‹ Traité de la science médicaleChapitre 67 sur 106 · DE LA SCIENCE EN GÉNÉRAL, DE LA SCIENCE .MÉDICALE ET DE L’ART MÉDICAL · texte numérisé non relu

DE LA SCIENCE EN GÉNÉRAL, DE LA SCIENCE .MÉDICALE ET DE L’ART MÉDICAL

Tout le monde demeure d’accord qu’il est important d’avoir dans l’esprit plusieurs axiomes ou principes qui, étant clairs et indubitables, puissent nous servir de ba^e pour conuaîtie les choses ; ce; principes sont les fondements et la lumière des sciences. ^Condillac.)

Le mot science vient du latin scienlia, qui dérive de scire , savoir, être instruit. Il signifie notion certaine et évidente d’un ordre de choses acquises par la connaissance de la cause, qui domine comme principe cet ordre de choses. Lue science est une collection systématique de laits qui découlent d’un lait initial dont l’existence doit être logiquement et expérimentalement constatée. En d'autres termes, toute science repose sur la connaissance d’un fait de premier ordre , ou d’un principe Fondamental à l’aide duquel on systématise un certain nombre de vérités, soit contingentes, soit nécessaires, qui dérivent de ce principe, dont elles sont les conséquences rigoureuses. Un entend par principe un premier lait, un fait qui contient tous les autres, et au delà duquel la raison n’a plus ni prise, ni soutien, ni aliment. Tout principe est générateur, et cela doitétre, puisque c’est lui qui commence et qui domine toute la généralisation ; on a donc bien fait de le nommer principe, puisque principe et commencement sont synonymes. C'est à l’aide des principes qu’on arrive à la découverte des

choses: le principe est le levier de la vérité et le soutien de ses conséquences. Tout système repose sur un principe, et n’est en réalité cpie la disposition méthodique des divers éléments d’une science classés de manière à se soutenir mutuellement, et à s’expliquer les unes par les autres. Ainsi donc on nomme principes les vérités qui expliquent les autres vérités, et dans chaque science chacune de ces vérités se résout dans la vérité du premier fait ou du fait initial et absolu, ce qui revient à dire que chaque science a son principe. Il résulte de là: 1° qu’une science est découverte quand son principe est découvert 2° qu’nne science est laite quand on a formulé les conséquences de ce principe, et la loi qui les enchaîne. Ainsi, pour établir un système, il ne suffit pas d en connaître le principe ou le premier fait, mais il faut connaître encore tous les faits secondaires et la loi de leurs rapports. En résumé, une science bien faite n’est autre chose qu un système bien fait. Tout système se compose d’un principe et de conséquences, et les bons systèmes ne diffèrent des mauvais qu’en ce que ces derniers reposent sur des principes faux, ou sur des faits secondaires, qui par cela même qu’ils sont faux ou secondaires, ne constituent pas des principes.

Enfin, tout est système dans la nature, tout jusqu à 1 homme dont l’ordonnance est le prototype de tous les systèmes. Et cependant 1 homme n est qu un point dans I univers ! mais, comme l’a dit Pascal, l’univers ne comprend pas l’homme, tandis que l’homme comprend l’univers. Ainsi donc il faut d abord un principe pour établir une science; ce principe est indispensable, c est de lui que tout dépend : telle est la loi. En effet, passez en ie\ue toutes les sciences, et vous reconnaîtrez qu elles reposent toutes sur un principe qui a été délayé de la multiplicité et de la variété des faits propres à cette science, et que ce fait est réellement outre tous les faits le plus général et le plus élevé, en un mot le faitprincipe. Les mathématiques ont pour point de départ 1 unité algébrique, signe à la fois collectif et individuel qui est iucontcs tablement de toutes les formules la plus abrégée et la plus éten due. Puis de l’unité algébrique découlent comme de louis pi in cipes générateurs l’addition et la soustraction, qui so u les méthodes générales du calcul. De même, toute religion \ éi i ta a pour principe l’amour de Dieu et du prochain, et de I amour prochain et de l’amour de Dieu découlent la chai ite et I humi qui sont la source de toute morale. Dautie p u fa fa . oumi- J

]a loi est le principe vital, le soutien et le lien de toute société humaine régulièrement constituée, et de ce principe, l’obéissance passive, découle lu discipline qui est lu sauvegarde de toute société, et la loi suprême de tout pouvoir sagement et fortement organisé. Enfin, pour prendre des exemples dans le ressort même de nos études : sur quoi repose comme science toute la physique du momie, si ce n’est sur le fait-principe de la force électrique réglant ellemême par une loi éternelle tous les phénomènes de l'attraction ? Sur quoi repose toule la chimie, si ce n est sur la force chimique conduisant également tous les phénomènes de l’affinité? Enfin sur quoi reposeraient donc toute la physiologie, toute la pathologie, toute la médecine, si, fidèles aux préceptes d Hippocrate et de Barthez, nous ne rétablissions sur le fait-principe de la force vitale disciplinant par les lois de l’innervation tous les phénomènes de la sensibilité et de la contractilité, dont l’économie vivante est l’éternel théâtre ?

