PRÉFACE DB U TROISIÈME ÉDITION. XXIII
D*après ce tableau, un homme ayant 80,000 francs de rente paye bien à TÉtat, au département ou à la Ville de Paris, boa an mal an, 13,619 francs, soit environ 17 p. 100 de son revenu. Nous ayons supposé que cet homme avait la moitié de sa fortune en biens fonds ; admettons maintenant qu'il n'ait aucuns biens fonds et que ses 80,000 francs de rente proviennent, pour moitié, de fonds publics non soumis à Timpôt sur le revenu des valeurs mobilières, et, pour l'autre moitié, de valeurs mobilières assujetties à cet impôt; ce second homme riche payera 3,000 francs de moins que le premier (à savoir : 3,600 francs de moins du chef de Timpôt foncier, et 600 francs de plus du chef de l'impôt sur le revenu des valeurs mobilières). L'ensemble de ses contributions détaillées ci-dessus monterii encore à 10,619 francs, soit plus de 13 p. 100. En définitive, un homme ayant 80,000 francs de rente, et Tivant à Paris dans les conditions habituelles aux personnes de cette situation, paye à TFtat et aux localités entre 13 et 17 p. 100 de son revenu, suivant qu'une partie de ce revenu provient de source foncière ou que la totalité dérive de valeurs mobilières et de fonds publics.
Encore devrions-nous dire qu'en y regardant de près, la part contributiTe de l'homme riche est plus considérable. Nous nous sommes tenus, en effet, pour plusieurs des articles de cette nomenclature fort au-dessous de la réalité. 11 y a bien peu de familles ayant 80,000 francs de rente où l'on ne dépensé que 80 fr. en ports de lettres ou télégrammes, que 100 fr. en impôt sur le tabac,- que 120 francs en impôt sur le sucre, etc. La plupart de ces chiffres devraient être doublés, et nous croyons qu'il y a nombre de personnes en France, ayant de gros revenus, qui en laissent, bon an mal an, le cinquième, parfois même le quart, entre les mains du fisc sous toutes ses formes.
Nous n^avons pas tenu compte de certaines surcharges venant indirectement retomber sur le budget des hommes en proportion de leur fortune. Ainsi, les patentes ne figurent pas dans le tableau qui précède; et, cependant, il est certain que l'homme riche supporte, proportionnellement à sa consommation, la patente du boucher, de l'épicier, du tapissier, du marchand de cfaevai&x, des commerçants en gros et des commerçants en détail