‹ Traité de la science médicaleChapitre 96 sur 106 · DE LA MAN1ÉHE D EXAMINEE LES MALADES · texte numérisé non relu

DE LA MAN1ÉHE D EXAMINEE LES MALADES

de vin administré avec précaution, ou d’un bain un peu chaud, il reconnaîtra facilement la nature du mal etl état du malade, et une fois éclairé sur celte double matière il pourra agir activement et avec connaissance de cause.

Telle est la méthode à suivre auprès des malades pour les examiner à fond ; nous la croyons la meilleure, parce quelle concilie les deux doctrines du vitalisme et de I organisme; parce quelle éclaire à la fois sur l’état des organes et des forces ; enfin, parce qu’elle participe des autres méthodes, etqu'elle les résume toutes. Nous ajouterons qu’il est indispensable d’examiner les malades plusieurs lois par jour et nous ferons remarquer que toutes les heures ne sont pas également favorables a 1 espèce d interrogatoire qu’on doit leur faire subir. N eut-on des renseignements sur l’état antérieur du malade? veut-on qu’il s’explique lui-même sur

sa position? Il faut venir le matin : c’est le temps de la rémission, c estl époque du jour où le malade est plus calme, moins inquiet, où il supporte plus facilement une conversation un peu longue. Veut-on, au contraire, juger la maladie dans toute sa foi ce, il laut revenir le soir au moment du paroxysme etde l’exacerbation: les phénomènes sont plus saillants, plus saisissants, et ils mettent à même de mieux caractériser 1 état de la maladie et du malade. Enfin, tant qu’on n est pas sùr de son fait, il faut suspendre son jugement, et surtout ne prescrire aucun remède énergique; telle est la loi dictée par la prudence; elle va plus loin; elle exige qu’on reste en garde contre soi-même jusqu à un nouvel examen , elle veut qu’on avoue même qu on n est pas suffisamment eclané, et, par conséquent, qu on attende avant d agir que de nouveaux événements viennent confirmer ou détruire un premier jugement. Et c’est ici, plus que jamais, le cas d appliquer le fameux adage . Etrave humanutn est , ambulave diabolicum. Eu elfet, en se piomenant volontairement dans son erreur, par pure présomption ou par entêtement, on ne manquerait pas de consommer la perte du malade, et c’est précisément ce que tout médecin consciencieux doit à. tout prix chercher à éviter. Du reste, c est dans ces cas difficiles, qu’un médecin consciencieux doit faire appelei un ou plu sieurs de ses confrères en consultation. Il peut alors échangei sea idées, les modifier et les mûrir, en quelque sorte, de toute 1 expérience de ses consultants qui, voyant le malade poui la piemière fois, éprouvent souvent une impression plus piolonde et plus vraie que le médecin ordinaire, dont 1 esprit et les sens sont nutu-

Tellement accoutumés à l’habitude extérieure du malade et à l'altération de sa physionomie; enfin, quand par les moyens que nous venons d indiquer, on a bien et dûment établi son diagnostic, on peut essayer de porter un pronostic.

Du pronostic.

Le pronostic, prœnotio, prœcognitio, est Je jugement qu’on porte par anticipation sur les changements qui doivent avoir lieu pendant le cours d une maladie, ainsi que sur la marche, la durée, 1 issue et les suites de cette maladie. Le pronostic a pour base la

recherche des événements ou des accidents probables des maladies.

fondée sur 1 appréciation des diverses circonstances, relatives les unes au malade, les autres à la maladie, circonstances ou conditions parmi lesquelles Ja connaissance de la cause morbifique et du traitement quon emploie (traitement moral, hygiénique, pharmaceutique ou chirurgical) ont incontestablement la plus grande part. Le pronostic repose sur l’observation et la connaissance dune série de mouvements et d’événements qui se lient et se mamfestentle plus souvent de la même manière et dans le meme ordre: c est à-dire que le pronostic n’est en réalité qu’une prudente conjecture appuyée simplement sur ce que Cabanis appelait une certitude de probabilité. Il y a des maladies dans lesquelles le praticien le plus éclairé ne saurait porter un pronostic certain ; il y en a d autres, dans lesquelles il a quelques chances de probabilité en faveur de telle ou telle terminaison; enfin, il y

en a quelques unes dans lesquelles il peut prédire l’issue de la maladie.

Pour établir un pronostic rationnel, il faut avoir égard : 1° aux conditions étiologiques individuelles, c’est-à-dire à l’âge, au sexe, au tempérament, aux idiosyncrasies, aux habitudes et aux maladies antérieures du sujet; 2° aux conditions étiologiques générales, a savoir : aux influences atmosphériques, météorologiques et topographiques ; 3° aux différents modes de traitement qui ont été employés; k aux modifications que le malade a éprouvées ou éprouve encore dans son état anatomique ou organique, et dans son état fonctionnel ou vital; 5° aux conditions hygiéniques ou

épidémiques ; 6 aux puissances et aux ressources de la nature et de l’art.

Un peut diviser tous les signes de maladies, en signes favorables et en signes fâcheux. Parmi les principaux signes favorables,

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