GÉNÉRALITÉS
ordre légitime et chronologie] né , et quelle empêche ainsi les ignorances superbes d’inventer pompeusement des choses qui ont déjà été inventées, appréciées ou classées quelque mille ans avant elles.
Les principaux auteurs qui ont écrit sur 1 histoire de la médecine sont : au xvie siècle, Prosper Alpin à Venise; au xvile siècle, Bartholin à Copenhague, Leclère à Genève , Freind à Croton , Schulze à Halle; au xyiue siècle, Lorry à Crosne, Eloy à Mons, Choulant à Dresde, puis Mahon , Black, Sprengel; enfin, au xi.\c siècle, Broussais, Gasté et Renouard à Paris, Bompard à Avignon, et KülinhoJtz à Montpellier.
L histoire de la médecine a été professée à Paris par Lassus, Leclerc, Thouret, Cabanis, P. Sue, Moreau de la Sarthe et Casimir Broussais; à Montpellier par MM. Ménard et Kühnholtz.
On peut diviser l'histoire de la médecine en trois grandes époques. On entend par époque un espace de temps empreint d’un caractère général, commun soit aux mouvements ou aux efforts intellectuels, soit aux systèmes qui ont pris naissance pendant cet espace de temps. La première époque de la médecine est celle des temps fabuleux et ténébreux; elle s’étend depuis l’origine de la médecine jusqu à Hippocrate. La seconde époque est celle des temps de fondation; elle a vu naître la science; elle a commencé avec Hippocrate et elle a fini à la création de l’école de Montpellier. Enfin, la troisième époque est celle des temps de luttes et de perfectionnement. Elle date delà création de l’école de Montpellier, et elle s’étend jusqu’à nous. Ces trois époques nous montrent l’esprit humain travaillant constamment et graduellement sur lui-méme; elles correspondent exactement aux trois âges de la vie, aux temps de l’enfance, de la jeunesse et de la maturité.
La médecine a commencé, comme toutes choses commencent, par des essais, par des ébauches et des tâtonnements. Des parents, des amis, des voisins répondirent au premier cri du premier homme souffrant, et la médecine sortit ainsi du cœur de 1 homme ; et il y eut ainsi des guérisseurs ou des médecins avant mêmequ il y eut une médecine: l'instinct et le hasard firent la première éducation de ces premiers apôtres de la nature. Par suite de ces conditions inévitables, il n’y eut, dans les premiers temps de la médecine, ni observation raisonnée, ni expérience, ni critique, ni science, mais seulement un grossier empirisme. Les prêtres et les philosophes s’efforcèrent Bien de créer des théories médicales;
UÉSUMÉ de l’histoihk de la médecine.
mais ils ne furent point écoutés: on aima mieux tout rapporter aux miracles, à la colère des dieux, aux prodiges, aux enchantements, et plein de ces idées, on ajouta foi aux purifications, aux ablutions, aux exorcismes, aux amulettes, aux jugements par les épreuves du feu et de l’eau.
Les Égyptiens croyaient à la prédestination ; cependant, malgré leur fatalisme, ils cultivaient les sciences avec ardeur, et, dans des temps fort anciens, ils avaient déjà des notions assez étendues en botanique. Ils adoraient Osiris, dieu de l’agriculture et delà médecine; Isis, sœur et femme d’Osiris; Apollon, filsd’Isis; Apis, maître d’Esculape ; Sérapis ; Esculape, dont le nom exprime la douceur, la pratique de la bienfaisance et de la charité; et enfin Hermès (appelé aussi par les Grecs, Mercure Trismégiste), qui composa un livre qui porte son nom et qui renferme toutes les règles auxquelles les prétres-médecins étaient obligés de se conformer sous peine de mort. Chacune des divinités invoquées par les Égyptiens avait son temple, et, passez-nous l’expression, sa spécialité, comme on dit surabondamment aujourd’hui! Ainsi Apollon, qu’on appelait aussi Orus, expliquait les signes des maladies; Isis indiquait en songe des remèdes héroïques pour les enfants. Toutefois les Égyptiens ne se bornaient pas à la pratique des enchantements, mais ils savaient tirer parti des ressources de l’hygiène. Ils recommandaient les lotions, les bains et la propreté en général, et ils défendaient expressément l’usage de certaines viandes.
Moïse et Salomon furent les deux grands maîtres des Juifs. Moïse avait des connaissances très étendues en médecine, en histoire naturelle et surtout en hygiène. Il les tenait , dit-on , des prêtres égyptiens. Il a donné une assez bonne description de la lèpre et des dartres. Il ordonna la séquestration et la purification des lépreux. Salomon est l’auteur d’un formulaire qui renfermait une longue liste de moyens et de remèdes naturels. Ce formulaire fut déposé pendant longtemps dans le temple de Jérusalem où on allait le consulter dans les cas difficiles. Mais les livres ont aussi leur destinée, liaient sua fala libclli : le formulaire de Salomon fut brûlé parËzéchius, roi de Judée. Les prêtres juifs, les esséniens, les thérapeutes et les rabbins ne se découragèrent pas. Ils composèrent de nouveaux livres, et ils établirent plus tard une universalité à Sorti, en Asie.
Chez les Indiens, la médecine était entièrement livrée aux