VI AVIS DU TKADUCTKUK
livre d'ensergnement, cet ouvrage oiïre une ([ualité bien précieuse : c'est cet esprit scientifique, qui ne permet pas qu'on s appuie sur une hypothèse sans le déclarer formellement, et sans discuter la valeur de cette hypothèse, sa liaison avec les principes antérieurs et les conséquences qui en découlent. Cela est d'un inestimable secours pour Tétudiant, et cela évite au praticien bien des calculs inutiles ou vicieux qui lui feraient prendre en haine une théorie qu'il croirait en contradiction avec les faits. En lisant les chapitres de ce livre, qui contiennent la critique des ouvrages antérieurs, on sera frappé des inconséquences qui ont eu ou ont encore cours, du grand nombre de démonstrations prétendues qui reposent sur des hypothèses gratuites. M. Scheffler en fait bonne justice.
Cet ouvrage mériterait de devenir classique, quand même il n'offrirait que ces avantages et serait d'ailleurs une pure compilation. Mais il n'en est rien, et, pour parler seulement ici de la théorie des voûtes, qui occupe la plus grande place, on trouvera la théorie géométrique des courbes de pression exposée avec des développements aussi originaux qu'élégants, les voûtes non symétriques et les voûtes composées abordées avec sagacité, et surtout deux innovations capitales.
Le principe de la moindre résistance d'une part, et de l'autre le rejet de l'hypothèse de Navier et de Bélanger sur la répartition des pressions.
Coulomb a assis la théorie des voûtes sur des bases solides, mais en se restreignant au cas de l'équilibre limite et des voussoirs incompressibles. M. Méry a voulu faire un pas de
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plus et donner les moyens de vérifier la stabilité d'une voûte, en tenant compte de la compressibilité des voussoirs ; mais il s'est heurté à la loi inconnue de la répartition des pressions sur les divers points des surfaces de joints, et il a tourné 1 obstacle en admettant une loi hypothétique déjà formulée par Navier et améliorée par M. Bélanger, et qu'on peut nommer la loi du trapèze : les pressions élémentaires sur les points d'un joint seraient proportionnelles aux ordonnées d'un trapèze (ou d'un triangle), dont le centre de gravité répond au point d'application de la pression résultante.
Il n'est pas difficile de reconnaître que cette hypothèse correspond à Thypothèse de la flexion plane qui sert de base au calcul des constructions métalliques.
M. Scheffler n'a pas hésité sur ce point à faire reculer la théorie ;, il a ouvertement déclaré que la loi du trapèze n'est fondée sur aucune observation, que certains faits, au contraire, tendent à l'infirmer ; dès lors, pour lui, il n'y a, dans l'état actuel de la science, qu'un parti à prendre : traiter les voûtes qu'on considère comme si elles étaient formées de voussoirs incompressibles, et ensuite tenir compte d'une manière tout empirique des effets de la compressibilité, en suivant l'exemple des constructions stables antérieurement exécutées.
Mais en se restreignant à l'hypothèse des voussoirs incompressibles, l'auteur a voulu donner une théorie complète de ce cas. Coulomb, Méry, n'indiquent que des courbes des pressions possibles, et non la courbe des pressions réelle, que les théorèmes de la statique jj^énéralc laisse.ul md4Vfôtvs\\-