‹ Traité de la Sainte Écriture d'aprés S.S. Léon XIIIChapitre 23 sur 39 · M LAS · texte numérisé non relu

M LAS

tionnelles suivantes : 1° Il ne faut pas, pour savoir si telle ou telle paroles sont inspirées, chercher «pourquoi Dieu les a dites, »

quam ob causam ea dixerit (p. 56), mais tout simplement constater « si Dieu les a dites, » quænam dixerit Deus (ibid.). La théorie d'après laquelle on ne regarderait comme inspirés que les textes où Dieu a voulu nous enseigner la foi et les mœurs est une théorie « fausse, » falso arbitrentur (p. 55); et la vérité est, au contraire, que « tous les livres reçus par l'Église pour sacrés et canoniques, ont été intégralement, et avec toutes leurs parties, écrits sous la dictée du Saint-Esprit » (p. 56). 2° Il faut tenir pour absolument certain que « nulle erreur ne peut se glisser sous linspiration divine; que celle-ci, par elle-même, non seulement exclut toute erreur, mais l’exclut et la

repousse aussi nécessairement qu'il est né-

cessaire à Dieu, Vérité suprême, de n’être l’auteur d'aucune erreur » (tbid.).

27. — On exagérerait la notion catholique de l'inspiration, telle que nous la donne

l’encyclique, si l’on prétendait a) que les hagiographes furent des instruments aveugles, inconscients, mécaniquement nécessités comme une machine à écrire sous la main et la pensée qui la meut; b) et que tous les mots, toutes les syllabes, tous les accents, rigoureusement choisis par Dieu même, ont été machinalement reproduits sous sa motion souveraine. — Quant au 1” point, le Souverain Pontife enseigne, au contraire, que les hagiographes sont des auteurs et des écrivains ; des auteurs au sens où le sont les auteurs humains, mais avec l'inspiration divine en plus; des auteurs analogues à l’Auteur principal et divin de la Bible; des écrivains intelligents, conscients, libres; non de simples copistes remplissant aveuglément une tâche toute matérielle : en un mot, de vrais auctores et de vrais scriptores (p.55, 57). Et la preuve de ce fait, c’est «qu'ils conçoivent avec justesse, en leur esprit, ce que Dieu ordonne qu'ils écrivent, ea quæ ipse juberet; c'est qu’ils veulent fidèlement l'écrire; c’est qu’ils l’expriment convenable-

ment et avec une infaillible vérité, et recte mente conciperent, et fideliter conseribere vellent, et apte infallibili veritate exprimerent (p. 57). L’inspiration n’étouffe donc pas en eux l'intelligence, la volonté, l’initiative agissante ; et l'on comprend dès lors parfaitement leur grande dissemblance d'idées, de style, dans une parfaite unité de foi et de morale, — parfois aussi leurs réflexions sur le caractère, la méthode, les difficultés de leur travail. — Quant au 2° point, le Souverain Pontife, loin d'enseigner que l'inspiration biblique ait été syllabique ou strictement verbale, déclare seulement que Dieu, après avoir excité, ordonné, mü, les hagiographes à écrire, «les a assistés pendant qu'ils écrivaient, » seribentibus adstitit, « afin qu’ils exprimassent convenablement, et avec une infaillible vérité, » ce qu’ils avaient bien conçu dans l'esprit et fidèlement voulu écrire, apte infallibili veritate exprimerent (1bid.). Si Dieu assiste pour qu'on éxprime, il n’exprime donc pas luimême : c'est l’auteur assisté qui exprime,

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avec une infaillible vérité due à cette divine assistance. L’hagiographe a pensé, il a voulu, il à parlé.

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