AVIS DU ÏRADUCTEUK. IX
Admettons qu'un poids isolé repose au centre de gravité de la face supérieure d'un socle en pierre; ce sera, si l'on veut, une mince colonne de fonte. Dans ce cas, la loi du trapèze donne un résultat fort simple : la pression de la colonne se répartit uniformément sur toute la face du socle. Ainsi les molécules qui reçoivent directement la pression la transmettraient, à la manière des fluides, uniformément dans tous les sens. Mais, quelque peu précises que soient nos notions sur
d'un corps solide), qu'il con viendrait peut-être de limiter, quant à présent, au cas d'un prisme élastique uniquement soumis à l'action de la pesanteur et reposant sur un plan matériel horizontal, supposé non déformable, par une base dont les distances intermoléculaires seraient elles-mêmes censées invariables. Aussi doit-on appeler de tous ses vœux le perfectionnement et le développement des méthodes par lesquelles MM. Navier, Poisson, Cauchy, Lamé et Clapeyron ont abordé au point de vue mathématique les questions qui concernent l'équilibre intérieur des solides élastiques, et qui, en attendant une solution vraiment rigoureuse, ont déjà conduit M. de Saint-Venant à perfectionner l'ancienne théorie de la résistance des corps à la flexion, au glissement parallèle et à la tension transversale produits par des forces extérieures et diversement appliquées. Le long intervalle qui s'était écoulé depuis les premières recherches des géomètres d'abord cités avait fait craindre aux amis éclairés de la science que cette branche importante de la physique mathématique ne tombât dans un complet abandon, lorsque le remarquable ouvrage de M. Lamé ( Leçons sur la théorie mathématique de l'élaslicUé des corps solides, 1852), est venu dissiper cette appréhension, en nous donnant l'espoir de voir bientôt la théorie des voûtes, elle-même, soumise à des principes plus satisfaisants encore que ceux que nous possédons. Du moins doit-on savoir un gré infini à ce savant d'avoir répandu sur une aussi difficile matière une clarté d'exposition qui la rend pour ainsi dire élémentaire, et d'y avoir semé des aperçus neufs et féconds qui ne tarderont pas sans doute à recevoir d'utiles applications aux problèmes variés qui intéressent l'art de l'ingénieur. Ajoutons que les belles et délicates expériences de M. Werthcim sur la compression des solides élastiques sont un autre motif d'espérer une prompte et heureuse solution. »
X AVIS DU TRADUCTEUH.
la constitution physique des corps solides» elles répugnent a de semblables conséquences; il faudrait pour cela, en etï'et, que le solide n eût pas de cohésion du tout.
Cette loi du trapèze est donc évidemment une limite, mais les solides naturels s*en écartent toujours. Ainsi, dans le cas actuel, supposons que la face du socle considérée soit indéfinie dans tous les sens : il paraît bien vraisemblable que la répartition de la pression de la colonne se fera suivant les ordonnées d'une surface de révolution à axe vertical passant par le centre d'appui de la colonne el asymptote au plan d'appui.
Si le socle est limité, la courbe se modifiera, mais en conservant un caractère analogue. Si, au lieu d'un poids isolé, on a une série de poids distribués suivant une loi quelconque, la courbe changera, mais la ligné droite annoncée par la loi du trapèze ne se produira que dans des cas tout à fait exceptionnels.
Il ne nous appartient pas d'indiquer un mode d'expérimentation : nous ne pouvons cependant nous dispenser de rappeleràVattentiondesingénieursledynamomètrechromatique du regretté Wertheim, dont la chronique des Annales des ponts et chaussées (1854, 1^' semestre, p. 115) signalait l'importance au point de vue de la résistance des matériaux.
En attendant les progrès de la science, qui ne sont peutêtre pas encore prochains, voici, nous le répétons, un ouvrage offrant l'état actuel d'un des plus importants chapitres de la science de Tingéuieur; méthodique et détaillé, et qui, rédigé