‹ Traité de la science médicaleChapitre 84 sur 106 · DE LA MALADIE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

DE LA MALADIE PROPREMENT DITE

f Quæ fuciunt in homme suno acliones sanas, eadem in »gro inoibosas. >> (Hippocrate.)

Il n'y a pas de mot en médecine qui ait reçu plus d’acceptions différentes que le mot maladie; on en pourra juger par 1 énumération suivante : — Hippocrate a dit : La maladie est 1 état de 1 in-

commode ou l’incommodité; 1 homme est malade quand il ne peut pas exercer normalement ses fonctions naturelles et animales, et quand i! n’éprouve pas le bien-être, «ùacs'Wot. Selon Alcmæon, de Crotone, la maladie est le désordre des forces dont l'harmonie constitue lit santé. Selon Platon, c’est le désordre dont l'harmonie est indispensable. Pour Asclépiade, c est I anarchie des corpuscules invisibles. Selon Galien, c’est un état dans lequel les fonctions sont troublées. Selon Sylvius, cest une réaction des sels (?). Selon Sydenham, c’est un effort de la nature travaillant de tous ses movens et de toutes ses forces à 1 expulsion de la cause morbifique. « Morbus nihil aliud est, quam naturse conamen ma-

5à0 PRINCIPES GÉNÉRAUX UE LA SCIENCE MÉDICALE, teriæ morbificæ exterminationem in ægris salutern omni ope molientis. «Selon Ileil, c’est une manière d’être de l'organisme opérée par les causes morbifiques qui ont converti les opérations ordinaires en opérations anormales. Selon Gaubius, c’est l’état du corps vivant dans lequel il ne peut exercer, suivant les lois de la santé, les actions qui lui sont propres; ce sont les excès, les défauts et les changements quelconques des choses nécessaires au corps et à ses parties pour l’exercice régulier des fonctions; c’est le combat de la nature pour sa propre conservation. Selon Brown, c’est une lésion de l’irritabilité. Selon Pinel, la maladie doit être considérée non comme un tableau toujours mouvant, un assemblage incohérent d’affections renaissantes qu’il faut sans cesse combattre par des remèdes, mais comme un tout indivisible depuis son début jusqu’à sa terminaison, un ensemble régulier de symptômes caractéristiques et une succession de périodes avec une tendance de la nature le plus souvent favorable et quelquefois nuisible. Selon Broussais, toute maladie est une irritation, et cette irritation a toujours son siège dans l’estomac ou dans les intestins, et le plus souvent dans tous les deux à la fois. Selon Yirev, la maladie est le résultat de la puissance médicatrice ; c’est tantôt une réaction de nos organes vivants soulevés contre le mal ; c’est tantôt un désordre de mouvements ou un défaut d’équilibre aspirant à rentrer dans l’unité harmonique de la santé. Selon M. le professeur Chomel, la maladie est un changement notable soit dans la position ou ia structure des parties, soit dans l’exercice d’une ou de plusieurs fonctions relativement à la santé habituelle de l’individu. Selon M. Requin, dans le sens absolu , il y a maladie dès qu’il existe dans la structure du corps ou dans le jeu de ses fonctions une modification quelconque contraire à l’ordre normal, voilà le tzo.Qo; des anciens; dans un sens plus restreint, la maladie proprement dite est un état dans lequel une ou plusieurs fonctions subissent une altération notable relativement à la santé habituelle de l’individu; c’est là le vriacç de la médecine grecque. Selon Barthez , une maladie est une modification du principe vital; une sorte de fonction propre a l'état pathologique, qui, comme les fonctions de l'état physiologique, a un but et consiste dans un concours d’actions harmoniques régies par des lois primordiales. Celte fonction peut développer son énergie ou n’avoir pas lieu; elle peut prendre aussi une exagération et une prédominance fâcheuses qui dépassent le but ; alors elle embarrasse ou elle pervertit

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