‹ Traité de la science des financesChapitre 32 sur 93 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

DBS TRÉSORS MÉTILLIQIIBS KT DBS RÉSBRVBt KOBILlàlBS DBS AtATS,

L'accumulation de trésors de guerre était un fait habituel dans l'antiquité. — Es France quelques rois, notailiment Henri IV, amassent des trésors de ce genre. ~ Énorme importance des réserres métalliques de la Prusse sous Frédéric-Guillaume 1*' et sous Frédéric II. — Dos trésors de guerre constitués sous la forrn» de taleurs mobilières appartenant aux États. — Exemple de la Prusse. — Argument pour et contre la formation de ces réserres soit métalliques soit mobilières. ~ Inconvénients économiques et constitutionnels qu'elles présentent. — Utilité de-

. ces réserres, pour le cas de guerre soudaine.

Nous avons dit qu'une des raisons qui portent les États à emprunter, c'est Tabsence d'épargne ou de réserves mobilières où ils puissent puiser dans les cas de grande nécessité nationale et surtout lors d'une déclaration de guerre. Autrefois tous les souverains prévoyants et guerriers avaient soin d'accumuler un trésor. Cette pratique, gêné* ralement abandonnée dans l'Europe moderne, a été maintenue et récemment agrandie par un des États les mieux organisés du continent, l'Allemagne. 11 n*est donc pas sans intérêt de nous arrêter quelque temps à ce sujet et de rechercher quels sont dans le temps actuel les inconvénients et les avantages de la thésaurisation et des placements mobiliers par l'État.

Combien cet usage était général dans l'antiquité, quelques exemples^ le montreront. Les Athéniens, disent leurs historiens, amassèrent 10,000 talents dans l'intervalle entre les guerres persiques et la guerre du Péloponèse. 11 paraît que les Lacédémoniens firent de même. Quand Alexandre s'empara de Suze et d'Ëcbatane, uu grand trésor, qui avait commencé à être accumulé sous Cyrus, tomba entre ses mains. Dans les premiers temps de Rome une recette de la République, Vaurum vicesimariurriy la taxe du vingtième sur raffranchissement des esclaves, était amassée dans le temple de Saturne avec d'autres sommes prises sur les États vaincus pour former un trésor sacré. L'histoire dit que Pompée, en quittant l'Italie, eut l'imprudence de laisser derrière lui le trésor public qui tomba aux mains de César. Dans des temps postérieurs, Auguste, Tibère, Yespasien et les empereurs les plus intelligents avaient l'habitude de constituer un trésor. Les rois de Macédoine avaient également une épargne qui

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