Tous ces exemples témoignent surabondamment de la nécessité des faits-principes, déjà démontrés par l’histoire de tous les temps qui nous répète que les premiers savants, chez tous les peuples, s’évertuèrent toujours à chercher les premiers moteurs ou les agents généraux ; c’est-à-dire les causes, les puissances ou les principes assez féconds pour expliquer les grands phénomènes de la nature, soit en partant de ces principes pour descendre aux phénomènes ou aux faits, soit en partant des phénomènes ou des faits pour remonter à ces principes. Voila l’origine et le secret de tous ces faux dieux inventés ou créés par l’impatience et l’ignorance de nos prédécesseurs si avides d’expliquer le mouvement des corps, les vicissitudes réglées des événements et la marche du monde. C’est ainsi que la philosophie a pris naissance! Elle a commencé du moment où l’on a généralisé les faits élémentaires en les rapportant tous au plus petit nombre de causes évidentes. Ainsi donc, en toute chose, l'homme, dont l’esprit est assez puissant pour classer les faits d’après leur ordre naturel de causalité, de succession et de coordination, est incontestablement le fondateur de la science, et s’il parvient à leur assigner une cause unique, il en a découvert le système. Socrate, Hippocrate, Newton, furent des esprits de cette forte trempe. Socrate a fondé les sciences morales sur le vrai principe de la sociabilité, sur l’amour du prochain et la charité; Hippocrate a établi les sciences médicales sur le principe de la nature formatrice, conservatrice et médicatrice;

enfin, Newton a créé les sciences physiques et chimiques sur le principe de 1 attraction et de l'affinité. Socrate, Hippocrate et Newton sont donc, à ce titre, les précepteurs du genre humain.

Toute science n existe réellement et complètement qu’autant que tous les détails qui la composent peuvent se rapporter au principe de cette science, et que de ce principe on peut redescendre à tous les détails; c’est-à-dire qu’autant qu’avec des termes convenus, précis et acceptés, on peut, comme en mathématique, dégager des inconnues, les saisir et les lier. Toutefois les termes convenus ne doivent être que les dérivés absolus d’un fait-principe expérimental résultant rigoureusement des opérations de l’analyse et en étant à la fois l’expression la plus vraie et la formule la plus abrégée. Il résulte de là que les sciences ne sout que des chaînes particulières formées de propositions identiques , appuyées successivement les unes sur les autres, et toutes ensemble sur une proposition fondamentale qui est l’expression et la formule d’une idée sensible et vraie pour tout le monde. Il en résulte encore qu’on doit les considérer comme des théories liant ensemble plusieurs faits et les rattachant tous de principe en principe jusqu’à un dernier principe qui est le régénérateur de tous les autres.

C’est donc sur la généralisation que reposent les sciences ? Et comme l’a dit Laplace avec une raison profonde: « Si 1 homme s’était borné à recueillir des faits, les sciences ne seraient encore qu’une nomenclature stérile, et jamais il n’eût connu les grandes lois de la nature; c’est en comparant les faits entre eux, en saisissan^leurs rapports, et en remontant ainsi à des phénomènes de plus en plus étendus, qu’il est enfin parvenu à découvrir ces lois toujours empreintes dans leurs effets les plus variés. » Mettons à profit le conseil et la leçon de Laplace. Partons, en médecine, d’un fait unique, du fait-principe général et fondamental, découvert par Hippocrate, et expliquons, à la faveur de ce principe, le mouvement vital et organique, ses différences , ses variétés, c’est-à-dire toutes les fonctions physiologiques et pathologiques, la vie, la santé, la maladie et la mort. En un mot, faisons, pmu le monde organique, ce que Ion a fait pour le monde inorganique, admettons 1 existence d une force vitale, comme on admet 1 existence d’une force électrique, et à la faveur de ce mot, foi ce vitale, qui désigne la cause inconnue de 1 innervation, cesl-à-diie d une foule de phénomènes connus, expliquons tous les phénomènes

