — a) L'une est nommée physique par le Souverain Pontife, au sens étymologique et philosophique du mot oicx, qui désigne généralement la nature matérielle et sensible : in locis edisserendis ubi physica aguntur, dit par exemple Léon XIII (p. 53), après avoir parlé un peu auparavant de l’exploratio naturæ qui n’est pas l’objet direct de la Bible (p. 52). Cette catégorie physique renferme par conséquent la cosmogonie scientifique et la cosmographie, l'astronomie et la géographie, la chimie et la physique proprement dite, la biologie et l'anthropologie, la zoologie et la botanique, la géologie et la paléontologie, les mathématiques et la mécanique,

etc., etc. Et toutes ces sciences sont le domaine du physicien ou du naturaliste, en donnant à ces noms le sens déterminé plus haut : nulla quidem theologum inter et physicum vera dissensio (p. 51); plhiysicorum seriptores terminos suæ disciplinæ transgressi, etc. (p. 54). — b). L'autre catégorie d'objets secondaires, effileurés plutôt qu’enseignés dans la Bible, comprend l’histoire et la biographie profanes, avec leurs annexes pareillement profanes, telles que l’archéologie, la mythologie, la linguistique, etc. : hœæc ipsa (les remarques relatives à la physique) deinde ad cognatas disciplinas, ad historiam prœæsertim, juvabit transferri (1bid.);

. nthil ex rerum natura, nihil ex historiæ mo-

numentis colliqt posse quod cum Scripluris revera pugnet (p.61). — e) Et que l’on ne croie pas à l’inutilité de cette double catégorie d'objets que la Bible n’enseigne pas proprement, et dont elle se borne à parler simplement. Léon XIII, dès les premières pages de l’encyclique, invoque la parole fameuse de saint Paul assurant que «toute Écriture

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divinement inspirée est utile; » et il signale en conséquence les fruits multiples qu’on peut retirer des études bibliques : Æoc studium cur tantopere commendandum videatur, prœæter ipsius præstantiam atque obsequium verbo Dei debitum, prœæcipua causa inest in multiplici utilitatum genere, quas inde novtmus manaluras, sponsore cerlissimo Spiritu Sancto (p.13). — Du reste, si la simple conversation est d’une immense utilité parmi les hommes, encore qu'elle y soit exposée à bien des erreurs et qu’elle mait pas les avantages de l’instruction proprement dite, comment douter que l’infaillible conversation de Dieu avec nous dans .les saints Livres, encore qu'elle n'ait pas toute l’importance de ses enseignements proprement dits touchant la foi et les mœurs, ne soit la source inspirée et toujours féconde d'une multitude de bienfaits pour les âmes?

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