QUATRIÈME QUESTION
De quelle manière Dieu a-t-il voulu constituer la Bible?
L’Auteur divin, les auteurs humains, l'inspiration, 24; diminutions de la notion d'inspiration biblique, 25-26; exagérations, 27; analyse de l'inspiration active et passive, 28-99 ; inspiration et révélation, 30 ; inspiration consciente, 31,
24. — Dieu aurait pu miraculeusement faire apparaître dans le monde les Livres Saints dont il eût été le seul auteur, et miraculeusement aussi en attester |a divine origine et la divine autorité. — [l ne l’a pas voulu. Il s'est adjoint des hommes qu'il a inspirés pour être ses interprètes et ses secrétaires, ses instruments et ses ouvriers, ses collaborateurs et ses coopérateurs. Car, on n’en saurait douter, si l’Écriture a Dieu pour auteur, elle a aussi des hommes pour auteurs, pour « auteurs sacrés, » auciores
sacros (p. 11), dit formellement Léon XII avec la Tradition des Pères et des Théologiens. — Auteurs sacrés, ils le sont bien, parce qu'ils ont éravaillé comme travaillent les auteurs humains, mais sous une nsptration sainte et divine que les auteurs humains n’ont pas. L’inspiration est le lien d'association qui unit Dieu et les hagiographes dans l’œuvre biblique. C’est par l'inspiration que Dieu fut l’auteur principal de la Bible (p. 57). C’est par l'inspiration que certains hommes furent les auteurs secondatres de la Bible. Il importe donc d’en prendre une notion exacte, sans diminution comme sans exagération.
25. — On diminuerait la notion catholique de l'inspiration scripturaire, si l’on disait a) qu’elle consiste dans une approbation officielle donnée par l’Église à des livres antécédemment composés d’une facon purement humaine; b) ou qu’elle signifie simplement que les Livres saints contiennent sans erreur la révélation. — Ces deux explications sont formellement rejetées par le
lé La dæ
concile du Vatican et Léon XII (p. 56-57).
Elles sont, en fait, absolument insuffisantes, puisque bien d’autres livres pourraient, à ce compte, être tenus pour inspirés. La vérité, cest que la Bible « a Dieu pour auteur et qu'elle a été écrite sous l'inspiration du Saint-Esprit, » comme le disent expressément le concile et le Pape. (p. 57.)
26. — On diminuerait encore, et d’une facon intolérable, nec toleranda (p. 55), la notion catholique de l'inspiration, c) si on
Ja restreignait « aux seules choses de foi et
de mœurs,» ad res fidei morumque, nihil præterea, pertinere (ibid.), confondant ainsi la révélation avec l'inspiration, et croyant que Dieu a seulement inspiré ce dont il
voulait que nous fussions instruits ; ou enfin
d) si l’on admettait « que l'erreur peut se glisser sous la divine inspiration » (p. 56), et «que l’auteur sacré lui-même a pu errer»
(p. 55). — À ces deux diminutions, dont la seconde est même une «perversion de la
notion catholique de l'inspiration divine »
(p. 58), Léon XIIT oppose les règles tradi- 15*