‹ Traité de la seconde dentition :Chapitre 7 sur 9 · O Y IDE · texte numérisé non relu

O Y IDE

On ne saurait donc trop recommander aux jeunes gens, les soins journaliers, il faut les y habituer de bonne heure , ils leur devront cette fraîcheur des gencives qui plaît tant. C’est par eux que les dents conserveront cette séduisante blancheur qu’on admire chez les autres , quand on se refuse à soi-même une parure si peu dispendieuse et qui sied à tout âge. Une brosse , dont la dureté doit être calculée sur la sensibilité relative des gencives, suffit ordinairement pour enlever le limon. Un peu de craie , de charbon , ou tout autre dentifrice innocent peuvent, de tems en tems, servir d'auxiliaires. Mais défiez-vous de ces poudres qui doivent leur célébrité à la crème de tartre ou à l’acide oxalique, qui ne blanchissent l’émail qu’en en détruisant une petite couche chaque fois qu’on y a recours. Ces dangereux mordans détruisent peu - à - peu le phosphate calcaire , base des dents ; ils mettent à nud la gélatine : de sorte que ces petits os, momentanément blanchis.

jaunissent bientôt , par cela même qu’on aura voulu les faire devenir brillans : enfin ils les rendent sensibles au moindre contact. J’ai vu ces effets être le résultat de l’usage trop frequent de poudres ou de liqueurs acidulés dans lesquelles quelques spéculateurs ne craignent pas même de faire entrer des acides minéraux , dont l’action perfide ne donne de l’éclat qu’en dévorant la partie la plus solide de la dent.

Du Tartre ou Calcul buccal ,

Le tartre, ou tuf, ou odonto-lithle est une matière calculaire qui s’amasse sur les dents.

L’analyse en a été Lite tant par nos chimistes français, que par les étrangers (i) ; mais chacune de celles qu’ils en ont données, diffère nécessairement, parce que le calcul buccal qu’ils ont analysé , a été recueilli sur des sujets de tempéramens difterens; ce dont ils paraissent n’avoir tenu aucun compte. Cependant cette substance pierreuse est loin d’être de même nature et de renfermer les mêmes principes dans tous les

(i) Voyez les Ouvrages de Fourcroi et Yauquelin , Bouillon-la-Grange , Thénard ; ceux de Pepys , Davy , Fox , etc.

individus ; ainsi le tartre noir et sec qui se trouve en petite quantité autour du collet des dents de ceux qui sont de constitution parfaite, se dissout diillcilemenl dans l’acide muriatique. Le tartre jaune et sec de ceux qu’on appelle bilieux s’y dissout beaucoup plus aisément, le tartre blanc et mou des muqueux est très peu soluble dans les acides : mais il l'est dans les afkalis. Celui-ci renferme une grande proportion de fibrine, et les autres beaucoup plus de bases terreuses. Des analyses exactes et comparatives des diverses espèces de calcul buccal sont donc à faire, et je ne doute pas qu’on ne trouve de grandes différences entr’elles. Quand bien même encore les chimistes auraient pris toutes les précautions qui eusseut pu rendre leurs opérations de quelqu’utilité aux médecins, il resterait encore une autre question à traiter et qui est infiniment plus importante pour le physiologiste. Elle consiste dans la résolution du problème suivant :

* D’où provient le calcul buccal ? Est-ce une sécrétion, ainsi que quelques personnes l’ont écrit ? Est-ce un dépôt de la salive , ainsi qu'on le répète depuis des siècles dans tous les ouvrages de médecine? Ou bien ne serait-ce point une exhalation terreuse et maladive de la membrane muqueuse des gencives ?

Jourdain et quelques autres ont supposé que le périoste des dents était parsemé de petites glandes qui sécrétaient le tartre. Gariot dit simplement qu’il vient des gencives : mais un auteur récent a annoncé qu’il avait fait la découverte de glandes dentaires , qui seraient mieux nommées calculaires , s’il était vrai que la nature eût affecté un appareil à cette fâcheuse production. Au reste , cet anatomiste ne s’est-il point trop empressé d’en supposer l’existence ? Les petites glandules qu’il désigne comme telles, n’appartiennentelles pas à l’appareil muqueux et salivaire , car la salive, ainsi que tous les physiologistes le savent , est non-seulement fournie par les parotides , mais encore par une assez grande quantité de grains glanduleux répandus sur divers points de la muqueuse buccale , et qui sont très-remarquables chez les animaux ruminans. Je crois donc qu’il y a supposition gratuite de la part de l’auteur, attendu que les enfans en très-bas âge n’ont point de tartre aux dents ; et que cependant c’est sur eux qu’il croit avoir observé les glandes qu’il dit le produire. Si elles existaient réellement, au lieu de décroître, elles devraient augmenter de volume avec l’âge, et leurs fonctions s’établissant de plus en plus , elles seraient très - volumineuses chez les

