UE LA MALADIE
dents ou dévolutions morbides; ils verront que cette puissance médicatrice discipline une foule de mouvements qui ont pour objet de coopérer a une même fin, à la guérison. En résumé, il est incontestable qu Hippocrate a élevé la médecine à la hauteur des sciences les plus exactes. C est lui qui, après avoir examiné, étudié, coordonné, compare, jugé, épuisé et classé tous les faits si nombreux et si divers de la médecine pratique, a dogmatiquement formulé cette grande vérité source de tant d’autres , savoir que le corps vivant est soumis à des lois particulières qui relèvent de la nature même de l’économie ; que ces lois sont très compliquées et qu’elles ont pour but la conservation, la guérison et la propagation de 1 individu ; c’est lui qui a signalé le premier 1 unité des forces de la vie, et donné le nom de nature à cette cause inconnue dans son essence, mais très saisissable par ses elfets, qui est la source et le lien de tous les mouvements organiques et vitaux ; qui est à la fois une et infiniment variée; qui fait participer tout le corps aux mêmes affections ; qui n’a qu’un but, qu'un effort, et qui lie l’organisme tout entier par une sorte de sympathie universelle. Ainsi donc, Hippocrate doit être regardé comme le véritable fondateur de la vraie médecine, car la médecine tout entière ressort évidemment du développement logique de ces dogmes principaux, qui contiennent tous les autres et dont l’axiome fondamental, natura morborxtm medicatrixy est réellement le principe et la fin.
Du reste, si vous voulez savoir jusqu a quel point le vitalisme s’infiltre dans les esprits, lisez dans la Gazette médicale ce que M. Jules Guérin a dit lui-même de la maladie.
« La maladie, dit ce savant médecin, c’est la fonction modifiée, pervertie, détournée de son but normal, mais continuant à être anL mée, impulsionnée parla force radicale qui anime et impulsionue la fonction normale, il n’y a de différence entre l’une et l’autre, que dans les causes secondaires, que dans les conditions intercurrentes qui viennent changer les produits définitifs. Ainsi, la fonction morbide ou maladie, n’est plus le résultat de la modification des altérations organiques, mais l’origine même, la condition génératrice de cette modification. Il n’est pas possible^ffe se dissimuler ce que cette doctrine a de grave et de contraire aux idées reçues; c’est le renversement des deux termes de la théorie actuelle ; c’est la cause mise à la place de l’effet, et réciproquement l’effet mis à la place de la cause. Qu’importe cependant si l’idée
546 PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA SCIENCE MÉDICALE, est vraie. » Plus loin, M. Guérin ajoute: « La pathologie n’élanti plus que la fonctionnalité modifiée, et la modification dans la fonction étant toujours corrélative à la modification imminente ou réalisée dans l’organe, la détermination de la maladie à l'endroit de son mode fonctionnel et organique, ne reposera donc plus sur une symptomatologie banale ou empirique, comme celle de l’inflammation ou de tout autre état morbide aussi vague, mais sur le rapport physiologique général et particulier de la modification fonctionnelle, avec la modification organique et sur le caractère de prédominance de l’une par rapport à l’autre. »
Nous ne pouvons qu’applaudir à ces propositions vraiment doctrinales qui sont le commentaire heureux et le développement logique des idées fécondes du célèbre Lamark.
Enfin, et pour conclure, car c’est toujours là que la médication et la discussion doivent aboutir, nous dirons qu'on ne saurait définir la maladie d’une manière absolue, attendu qu’une maladie n’est point un état simple, mais qu’on peut, en la détaillant et en faisant la part de ses éléments, caractériser chacun d eux et donner ainsi par déduction une assez bonne idée de l ensemble. C est ce que nous allons essayer de faire.
La maladie est* selon nous, un état anormal composé : 1° d’une affection morbide produite par une cause morbifique; 2° d une réaction ou d’un effort de la vie qui prend sa source dans la propriété qu’a l’organisme de résister à la mort et de lutter contre toutes les causes morbifiques. En d autres termes, une maladie c’est l’action médicatrice luttant avec énergie contre l’action morbide ; c'est un effort de la vie contre un effort de désordre ; c’est le combat de l’économie animale contre une cause morbifique qui porte atteinte à l’état de son mécanisme et à la régularité de ses fonctions. Telle est la définition, ou, pour mieux dire, la description analytique de la maladie. Ainsi donc, dans toute maladie, nous avons à étudier : 1° la cause morbifique ; 2° les effets produits par cette cause morbifique ou l’affeciion ; 3° la puissance vitale ou la nature île l’individu malade; 4° les modes d^êactiou ou de médication que cette puissance oppose à la caits^morbifique et aux effets produits par elle. Il en résulte que la médecine a pour objet la connaissance des agents extérieurs et du monde ambiant, et la connaissance de 1 homme et des rapports qu’il entretient avec ce qui l’entoure, c’est-à-dire la notion expérimentale des causes générales et des forces vitales*
dk La nom en cl at due des maladies. ô 4 ?
Eu résumé, la maladie est l’état le plus compliqué de l’état morbide dont les divers dey rés sont l’indisposition , l'affection et la maladie.