VITALISME HIPPOCRATIQUE DE PINEL
Pinel appartient à l’histoire par son génie éminemment philosophique, par la profondeur de son esprit observateur et par son magnifique talent d’écrivain. Pendant vingt ans il a rempli le monde de ses productions scientifiques et il a été le chef de 1 école médicale française. Pinel a entrepris la tâche difficile de régénérei la médecine antique et de lui imprimer une trempe nouvelle. Il £ essayé de lui appliquer une méthode d’enseignement analogue i celle des autres sciences , et il a eu pour but principal, selon se; propres expressions , de présenter les descriptions puremen historiques du cours entier des maladies et les notions abstraite; de la pathologie générale. On trouve toutes les idées médicale; de Pinel dans sa nosographie philosophique, belle et grande com position scientifique qui a obtenu six éditions, et qui, pendant ur demi-siècle , a servi de guide aux élèves et de code médical ; l’Europe savante. Pinel a fixé l’attention des esprits sur l utiliti de l’observation et de l’expérience ; il a préconisé l’analyse philo sophique des phénomènes morbides, et démontré la nécessité d< revenir, dans l’intérêt de la science, à l’exactitude et à la sévérit du style aphoristique trop négligé en France surtout. Ilarevivifi les principes de la doctrine hippocratique, remis de l’ordre dan le chaos de la pyrétologie et admirablement tracé ( histoire de phlegmasies après les avoir méthodiquement classées ; il a dé montré l’analogie qui existe entre les inflammations et les hémoi rhagies, et il a localisé une partie des fièvres tout en respectant 1 doctrine des fièvres essentielles générales ou primitives. Enfin, i a parlé le premier de la distinction qu’il fallait faire entre le divers tissus, question capitale dont Bichat a su tirer plus tard u si grand parti.
Pinel est un des médecins qui ont le plus contribué à affranchi la thérapeutique des théories chimiques qui l’encombraient et qi arrêtaient ses progrès par une espèce de superfétation. Pint connaissait toute 1 utilité de 1 expectation dans les maladies; savait que c est moins de 1 action des remèdes que d’une méthod éclairée (pie l’on doit espérer la guérison des maladies, et il r£ commandait surtout de donner une bonne direction au régime
temps de lutte et de perfectionnement. 245
persuadé que dans une foule de cas les moyens hygiéniques et diététiques sont bien préférables aux agents pharmaceutiques.
Pinel s’est constamment opposé à l’abus incroyable que Ion faisait des purgatifs et des saignées en démontrant combien ces moyens , excellents dans quelques circonstances , pouvaient devenir dangereux dans des mains audacieuses ou malhabiles. Malheureusement Pinel, qui avait déjà trop accordé à l’école anatomique, se laissa bientôt déborder par elle, et il servit malgré lui la cause exagérée de l’anatomie pathologique dont les procédés d investigation et les méthodes ont si promptement envahi la pathologie et altéré la thérapeutique. Néanmoins , malgré ces défauts, on peut dire que c’est de l’école de Pinel que sont sortis les meilleurs médecins de Paris, et presque tous ceux qui, de concert avec les médecins de l’école de Montpellier, soutiennent encore avec honneur la gloire de la médecine française.