vieillards , et chez ceux qui sont sujets a\\ tartre. Or , on ne trouve rien qui puisse en faire soupçonner l’existence sur ces divers individus. 11 est donc contraire à la bonne physiologie d’admettre que des organes sans fonctions, seraient très - visibles, tandis que, lorsqu’ils les exerceraient, on ne pourrait les apei'cevoir; Car dans ce cas , il en serait pour les glandes dentaires de l’auteur, en sens inverse de toutes les autres , qui se prononcent d’autant plus qu’elles travaillent davantage. Cette théorie ne pouvant être admise , je ne crois point à l’existence de ces glandes, que d’ailleurs j’ai eu la bonhomie de chercher en vain.

Quoi qu’il en soit , et malgré le sentiment de quelques chirurgiens- dentistes observateurs, l’hypothèse la plus accréditée sur la formation des odontolithles , est que les sels terreux contenus dans la salive , s’en trouvent précipités par un agent chimique , et déposés à mesure sur les dents où ils s’aglutinent par le moyen du mucus de la bouche.

Cette supposition , admise par le dentiste anglais Fox , est généralement répétée sans examen dans plusieurs de nos ouvi’ages élémentaires modernes ; c’est par un moyen analogue que les calculs de la vessie, des reins, de la vésicule du fiel , etc. , sont , dit - on ,

formés (1) : mais ce point intéressant de physiologie pathologique, a-t-il été étudié sous tous ses points de vue? En effet, on trouve des calculs , non - seulement dans les cavités destinées à servir de réservoirs à certains fluides; mais il s’en rencontre dans l’estomac de quelques animaux , dans leurs intestins , dans les articulations des goutteux , dans les conduits de quelques glandes , dans le parenchime du foie et du poumon , dans l’épaisseur des muscles , et enfin dans le cerveau lui-même où ils ont été pris à tort pour des portions ossifiées de la substance de ce viscère (2). Il est néanmoins digne de remarque, que les membranes muqueuses, ainsi que les sinoviales et les glandes qui fournissent un mucus, sont plus particulièrement sujettes à produire des concrétions. Ainsi on en rencontre assez fréquemment dans les tonsilles on amygdales, dans le nez , dans le sinus maxillaire , dans le conduit auditif externe, dans les articulations , etc. ; d’où il me semble plus naturel de penser qu’elles sont le produit d’une

(1) Voy. les Recherches sur les causes de la gravelle , par Magendie, 1818. Le Dictionnaire des Sciences Médicales , An Essay on the chimical history , and medical treatement of calculous disorders , by Marcet , London.

(2) Voyez l’Anatomie du cerveau , par le Dr. Gall.

exhalation accidentelle des capillaires sanguins, à laquelle sont plus disposés les systèmes muqueux et sinovial.

La médecine hyppiatrique nous fournit un exemple qui vient à l’appui de ce que j’avance. M. Dupuy , professeur de l’école vétérinaire d’Alfort, a démontré que les membranes muqueuses de certains animaux, étaient sujettes à une maladie calculaire , qu’il appelle tuberculeuse , et qui consiste dans la formation de petits graviers que l’on rencontre dans l’épaisseur de leur tissu , et dont l’analyse donne à-peu-près les mêmes produits que les autres pierres.

Assurément, ce genre de concrétions , ainsi que celles qui se rencontrent , soit dans le nez, soit dans les sinus maxillaires, etc. , ne peuvent provenir que d’une exhalation maladive des membranes , puisque là il n’existe aucun autre fluide que du mucus , encore n’y séjournet-il qu’assez peu de tems.