que présente le corps vivant tant en santé qu’en maladie. Nous marcherons ainsi dans la bonne voie, dans la voie philosophique, car nous procéderons exactement comme les physiciens et les chirnist'es qui désignent sous le nom de force ou de puissance électrique, la force cpii se manifeste dans la nature par l'apparition d un ordre déterminé de phénomènes parfaitement calculables. Nous serons alors des savants au même titre que les physiciens, que les chimistes et les math'émaiiciens,qui ne suivent pas d’autre méthode; puis nous ferons ainsi de la science de l’homme une science exacte, et nous arriverons à cette certitude médicale qui a été trop souvent un objet de doute et de raillerie pour les gens du monde, et un sujet d’inquiétudes pour les familles.

Une science établie d’après les vues que nous venons d’exposer serait, en toute vérité, la liaison philosophique et la raison des faits : elle serait, selon l’expression de Montaigne, l’ensemble coordonné des choses liantes et basses, premières, dernières et moyennes, qui appartiennent à tel ou tel ordre de connaissances humaines. Et tel est en définitive le propre de la science, car elle n’a pas pour but, comme on l’a dit à tort, lexplication raisonnée de faits, mais la coordination des faits-principes, afin de leur rendre leur application plus facile et leurs vérités plus simples et plus accessibles. Et vraiment, ce serait une singulière philosophie que celle qui n’aurait d’autre prétention ou d autre résultat que d’énumérer arithmétiquement les faits, sans se mettre en peine de leslier entre eux. Une pareille méthode n’aboutirait qu’à des' ébauches*; car, sans la f^énéraJiÿatrM, les'}.#î>s belles observations demeurent éternellement stériles, et l'expérience elle-n léme, si pleine d'enseignemeui , ne fournit jamais que des inductions vagues, que des probabilités sans conséquences, que des excentricités ruineuses. M. le professeur Requin l’a dit avec raison dans son exellent Traité de pathologie médicale: « La science ne liait qu’avec la généralisation des faits particuliers. Il faut comparer ces faits entre eux; il faut rapprocher les faits analogues, en abstraire ce qu’ils ont de commun et de fixe au milieu de la variabilité des circonstances accessoires, et par là poser un principe, un aphorisme, ou comme on aime à le dire aujourd’hui, un fait général. Voilà véritablement l’œuvre scientifique; voilà comment procèdent les grands observateurs, les Hippocrate, les Sydenham, lesCorvisart, les Morgagni, les Laënnec. Mais, à côté delà générali-

: sation légitime et sage qui s’appuie sur des faits nombreux et qui ne 1$ élève pas plus haut que la nature de ces faits ne le comporte, i ne laissons pas se glisser I assertion aventureuse qui, sur le concours fortuit d'un petit nombre de cas semblables, érige en règle 1 exception ; ne laissons pas prendre pied à l usurpation de 1 esprit de système qui ne s’empare d’un fait vrai, mais vrai seulement dans de certaines limites, que pour le généraliser outre mesure et leconvertirainsi en erreur; ne laissons approcher l’hypothèse qu’à condition de l’accepter pour ce qu’elle vaut et non pour une vérité démontrée. » Si maintenant nous reportons nos regards sur la médecine, nous reconnaîtrons qu elle réunit toutes les conditions d une science, et que, loin de former exclusivement une pratique comme quelques uns le soutiennent, elle constitue au contraire une science véritable, savoir : la science des faits vitaux et de leurs rapports. En effet, elle est basée sur l’observation, appuyée sur l expérience, sanctionnée par le raisonnement, et, de plus, ses principes se rapportent tous à un lien commun, à une cause de premier ordre, c’est-à-dire au fait-principe de la force vitale expérimentalement élevé aux proportions imposantes d’un lait initial ou générateur.

Il importe beaucoup de ne pas confondre la science médicale avec l’art médical. Car, si l’art médical n’est que la science sagement appliquée, et si l’on peut à la rigueur, sans la science médicale, imiter quelques uns des procédés de la nature, ou ne saurait du moins jamais acquérir sans elle une grande habileté dans la pratique, par cette raison qu elle est la lumière des rapports et la source de toutes les vérités physiologiques, pathologiques et thérapeutiques. D’autre part, s d est constant que la science médicale existe indépendamment de I art médical, il n est pas moins bien établi que la connaissance de I ai t est indispensable au médecin, et même que le médecin n est réellement praticien ou guérisseur qu’aulant qu il est initié aux procédés de l’art et aux cl i I fieu 1 tés de ses règles. ISous en tirons cette conséquence qu’il faut que le médecin se livre avec une ardeur soutenue d’abord à l’étude des principes, des méthodes, des indications et des lois delà médecine, c’est-à-dire à l’étude de la science médicale, et ensuite à l’étude des règles par lesquelles la pratique est dirigée, c’est-à-dire à l’étude de l’art médical.

