Elle ordonne que, dans les cours
d'Écriture Sainte, le professeur « prenne pour texte de ses explications la traduction dite Vulgate, » is porro exemplar in hoc sumet versionem Vulgatam (p.33). Par là, «il restera fidèle aux anciennes traditions, »
retinens instituta majorum (ibid.); par là, il
obéira « au concile de Trente qui a décrété l'emploi de cette Vulgate pour authentique, pro: authentica habendam decrevit, dans les lecons, argumentations, prédications et expositions publiques, » in publicis lectionibus, disputationibus, prædicationibus et exposttionibus (ibid.); par là enfin, il suivra l'esprit « de l’Église qui recommande cette version par l'usage quotidien qu’elle en fait » (1bid.).
— On remarquera aisément et avec intérêt la corrélation des deux formules employée par le concile de Trente et par l’encyclique : pro authentica habeatur, dit l’un; eæemplar sumet, dit l’autre; et tous deux disent la même chose. L’exemplaire, ou texte servant de base à l'explication exégétique, n’est rien de plus ni de moins que l’authentique des lecons et autres exercices publics. — La signification du mot authentique est analogue et il exprime la même idée d'autorité, non d'authenticité critique, dans cet autre.
passage de Léon XIIL : « L’exégète catholique regardera comme son devoir principal et sacré, d'adopter exactement le sens donné à certains passages scripturaires par une déclaration authentique, soit des auteurs sacrés soit de l'Église, » quorum sensus authentice declaratus est (p. 38).
40. — Mais sur quoi donc est fondée cette particulière et ancienne estime de l’Église occidentale pour la Vulgate latine? Le Pape nous le dit avec une grande clarté : «Quant à l’essentiel, ad summam rei quod spectat,
les expressions de la Vulgate font bien voir la pensée de l’hébreu et du grec, » ex dictionibus Vulgatæ hebræa et græca bene elucet sententia (p.34). — « Cependant, s’il s’y trouve quelque chose d’ambigu ou de moins soigné, attamen st quid ambigue, si quid minus accurate inibi elatum sit, saint Augustin donne le profitable conseil d'examiner le texte original, » inspectio præcedentis linguæ, suasore Augustino, profictet (ibid.). — En conséquence, l'adoption de la Vulgate comme texte officiel « n'empêchera pas de tenir compte des autres versions que l'antiquité chrétienne a louées et employées; » neque tamen non sua habenda erit ratio reliquarum versionum quas christiana laudavit usurpavitque antiquitas (p.33). Et n’avons-nous pas entendu tout à l'heure Léon XIII déclarer que les anciennes versions, que les polyglottes où l’on en trouve plusieurs, sont «très commodes, peraptas, pour l’investigation du sens véritable des Écritures? — Mais c’est « prin- -cipalement des textes primitifs qu’il faudra tenir compte, » neque.… non sua habenda
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ertt ratio... maxime codicum primigentorum (p. 34); et nous verrons plus loin les mesures pratiques commandées par l’encyclique dans ce but.
Al. — Elle ne se borne donc pas à souffrir l’usage des originaux et des autres traductions anciennes; elle l’ordonne quand il y a ambiguïté ou imperfection dans la Vulgate; elle le conseille toujours, parce que toujours il est utile d'employer un moyen «très apte » à révéler le sens exact des Lettres sacrées. — Elle ne nous confine
nullement dans la lecture ou l’étude de la Vulgate : elle en reconnaît les imperfections comme les mérites; elle ne lui sacrifie aucun des textes ni aucune des versions capables de nous faire pénétrer plus avant dans la pensée des auteurs sacrés, et du Saint-Esprit lui-même. — Seulement, elle nous rappelle que l'emploi de ces documents philologiques « réclame évidemment beaucoup de soin; » et qu'avant tout, comme le disait saint Jérôme, « le devoir du commentateur n’est pas d'exposer ce qui lui
ù plaît, mais ce qu’ a pensé celui dont ilinter- prète le texte » (p. 34). Le désagrément de % rencontrer dans la Vulgate quelque passage en désaccord avec nos vues ou préjugés,
n'est donc pas une raison suffisante pour . nous faire immédiatement rejeter comme fausse ou inexacte telle traduction qui nous serait désagréable.
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