Les exhalans des gencives me semblent fournir le tartre de la même manière ; ils en charient plus ou moins , suivant qu’elles sont saines ou phlogosées, et que le sang qui pénètre dans leurs capillaires, contient davantage de terre calcaire -, c’est une observation sur laquelle j ai

maintes - fois fixé l’attention des élèves qui suivent soit ma visite aux Orphelins, soit mes consultations particulières. Là où les gencives sont malades, elles se couvrent d’une couche blanchâtre, molle d’abord, et qui peu-à-peu s’amasse sur les dents où elle se durcit. Là où elles ne sont point phlogosèes , elles n’en fournissent pas : de sorte qu’on voit quelquefois les dents de tout un côté de la bouche dont les gencives sont très-saines, n’avoir pas un atome de calcul , tandis que du côté opposé, où elles sont enflammées, il y en a considérablement; cependant la salive baigne toute cette cavité. Cette remarque est facile à faire , i°. Sur les enfans qui changent leurs dents : parce que du côté où la mue s'opère , les gencives sont plus ou moins irritées. 2°. Sur une personne d’une bonne constitution, et qui n’a point habituellement de tartre aux dents, mais qui étant attaquée de fluxion sur une seule joue , éprouve un catarrhe de la muqueuse de la bouche. Le côté affecté présente une salive visqueuse et des gencives chargées d’un limon blanchâtre très-abondant ; tandis que de l’autre , il n’y a rien de semblable. Si on écarte la joue avec une cuiller, et qu’on regarde sortir la salive parotidienne , elle coule, il est vrai, en plus grande abondance que d’usage : mais elle est aussi lim-

pide. 3°. Examinez encore la salive venant immédiatement de la parotide, sans avoir pénétré dans la bouche, et se répandant sur la joue par une fistule du conduit de la glande; vous la verrez tomber goutte par goutte, sans être filante ; si on la recueille et qu'on l’analyse , on n’y trouve point de phosphate calcaire ; mais si, sur le même sujet, on prend de la salive buccale , on observe qu’elle est plus ou moins muqueuse , et que les sels terreux y sont d’autant plus abondans , que les proportions du mucus sont plus grandes. 4°‘ On a détourné sur un cheval les conduits de Stenon, (i) afin d’obtenir le fluide tel qu’il est secrété par les glandes , puis l’analyse en ayant été faite , on n’y a pas rencontré de terre calcaire ; cependant on observe fréquemment, sur cet animal, des concrétions dans les conduits: elles sont donc le produit d’une exhalation de la membrane muqueuse qui les tapisse , et non un dépôt de la salive qui les parcourt.

En général, j’ai observé que la quantité de calcul était en raison directe de la proportion et de la consistance du mucus buecal, dans tel état de santé que se trouve le sujet , quels que soient son âge et son tempérament , il est encore

(i) Expérience faite à l’Ecole Vétérinaire d’Alfort.

éû raison inverse de sa force relative (i). Par exemple, un sujet de bonne constitution et dans la vigueur de la jeunesse, a une salive buccale , avide d’air. Elle s’en sature de manière à devenir mousseuse , elle nage à la superficie de l’eau distillée, et s’y mélange bientôt; il a peu ou point de tartre aux dents ; mais aussi-tôt qu’une maladie, ou la vieillesse l’a affaibli , la salive devient muqueuse , elle nage entre deux eaux , elle ne se mélange point à ce liquide , souvent même elle va au fond ; une plus ou moins grande quantité de tartre s’amasse à divers endroits de la bouche. Les principes et la quantité de la partie muqueuse de la salive , diffèrent donc singulièrement , suivant l’état de santé ou de maladie, suivant l’âge et le tempérament , ce qui fait que le calcul buccal se présente sous divers aspects ; tantôt ce n’est qu’une espèce de limon très -abondant , tantôt il constitue un corps très-dur et noirâtre; d’autres fois, il s’amasse en croûtes épaisses jaunes, etc.

L’analyse des odonto-lithles doit en conséquence offrir des différences, suivant leurs caractères physiques. Il en est de même des

(i) J’entends par-là, la force naturelle à chaque individu, augmentée ou diminuée accidentellement.

autres calculs qui renferment des matières dépendantes des localités. Ainsi ceux de la vessie contiennent de l’acide urique , ceux de la vésicule de l’adipocire , les bézoards sont odorans , en raison des débris des végétaux qu’ils renferment, etc.

