‹ Traité de la science des finances (volume 2)Chapitre 35 sur 111 · DB L*ALIÉNATION DES DOMAINES DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

DB L*ALIÉNATION DES DOMAINES DE L'ÉTAT

même cession une étendue de 114,000 hectares de biens domaniaux. Toutes ces aliénations par grandes masses sont généralement de mauvaises affaires.

Nous avons emprunté les renseignements précédents au livre du docteur Rau ; cet ouvrage est antérieur à la grande expérience qui fut faite en Italie pour la vente des biens ecclésiastiques. Une publiacation du ministère des finances de ce pays (1) donne des informations précieuses sur cette série d'opérations qui vient à peine d'être' tei-minée.

Du 26 octobre 1867 au 31 décembre 1876 le gouvernement italien a vendu pour 517,548,000 francs de biens ecclésiastiques {ùeni immo^ Hit provenienti dall'Asse ecclesîastico); la. presque totalité de ces biens (503,638,000 francs) avait été aliénée à la suite d*encbères ; une quinzaine de millions de francs seulement représentaient le produit des ventes de gré à gré. En moyenne les mises à prix avaient été dépassées de plus de 29 p. 100.

Les ventes s'étaient faites par très petits lots ; ces lots étaient au nombre de 116,291, et le prix moyen d'adjudication de chacun d'eux ne s'élevait qu'à 4,320 francs. La superficie de tous ces biens aliénés^ était de 501,437 hectares, soit 4 hectares 46 ares par lot en moyenne ; le prix moyen de l'hectare ressortait à 985 francs ; mais, en réalité, le prix de l'hectare rural était notablement plus bas, car parmi tousces immeubles il y en avait un assez grand noihbre d'urbains.

Ce chiffre moyen de 985 francs par hectare, surtout si on le réduit en proportion des biens urbains vendus, parait assez médiocre ; mais beaucoup de ces propriétés ecclésiastiques étaient situées dans le sud du royaume ou même en Sardaigne et en Sicile, c'est-à-dire dans^ des contrées oii la terre a peu de valeur. Dans le nord et le centre les prix d'adjudication étaient assez satisfaisants. Les chiffres moyens extrêmes sont ceux de 5,455 francs par hectare dans le district de- Naples, 6,140 dans celui de Trapani, 4,280 dans celui de Palerme, et, d'autre part, les prix de 345 francs par hectare dans le district de Sondrio et de 230 dans celui de Grosseto. L'on a soin de nous avertir que les lots vendus dans les trois premières provinces que nousavons citées comprenaient beaucoup de constructions urbaines. Dans les provinces du Nord et du Centre les chiffres varient eu* moyenne entre 1,500 et 3,000 francs par hectare.

L'aliénation de plus de 501,000 hectares de terres, valant 517 mil» lions de francs, est un fait d'autant plus remarquable qu'il a suffi d'un petit nombre d'années pour Taccomplir. Ce qui l'explique,

(1) Staiisiica finaniiaria dellèlB, protpetti e tavole grafiché. Rome, 1S77.

S8 TRAITÉ DE LK SGIBNGB DBS FINANCES.

c*est précisément la grande proportion des biens urbains et le morccllemsntdes lots. Voici comment se répartit le produit:

En 1867 il a été venda potir 57 millions de francs.

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