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II. — Forme diffuse : GOMME du VOILE proprement dite

Forme commune, forme usuelle, courante. Incomparablement supérieure à la précédente comme fréquence. Ainsi j’en trouve dans ma statistique générale 209 cas, contre 6 relevant de la forme nodulaire.

Elle consiste, non plus en une tumeur définie du voile, mais tout au contraire en une tuméfaction mal limitée, mal arrêtée, sans frontières précises, c’est-à-dire, au total, en une infiltration gommeuse diffuse du voile.

Ainsi, comme aspect général, comme physionomie, la tumeur gommeuse du voile, adulte, bien constituée, battant son plein, rappelle assez exactement au premier coup d’œil ce qu’est une tuméfaction inflammatoire du voile, symptomatique d’une phlegmasie aiguë de la gorge, symptomatique, par exemple, d’une amygdalite, d’une esquinancie. Il y a loin de cet aspect, on le voit, à celui d’une tumeur de la région.

Infiltration du voile sans perception d’une tumeur distincte, telle est donc la première impression reçue par l’observateur. r Cette infiltration, d’ailleurp, est variable comme étendue. Elle peut n’être que partielle, c’est-à-dire se limiter à un département du voile, comme à l’une de ses moitiés latérales ; — ou bien elle est presque générale, voire générale.

Sous telle ou telle de ces formes, comment se présente-t-elle ? Différemment, suivant ses périodes, comme on va en juger.

I. — PÉRIODE D’INFILTRATION. — i. — Dans cette première étape, la lésion s’accuse objectivement par une apparence morbide du voile qui se présente à la fois : déformé ; — rouge ; — épaissi ; — dur; — et immobile. — Analysons ces cinq caractères, qui demandent à être rigoureusement définis.

1° Dès que le malade ouvre la bouche, une première particularité frappe l’observateur: c’est la déformation subie par le voile. Le voile ne figure plus cette arcade géométriquement régulière et élégante qu’il décrit à l’état sain. Sur un point et sur une étendue variable, il est déformé, bosselé ; une saillie, une proéminence s’est faite sur sa voûte.

2° Au même point, la muqueuse a perdu la coloration et l’aspect qu’elle présente physiologiquement. Elle offre une rougeur morbide, d’un ton sombre. De plus, elle est comme tendue, lisse et luisante; on la dirait vernie.

3° Un troisième attribut clinique consiste dans Y épaississement du voile. Cet épaississement, l’œil le devine tout d’abord rien qu’à la

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