J’ai souvent observé que la membrane muqueuse des gencives, irritée par quelque cause , soit locale, soit générale, s’enflamme, et que si la résolution a été imparfaite, il en résulte un engorgement atonique; alors les gencives restent gonflées, il s’en écoule avec facilité un sang rouge pourpre; avant cet état, elles ne fournissaient que peu de tartre , maintenant elles en donnent une grande quantité. Ici la formation du tartre a lieu par suite d'une affection catarrhale chronique de la membrane buccale, qu’il faut combattre, i°. en enlevant ce corps solide , et en usant journellement des soins de propreté ; 2°. Par les collutoires résolutifs quelquefois acidulés , et enfin par les toniques spiritueux et astringens ; mais si l’atonie est telle , que ces moyens ne suffisent • pas pour relever l’énergie des vaisseaux des gencives, qui sont tombés dans une espèce d’affaissement, la contractibilité de leur tissu devenant nulle, la matière calcaire peut nonseulement les parcourir , mais encore le périoste

dentaire se dessèche , et il s’écoule d’entre les gencives et les dénis une matière purulente qui les fait tomber par déchaussement, quoiqu’elles soient fort saines.

L’inflammation accidentelle ou aigüe des gencives passant très-facilement à l’état chronique chez quelques personnes , on doit se hâter de la résoudre : pour y parvenir , on est même quelquefois obligé d’avoir recours à différens moyens thérapeutiques, et quoiqu’on ne puisse espérer d’empêcher entièrement la production du tartre, au moins on en diminue la quantité; ainsi un vésicatoire ou bien des purgatifs répétés, sont, quand on les emploie à propos, des moyens infaillibles. Je les ai souvent conseillés, et j’en ai obtenu du succès à la suite de fluxions qui étaient passées à l’état de catarrhe buccal. Ce n’est donc pas sans plaisir que j’ai lu dans le deuxième article (i) de l’analyse d’un Essai sur l’histoire chimique et le Traitement médical des maladies calculeuses, par M. Marcet , médecin à Londres, qu’il avait fait la même remarque au sujet des calculs vésicaux. Ici le purgatif agit en déplaçant le siège de l’irritation.

(i) Voyez le Journal rédige par MM. Béclard, Magendie, etc.; tome premier, page 5^5.

En réfléchissant que les personnes qui sont 1s plus sujettes aux odontolithles , ont également la langue plus ou moins sale j le matin à jeun, ne pourrait-on pas croire que cette disposition est générale dané toute l’étendue de la membrane intestinale , et que ces tempéramens appelés bilieux, le seraient très-improprement? Les affections qui leur sont particulières ne tiendraient -elles pas plutôt à une disposition des muqueuses, lesquelles sécréteraient plus ou moins abondamment de cette crasse jaunâtre ressemblant beaucoup à un tartre mou et contenant beaucoup de mucilage (i).

D’après ce que je viens d’exposer , la formation du tartre peut dépendre soit d’une idiosyncrasie de la bouche , soit d’une irritation locale , soit d’un affaiblissement général des solides , soit enfin d’une surabondance de terre dans les fluides. La véritable cause n’en sera donc pas reconnue par l’inspection superficielle de quelques parties des gencives , mais par l’exa-

(i) On peut s’assurer de ce que j’avance, par une

expérience très-simple et qui consiste à recueillir cette

crasse avec un grate-langue , pendant une quinzaine de

jours , et à l’amasser dans un verre d’eau : on décanté tous les matins , et on met de nouvelle eau. Il se forme au fond du vase un précipité jaune ou gris qui a tous

les caractères du calcul buccal.

men

inéri approfondi de toutes les parties de là bouche. Celui qui est le résultat de l'inflammation locale , n’encroûte ordinairement que quelques dents; il est dur et les gencives sont saines par -tout où il n’y eri a point; on l’observe sur les dents douloureuses par suite d’une périostite. Celui qui dépend de l’idio- Syncrase, est répandu par toute la bouche, et peut être très-consistant : celui qui est déposé par suite d’une faiblesse générale des vaisseaux, l’est peu, il est blanchâtre, ou jaunâtre, et très-chargé de mucus. Toutes les gencives sont gonflées , tendues , luisantes , molles ; tel est celui qui se volt sur les personnes attaquées d’affections scorbutiques. Celui qui est le résultat d’une surabondance de terre dans nos humeurs , encroûte toutes les dents , il est souvent sec et dur, il refoule les gencives, il les met en bourrelet , mais elles conservent leur fermeté. Ce dernier se rencontre sur les gens d’un tempérament bilieux et âgés ; chez la plupart , la langue est continuellement salie par une couche jaunâtre.

