‹ Traité de la science des finances (volume 2)Chapitre 21 sur 111 · OBJET ET PLAN DE CET OUVRAGE · texte numérisé non relu

OBJET ET PLAN DE CET OUVRAGE

Définition de la sdence des finances. — Influence dn développement de la dTilisation sur les dépenses publiques. — Croissance continue des dépenses nationales dans U plupart des pays. ^ Exemples de la France et de TAngleterre. — Principales causes de cette augmentation des dépenses.

Une des principales difficultés pour celui qui entreprend de faire un traité des finances, c*est de savoir se borner. On peut à Toccasion de ce sujet aborder les questions les plus diverses et les plus étendues. Pour nous qui n*avons pas seulement écrit ce livre, mais qui Favons pour ainsi dire parlé, puisqu*il est sorti presque achevé de cinq années d'enseignement public, nous nous sommes surtout proposé de le rendre clair et précis. La pensée qui nous a guidé r est celle qu'exprimait Golbert en disant : « Il faut rendre la ma- I tière des finances si simple qu'elle puisse 6tre facilement entendue / par toutes sortes de personnes. » Cette nécessité et ce devoir sont! encore plus impérieux de nos jours qu'autrefois, puisque la direc- \ tion des finances publiques est dans les mains de tout le monde, d'une manière indirecte dans les mains des 9 ou 10 millions d'électeurs, et d*une manière directe dans celles des 7 ou 800 députés ou sénateurs, des 3 ou 4,000 conseillers généraux, des 300,000 ou 250,000 conseillers municipaux de France.

Loin de chercher à étendre le domaine des finances, nous avons désiré le circonscrire dans des limites bien nettes. Une bonne définition épargne bien des embarras et des perplexités. Voici ce que nous

entendons par la science des finances : C'est la science des revenus publics et de la mise en œuvre de ces revenus. Les revenus publics sont la substance môme des finances ; les règles pour la gestion des deniers, les procédés d'emprunt, d'amortissement, etc., en sont la mise en œuvre et constituent ce que nous pourrions appeler la . partie extérieure des finances.

En donnant cette définition, nous nous séparons notamment des savants allemands qui ont écrit, d'ailleurs avec tant de soin et d'érudition, sur la science des finances. Nous avons sous les yeux, en traçant ces lignes, trois de leurs publications les plus importantes : Grundsàtze der Finanxwissenschaft (Principes de la science des finan*

• ces) de Rau (4* édition, 1859) ; Lehrbuch der Fihanzwissemchaft (Le- > çohs de la science de,s finances) par le inôme, Inais considérablement

• remanié on plutôt presque entièrement refait par le docteur Adolphe Wagner, professeur à l'Université de Berlin (1872); enfin Lehrbuch van Finanzwissenschafit du docteur Lorenz von Stein, professeur à

« l'Université de Vienne (1871).

Notre plan n'est pas le même que celui de ces trois ouvrages : il

' est moins vaste. Les trois écrivains allemands commencent par s'étendre assez longuement sur l'essence de l'État, sur ses attributions et sur les dépenses qui en découlent. Le docteur Rau ne consacre dans sa quatrième édition que cent pages à cet ordre de

• considérations ; le docteur Lorenz de Stein n'est pas sur ce point plus prolixe; mais le docteur Wagner y emploie cent quatre-vingt-dixhuit pages : il étudie mînufieusement toutes les dépenses et donne son avis sur chacune d'elles. Nous n'avons pas cru devoir entrer dans cet ordre d'études. Certes il nous eût été aisé aussi de disserter sur les attributions essentielles et les attributions secondaires de l'État, sur les fonctions dont il doit se charger et sur celles qu'il doit abandonner aux citoyens et aux associations libres. Mais ce genre

• de recherches n'appartient pas selon nous à la science des finances;

'- il est du ressort de l'économie politique pure ou même de la politique : il faut savoir respecter les frontières qui séparent les diverses catégories de connaissances humaines. Un État a des besoins : U •ne s'agit pas pour nous en ce moment de savoir quels ils sont et quels ils doivent être, mais comment il les peut satisfaire le plus amplement possible avec le minimum de dommages et de sacrifices pour les particuliers. Si vous faites venir un architecte pour voua construire une maison, ce n'est pas son affaire de s'enquérir si cette

- construction est trop vaste pour votre fortune ou pour votre situa* 4ion sociale ; ce qui le concerne, c'est de faire cette maison aussi solide, aussi commode, aussi belle que possible avec le minimum de:

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