Qu’est-ce qu’un art? Tout art consiste dans l’application méthodique et raisonnée des principes généraux établis par la

332 PIll NCIPES généraux de la science médicale. science qui domine les faits propres à cet art. En d’autres termes, un art n’est autre chose qu'une science appliquée.

A ce titre, lamédecine, cj ni est une science, est aussi un art :c’est l’art de guérir ou de traiter les maladies; c’est la connaissance des règles, des procédés , des moyens et des remèdes, dont l’application opportune peut le mieux écarter les difficultés ou les obstacles que la nature rencontre dans son zèle ou dans ses efforts à combattre les causes morbifiques ou les désordres occasionnés par elles. Cet ai t est fort délicat, fort étendu et très compliqué; il exige mille connaissances diverses, et par-dessus tout la connaissance parfaite de la pathologie , qui est pour nous 1 histoire naturelle de l’homme malade , c’est-à-dire la science de ( organisme réagissant en vertu de ses lois de conservation et de médication. L’art médical exige nécessairement , pour atteindre le but et la fin qu’il se propose : 1° la connaissance de la matière médicale, qui estla science des propriétés des choses médicinales ou médicamenteuses; 2° la connaissance de la botanique, de la pharmacie et de la chimie, qui enseignent l’art de choisir, de récolter, de préparer et de combiner les médicaments; 3° la conuaissance de la posologie, qui donne des préceptes et des règles pour doser les médicaments ; enfin , la connaissance de la thérapeutique générale qui domine elle-même toutes ces connaissances , et qui est tout ensemble la science des principes, des indications, de l’opportunité et l’art de diriger les forces et les ressources de la vie. INous devons aussi faire observer que tout art qui n’est pas rigoureusement le produit d’une science appliquée est un art sans principe, ou pour mieux dire une routine, de mémeque toute connaissance qui n’est pas susceptible d’étre théorisée n’est pas une science, mais simplement une fiction, une utopie. En résumé, l’art médical en action , c’est l’habileté du médecin essayant d imiter ou de continuer l’œuvre de la nature, cherchant elle-même, suivant les circonstances et les conditions fortuites, à combattre les causes morbifiques et à réparer le mal occasionné par elles ; œuvre admirable à laquelle se rattachent en dernier ressort, et comme à leur fin , la plupart des phénomènes qui caractérisent l'état morbide.

Voilà l’art médical : c’est ainsi que l’ont compris les plus grands maîtres, Hippocrate, Galien, Slahl , Hoffmann, Zimmermann, Boerhaave; et c’est en adoptant leurs vues , qu’on peut hardiment soutenir cette proposition fondamentale , que la raison des siècles

a déjà sanctionnée et reconnaîtra toujours, savoir: que la vraie médecine est celle qui, étant fondéesur la connaissance de la force médicatrice de la nature, respecte toujours dans ce qu elle entreprend 1 importante loi de la vie et la spontanéité de ses actes; que la vraie médecine ne se regarde pas comme l’agent absolu de la guérison, mais seulement comme 1 instrument de la puissance vitale s exerçant par des lois qui lui sont propres. Voi'à le seul art véritable; il a pour bases les lois éternelles de la nature , et il est en quelque sorte l’ordre de Dieu lui-même. Quant au but qu’il se propose, quant aux limites qui lui appartiennent, voici ce qu’en a dit un des plus célèbres médecins de l’Allemagne , Hufeland : » Quelquefois, en éloignant la cause existante , l’art peut faire cesser la maladie et rendre inutile la médication interne : ainsi en enlevant un corps étranger, en débarrassant l’économie d’un principe vénéneux ou d’une trop grande accumulation de matière gastrique. Les forces de la nature sont quelquefois si exaltées et si impétueuses, qu’elles peuvent nuire à la guérison ou léser de nobles organes ; l’art intervient, et en les réduisant au degré d’action nécessaire , il prévient des accidents dangereux et opère même quelquefois la guérison de la maladie. La nature peut manquer de forces suffisantes pour opérer le travail médicpteur, l’art relève les forces du malade par des moyens sagement appropriés, et rend ainsi la guérison possible. L’art éloigne aussi les obstacles qui entraventla marche naturellede la guérison ; quelquefois il seconde la nature dans les combats qu elle livre à certaines affections. Enfin , il existe des principes morbides et des états particuliers qui résistent aux forces seules de la nature : ainsi le virus syphilitique , les lésions mécaniques. Ici ce n’est que 1 art qui peut guérir, ou en dirigeant ses médicaments contre le principe vénéneux, ou à l aide de moyens mécaniques et chimiques.»