Dans tous les climats du globe, on n’est pas également sujet au calcul buccal. Eli général, les voyageurs que j’ai consultés à ce sujet, m’ont assuré que dans l’Asie » dans l’Afrique , et dans toutes les régions où la

clialeur est grande, les dents sont bonnes et peu chargées de tartre ; il en est de même dans les pays tempérés et élevés : mais dans les lieux aquatiques , froids et sujets aux brouillards , la bouche contracte facilement l’affection catarrhale qui produit beaucoup de crasse. Au reste , sans porter nos regards si loin, ne voyons-nous pas les joyeux habitans de la Provence , avoir peu souvent recours aux dentistes, tandis que dans les ports de mer de l'Ouest de la France, tels que le Havre, Dieppe , etc. , on trouve une grande quantité de personnes dont les dents sont mauvaises, et qui les ont très-encroûtées de calcul ?

Sous le rapport de l’âge , les enfans ont peu de tartre , à moins qu’ils ne soient d’une mauvaise santé.

Les adultes en ont davantage , et sur-tout à mesure qu’ayant passé trente ans , ils s’avancent vers la vieillesse.

C'est sur-tout dans la dernière période de la vie, que la bouche en présente beaucoup, parce que la terre calcaire qui se trouve en abondance dans nos humeurs , devenant superflue , sort par les exhalans de la peau et des membranes muqueuses. Sous le rapport du tempérament, les sanguins en forment peu , les bilieux en ont beaucoup , les muqueux davan-

tage ; et les caractères physiques et chimiques du tartre diffèrent sur chacun d’eux.

L’ètat relatif de santé' dans chaque tempe'rament , en fait encore varier la proportion , de Sorte que le médecin peut tirer avantage de cette observation ; car la formation plus abondante du tartre , sans inflammatioü locale capable de l’avoir déterminée j est le résultat de l’affaiblissement des solides du sujet; d’où résulte nécessairement un changement dans les qualités des fluides.

Si nous jetons nos regards vers la vessie , pour y étudier par analogie la formation des pierres, nous serons conduits à faire l’application des mêmes principes: en effet, lorsqu’on retire une sonde qui a séjourné quelque tems dans cette poche , on eu trouve fréquemment certains endroits chargés d’une incrustation calculaire, quoique le malade n’ait jamais éprouvé d’accidens annonçant une disposition à la gravelle. J’ai eu, dans ma pratique médicale j l’occasion de faire cette remarque , et on en rapporte encore un exemple bien remarquable dans le journal de SècULlot , juillet 1818, où l’on donne l’histoire d’ün soldat de bonne santé , auquel on plaça une sonde élastique pour prévenir l’obturation du canal de 1 ’ urètre. Ayant été négligée $ elle séjourna

dans la vessie pendant soixante - dix - neuf jours , au bout desquels on avait résolu de pratiquer la taille pour enlever un calcul qui s’y était attaché et qui empêchait qu’on ne pût la retirer: mais le malade, redoutant le bistouri, « fît sortir la sonde avec force. On j> la trouva remplie de muquosités épaisses » qui la bouchaient entièrement : elle était « altérée dans sa surface , rugueuse dans deux n pouces de sa longueur, et portant à son » extrémité qui avait été dans la vessie , une » concrétion urinaire du Volume d'une grosse » amande de forme ovale et un peu rugueuse m 11 me parait évident que dans ce cas , la présence de la sonde a déterminé sur les parties de la membrane qui en étaient touchées , une irritation lente, d’où est résultée l’exhalation d’une matière concrescible ; car, si cette espèce de pétrification avait été contenue dans l’urine proprement dite, il est certain que toute la partie de la sonde qui était dans la vessie, en aurait été chargée^

L’analyse des produits des membranes muqueuses y démontrant une grande proportion de sels terreux , soupçonner la source des concrétions salino-terreuses animales dans le système capillaire de ces membranes , usest donc pas une opinion erronée. Ne serait-il pas

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