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PÉRIODE D’ULCÉRATION

nement la maladie. La moindre angine, la moindre esquinancie ferait cent fois plus de fracas, pour guérir sans aucune suite. Tout au contraire, bénigne, inoffensive d’allure et presque latente dans sa première étape, la gomme du palais comporte comme conséquence une lésion sérieuse et souvent irrémédiable, que je vais avoir à décrire dans un instant.

Eh bien, cette évolution latente, cette apparence de bénignité qui dissimule une gravité réelle, constitue ce qu’on appelle Vinsidiosité.

Donc, insidieuse par excellence est la gomme du voile palatin et c’est là le caractère de l’affection dont il importe le plus de se souvenir pour la pratique.

II. — PÉRIODE D’ULCÉRATION. — Après avoir persisté pendant un certain temps sous la forme précédente, la gomme du palais subit le sort de toutes les gommes, c’est-à-dire se ramollit et s’ouvre en un point, puis s’ulcère. En cela se résument les phénomènes de cette période.

Tout d’abord, comment la gomme s’ouvre- t-elle? Presque toujours à l'insu des malades ; quelquefois pendant la mastication, quelquefois pendant le sommeil. C’est ainsi, par exemple, qu’une de mes malades, s’étant endormie avec un léger mal de gorge dont elle souffrait depuis quelques jours, ne fut pas peu stupéfaite de se réveiller le lendemain matin « avec un trou dans le palais », ne pouvant plus parler qu’en nasonnant, et rejetant les bois'sons par le nez. — En tout cas, cette ouverture de la gomme se fait toujours sans douleur.

Puis, le petit orifice qui s’est creusé sur la tumeur s’élargit aussitôt, presque immédiatement. En un temps très court il se convertit en une ulcération véritable, laquelle s’étend ensuite d’une façon rapide pour envahir progressivement tout ou pàrtie des régions infiltrées par la gomme. Rien de surprenant à cela, car cette rapide destruction était préparée à l’avance. Ce n’est pas une muqueuse saine qui disparaît ainsi en quelques jours; c’est itne muqueuse depuis longtemps malade, minée , amincie, dégénérée préalablement à la perforation.

Et alors, de deux choses l’une :

Ou bien il n’existe qu’une ulcération sur le voile, lequel, en dépit de son peu d’épaisseur, reste cependant imperforé ;

Ou bien, et cela est le cas le plus fréquent, le voile n’est pas seulement ulcéré; il est détruit dans toute son épaisseur; et, par conséquent, si cette destruction porte sur les parties non marginales, il est troué de part en part, il est perforé.

Etudions ces deux alternatives.

i. — Dans le premier cas, alors qu’il n’existe qu’une ulcération sans perforation, ce que l'on observe est très simple. C'est une perte de substance, une entamure dans le voile, dont la face antérieure est

TUMEUR GOMMEUSE DU VOILE PALATIN

plus ou moins creusée en un point, mais dont la face postérieure reste intacte. C’est, en un mot, une ulcération , telle qu'il s’en constitue à la suite de l'ouverture de toutes les gommes, ulcération dont le fond, le plafond , pour mieux dire, est constitué par les portions supérieures du voile restées saines, et qui rappelle comme aspect, comme caractères, la physionomie de l’ulcère gommeux.

Cette ulcération est toujours creuse, très creuse même le plus souvent, eu égard à sa petite étendue (on y logerait un noyau de cerise, un grain de cassis, voire une demi-noisette) ; — elle est bordée d’une aréole rouge assez étendue, dure, rénitente, dont l'infiltration n’est pas douteuse ; — elle présente des bords nettement entaillés et à pic ; — son fond, enfin, se présente jaunâtre, crémeux et comme bourbillonneux, constitué qu’il est par du tissu gommeux dégénéré, à l'état d’eschare.

Quelquefois cette ulcération, surtout si elle est convenablement traitée à ce moment et rapidement traitée, reste ce qu’elle est, sans s’étendre, sans se creuser davantage, puis se répare et se cicatrise; dans ce cas, le voile du palais reste imperforé. Mais plus souvent, après avoir détruit la portion antérieure du voile, la lésion achève son œuvre en ulcérant la portion postérieure, et arrive de la sorte à perforer le voile. L'affection rentre alors dans l’ordre des cas dont il me reste à parler.

ii. — Seconde alternative : le voile est entamé d’emblée dans toute son épaisseur. Ici, ce n’est pas seulement une ulcération, une entamure avec plafond que l’on constate sur le voile, c’est une entamure sans plafond , c’est une destruction de part en part.

Or, suivant les points où elle s’opère, cette destruction en épaisseur donne à la lésion des aspects différents.

Si elle siège sur les parties marginales du voile, elle Yèchancre simplement.

Si elle intéresse les parties centrales, elle creuse dans le voile un trou véritable, une perforation proprement dite, laquelle est entourée, circonscrite par les parties du voile restées saines.

Mais, que cette destruction s’opère ici ou là, peu importe au point de vue des caractères propres de la lésion, laquelle reste toujours la même et se présente toujours avec les mêmes attributs objectifs; et ces caractères, bien entendu, ne sont autres que ceux de l’ulcère gommeux que j’ai décrits tant de fois au cours de cet ouvrage et qu’il serait superflu de reproduire.

Seulement la disposition de cet ulcère gommeux est différente suivant les points qu’il occupe.

S’il est situé à la périphérie du voile, il consiste en une bande ou traînée ulcéreuse, qui borde le palais en l’échancrant, en l’entamant, en y creusant une encoche , et cela des portions marginales vers les parties centrales.

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