Cette double question de la science et de 1 art ayant déjà été traitée par nous, avec les développements quelle exige, dans notre Traité (le philosophie médicale , aux articles intitules de la médecine- science et la médecine-art , articles auxquels nous renvoyons nos lecteurs, nous nous contenterons d ajouter ici que non seulement la théorie est indispensable au médecin qui veut exercer son art avec connaissance de cause, mais encore qu en lait de théories il y a des hypothèses qui, puisées dans un cei tain ordre de phénomènes et d’après certaines règles, peuvent elles-mêmes devenir d’un grand secours à 1 art médical en lui prêtant de la

ü:V| PfllNCII'KS OÉNÉIIAUX DE I.A SCIENCE MÉDICALE.

force, alors qu’il n’a plus pour appui que l'analogie et I inductiori. Assurément cette manière de généraliser par inspiration est excellente pour systématiser provisoirement une foule «l’aperçus <pii s’échapperaient de la mémoire. Cependant il faut en user avec une grande prudence et en ayant toujours présentes à l'esprit ces paroles de Zimmermann : « L'hypothèse ne peut être employée que comme une règle de fau se position, c’est-à-dire comme un moyen de recherche qui aura toujours besoin de vérification, ainsi qu’il arrive au lit du malade oit le médecin vérifié i par le traitement les suppositions qu’il est obligé de faire pour : entreprendre la cure rationnelle de l’affection. »

En résumé, les principes de la science médicale se composent de toutes les vérités apportées par les différentes branches de la médecine. Us en sont l’expression , la substance et l’esprit, et de leur application méthodique résulte l’art de guérir, autrement dit l’art médical. En conséquence , faire connaître les différentes branches de la médecine et développer les vérités qui dérivent du fait-principe, c’est véritablement enseigner les principes généraux de la médecine ; or c’est ce que nous allons essayer de faire. 2Sous adopterons pour cette exposition les grandes divisions établies par les auteurs, mais nous les disposerons autrement et nous les compléterons par des considérations de nature à éclairer l’asp; et et l’économie de leur constitution. Et d’abord qu’on le sache bien, l’anatomie, la physiologie, la chimie, la physique et la botanique font partie de la science médicale, mais elles ne la constituent j as ; ?lles lui servent seulement d’introduction et d’appui. lien est de même de la pharmacie , de la posologie, de la matière médicale et de la pharmacie, qui se relient à la science médicale , mais qui ne spécifient que l’art médical. Or, ce qui constitue ta science médicale, ce sont les sciences qui ont un rapport intime , direct, absolu, avec l'histoire générale des maladies ; ce sont les connaissances qui dérivent de cette histoire ou qui s v rattachent; ce sont, en un mot, les sciences qui ont pour objet spécial et essentiel ce qui a trait exclusivement à l’économie Souffrante' et réagissante, et ce qui caractérise les conditions , les phases et les indications de ce double état de l’organisme. Voilà l’ordre que nous suivrons dans l’exposition des différentes branches de la science médicale. D al>. rd,et à litre de prolégomènes, nous parlerons de la nature en général, de la nature médicatrice, de la fi ire vitale et de l’instinct; de la nature de 1 homme et de ses facultés ;j

de la nature médicatrice. 335

de la vie et des lois vitales. Mous traiteions ensuite de la patholofjie et de la nosologie générales ; de la nosologie ou de l’état morbide; de 1 étiologie, de la pathogénésie, de la symptomatologie, de la séméiologie; de l'action morbide et des affections considei ees a toit cornu e des maladies ; de 1 action médicatrice ; de la maladie, de la nomenclature des maladies ; de la nature, de l’essence et du siège des maladies; de la classification des maladies , de la mai ( lie natiu elle des maladies , de la terminaison des maladies; du diagnostic, du pronostic et de l’anatomie pathologique; de la thérapeutique et des lois vitales médicatrices.

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