‹ Traité de la science médicaleChapitre 6 sur 106 · K LA CONSTITUTION DIS LA MÉDECINE · texte numérisé non relu

K LA CONSTITUTION DIS LA MÉDECINE

le principe de la médecine; sa méthode consiste à discipliner, ;\ coordonner tous les faits à la faveur de cet axiome; à baser ses vérités sur l’observation, l’expérience et le raisonnement; à rattacher les découvertes nouvelles aux traditions du passé; à chercher les causes au delà des faits; à chercher les lois au delà des phénomènes; à généraliser ces faits, ces phénomènes et ces lois, et enfin à formuler définitivement leurs principes dans une large synthèse, qui est la science médicale proprement dite. Ceci nous amène naturellement à compléter la question du vitalisme hippocratique que nous n’avons fait qu’ébaucher dans un des chapitres précédents.

Le vitalisme hippocratique est la doctrine médicale qui a pour point de départ, pour appui et pour lien de ses principes et de ses règles, le grand phénomène de la vie dominant toutes les propriétés générales de l’organisme, c’est-à-dire le fait primordial et fondamental de la force vitale enchaînant comme une loi tous les états et tous les actes de l’organisme ainsi que les mouvements variés qui dépendent de ces actes. C’est la philosophie des causes finales appliquée à la médecine et s’appuyant sur ses bases naturelles; c’est la haute raison de l’esprit humain formulant les lois de la science de l'homme, dont le mot d’ordre est nature. Enfin, c’est l’œuvre de l’observation et du temps fondée sur la connaissance des choses médicales et de leurs rapports ; c’est la science des anciens siècles fécondée par le nôtre.

Le vitalisme est à la fois un véritable système et un système vrai. C’est un véritable système, car il repose sur un fait primordial qui en domine tous les détails; c’est un système vrai, car il explique avec clarté et simplicité tous les phénomènes physiologiques et pathologiques, et la vérité systématique en tout genre n’est jamais que l’unité embrassant l’universalité des faits dont cette science est le produit coordonné et généralisé.

Le vitalisme a pris naissance le jour où l’on a constaté au sein de notre organisme vivant, au dedans de nous, une force qui, si elle n’est la vie elle-même, en maintient du moins et en répare les principes; une force qui se soulève contre tout ce qui trouble les fonctions de l’économie animale, et ne cesse son ouvrage de médication qu’autant (pie tout est complètement rentré dans l’ordre. On a donné à cette force le nom de nature, et le dogme fondamental de la médecine a été établi et expérimentalement formulé du moment que le génie d’Hippocrate a établi, pour la

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]ec0n de ions les siècles, fine tout, dans la science de l’homme comme dans la pratique de la médecine, consiste à observer attentivement les mouvements de la nature intérieure ou providentielle, à calculer ses forces, a prévoir ses efforts et la puissance de son activité, ù savoir enfin qu il y a par toute l’économie animale une force cjui, purement conservatrice et formatrice, tant qu’elle ne préside qu’à l’harmonie et à 1 entretien des corps organisés qu’elle-même a formés, devient essentiellement et efficacement médicatrice aussitôt qu’une cause offensive ou destructive vient à troubler soit l’état des solides ou des liquides , soit l’équilibre des fonctions, le Créateur ayant voulu, en formant l'homme, lui assurer la faculté de résister, dans certaines limites, à tout ce qui peut porter atteinte à sa conservation et à son existence.

Or cette nature est si puissante, que les médecins trouvent tous les jours dans l’activité de ses efforts, des ressources qu’ils ne sauraient ni prévoir ni procurer, ce qui explique jusqu à un certain point comment Stahl et ses sectateurs ont été entraînés à considérer cette faculté de la nature comme une faculté de notre âme, toujours en exercice pour la conservation de la santé et la guérison des maladies.

C’est la nature qui opère toutes les guérisons, voilà le dogme essentiel et fondamental du vitalisme. Voilà l’idée principe dont l’explication renferme' toutes les explications, comme le germe contient la plante, comme l’œuf renferme l’animal tout entier. C’est du point de vue de ce principe qu’on doit examiner tout système qui a la prétention d’être nouveau. C'est l'esprit de ce principe qui doit servir de critérium pour juger les doctrines rivales; nous avons en lui le fil d’Ariane qui doit nous conduire dans le labyrinthe des sciences médicales. C’est sur lui que repose le vitalisme. Or le vitalisme apparaît au fond des systèmes les plus différents et les plus opposés en apparence, parce qu’il est partout la vérité même qui se mêle à tout. Nul parmi nous ne saurait ignorer ce principe fondamental et ses conséquences, sans encourir la disgrâce de ne mériter aucune estime ni aucun crédit. Le vitalisme, bien jugé, est le rocher contre lequel viennent se briser tous les systèmes, tous les essais scientifiques. Il renferme la seule doctr ine que les gens de sens et de goût puissent admettre et respecter. Ces vérités une fois reconnues, ne faisons pas des préceptes de la philosophie médicale, ce que tant de gens

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