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TERMINAISON

tant, à des degrés divers, quel que soit d’ailleurs le diamètre de la perforation ; ce qui tient non seulement à la perforation, mais à la rigidité des tissus périphériques. Plus tard, ce reflux devient infiniment moindre, bien que la perforation soit restée la même, ce qui est imputable non pas seulement aux conditions différentes du voile, mais aussi à Y éducation que s’est faite le malade pour avaler convenablement dans ces conditions nouvelles.

C’est de la sorte que certaines perforations, petites ou moyennes, après s’être accompagnées, à l’origine, de troubles fonctionnels très marqués, deviennent plus tard presque inappréciables comme symptômes. J’ai dans ma clientèle un certain nombre de malades qui, après avoir été sujets à des troubles de ce genre au début de leur affection, n’en présentent plus trace aujourd’hui et pour lesquels la lésion du voile est complètement inoflfensive.

Inutile d’ajouter que ces atténuations des troubles fonctionnels, surtout en ce qui concerne la voix, ne se produisent que dans les cas de perforations petites ou moyennes tout au plus. Ils persistent, au contraire, si la perforation est plus ou moins large. Ils persistent surtout en ce qui concerne la voix, qui ne saurait être modifiée par l’éducation et la surveillance au même degré que la déglutition.

ÉTAT DES GANGLIONS. — On peut dire, comme règle, que la gomme du voile n’exerce aucune réaction sur le système lymphatique.

A titre d’exception, il faut reconnaître cependant qu’on l’a vue coexister avec un certain degré d’engorgement ganglionnaire et même avec des adénopathies plus ou moins volumineuses. Ainsi, sur l’un de mes clients affecté d’ulcérations du voile incontestablement syphilitiques, lesquelles guérirent avec une rapidité significative sous l’influence de l’iodure, il existait deux gros ganglions cervico-latéraux, dont l’un offrait le volume et la forme d’un macaron.

Ces complications ganglionnaires ne s’observent guère que dans les cas graves et aigus, à tendance phagédénique.

Quelle est, en telle occurrence, la nature de ces adénopathies? S’agit-il d’adénopathies inflammatoires ou de gommes ganglionnaires ? S’agit-il d'adénopathies par infection secondaire d’un autre ordre ? C’est là une pathogénie sur laquelle il est encore impossible d’être fixé.

ÉVOLUTION, TERMINAISON. — L’évolution est celle des gommes en général, mais plus rapide cependant, surtout dans la période de ramollissement.

Une fois l’ulcération faite et les produits gommeux évacués, la réparation ne tarde pas à s'accomplir. Plus d'une fois cependant j’ai vu, grâce à l’incroyable incurie de certains malades, des ulcérations gommeuses du voile subsister un temps plus ou moins long dans un

TUMEUR GOMMEUSE DU VOILE PALATIN

état de passivité singulière, témoignant de leur bien médiocre aptitude à la réparation spontanée. En revanche, l'intervention du traitement est toujours souveraine pour déterminer la cicatrisation à brève échéance ; et il n’est pas d’exagération à dire d’une façon générale que la gomme du voile est une des manifestations syphilitiques qui guérit le plus facilement et le plus rapidement sous l'influence d'une thérapeutique appropriée.

Quant à la terminaison ou plutôt à l'état terminal qui succède à l’évolution morbide, nombreuses variétés possibles suivant les cas, à savoir :

1° Restauration intégrale et sans reliquat du moindre stigmate, au cas où le traitement est intervenu assez à temps pour prévenir l’ulcération du voile ;

2° Au cas où il y a eu ulcération du voile, mais sans mutilation véritable, guérison avec cicatrice ; — cicatrice généralement superficielle ou légèrement déprimée, blanchâtre, indélébile, mais n’altérant pas la forme du voile et, au total, inoffensive au point de vue fonctionnel ;

3° Enfin, au cas où il y a eu entamure et destruction, cicatrice, sous l’une des quatre formes sus-décrites de mutilation du voile.

C’est dans cette dernière occurrence que ce qui subsiste du voile offre souvent les aspects les plus étranges, les plus inattendus, les plus indescriptibles. Ainsi, quelquefois le voile est converti en une sorte de membrane fibreuse, blanchâtre, analogue à une valvule mitrale, ajourée par de grandes fenêtres. — D’autres fois, il semble ne plus consister qu’en un lacis de cordages fibreux entre-croisés (voile en grille , voile en dentelle). — D'autres fois il n’est plus représenté que par des tractus quasi aponévrotiques adossés aux parois de l’isthme. — Parfois, enfin, il n’en reste plus vestige.

Comme bizarrerie de configuration locale, je n’ai rien vu de comparable à l’état suivant. Sur un de mes clients, le voile, qui avait été affecté de lésions gommeuses dix ans auparavant, se présentait ainsi constitué : sain dans sa moitié latérale droite ; — aux deux tiers détruit dans sa moitié latérale gauche antérieurement ; — puis, partant de la base de la luette, un gros cordage tendineux, long de 4 centimètres environ, épais de 2 à 3 millimètres, semblable à une ficelle blanche ou à un tendon, s’en allait obliquement s’insérer sur la paroi gauche du pharynx. Quel processus insolite d’ulcération avait pu réaliser une disposition aussi singulière?

Enfin, dans des cas plus complexes, il a pu résulter d'ulcérations du voile coexistant avec des ulcérations développées sur les parties voisines (piliers, pharynx, base de la langue) des cicatrices très étendues qui, par rétraction inodulaire, avaient abouti soit à des atrésies gutturales, soit à une véritable soudure entre le moignon du voile et le pharynx, soudure constituant ce qu’on appelle Yankylose

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