XII PRÉFACE DE LA QUATRIÈME ÉDITION
-elle ne porte pas le nom de cours forcé, en reproduit les principaux traits.
La Russie et rAutriche-Hongrie voient leur circulation de billets de banque ou de billets d'État se déprécier chaque jour davantage, au point que Ton peut se demander si la première reverra jamais le pair du rouble.
li n'est aucune de ces puissances, toutefois, qui, avec dix ans de bonne administration financière et de paix internationale, ne pût revenir, même pour sa circulation monétaire, à une situation régulière et stable. Les nations modernes ont, en effet, pour leurs finances deux secours singulièrement précieux : d'abord, la baisse progressive du taux de l'intérêt qui permet les conver- -sions de dettes; ensuite, la baisse du prix des denrées assujetties «ux taxations du fisc : Talcool, le sucre, le café, le pétrole, etc. 11 en résulte que les États peuvent augmenter sensiblement les impôts sur ces marchandises, sans que la consommation s'en restreigne. Dans des circonstances aussi propices, le déficit des budgets ne peut venir que d'un gaspillage effréné.
Ce ne sont pas seulement, en effet, les armements et les craintes de guerre qui ont plongé tous les pays d'Europe dans les embarras où ils se trouvent, ce sont des mesures mal étudiées : dégrèvements inopportuns, travaux publics excessifs, emprunts désordonnés, budgets incohérents et sans sincérité, préférence accordée aux modes les plus dangereux de se procurer des ressources, socialisme d'État et socialisme municipal séduisant aussi bien les jeunes et naïves démocraties que les autocraties hautaines et ambitieuses.
L'Amérique seule offre aujourd'hui des exemples tout à fait réconfortants; car sur plusieurs points la vieille réputation financière de la Grande-Bretagne elle-même est en train de défaillir.
Les Étarts-Unis vont, au commencement du siècle prochain, avoir presque remboursé leur dette fédérale ; pour si perfectionnée qu'elle paraisse auprès de celle des pays d'Europe, ' l'administration financière des États-Unis d'Amérique offre, cependant, aussi quelques points faibles : l'insolvabilité, parfois voulue, de plusieurs des Etats particuliers qui composent la grande Union, le gaspillage des municipalités, Tassiette très dé-