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II. — Lésions sous-muqueuses. — gommes du pharynx

Pour la plupart des cas, l’histoire de ces gommes sous-muqueuses se confond avec celle des.syphilides gommeuses de la même région. Le plus souvent, en effet, ces gommes sous-muqueuses sont de petites tumeurs qui, après être restées un certain temps solides et dures, se ramollissent, s’ouvrent, et forment à la surface de la muqueuse des ulcérations absolument identiques à celles qui résultent des gommes du derme muqueux.

Mais, en d’autres cas, les gommes pharyngées prennent bien plus d’importance. D’abord, il n’est pas rare d’en rencontrer de comparables comme proportions à un grain de cassis, à une olive, à une noisette. On en a vu du volume d’une demi-noix, voire d’une noix. Ce sont alors de véritables tumeurs, susceptibles de créer des complications et surtout de donner lieu à des erreurs diagnostiques dont on conçoit les conséquences.

Mais il y a plus, et ceci, bien que très exceptionnel, mérite une sérieuse attention. Il n’est pas impossible que ces gommes pharyngées se présentent avec des proportions très supérieures. Dans un cas du Dr Coupard, une gomme de ce siège « occupait toute la portion visible du pharynx, avec le volume de la moitié d’un œuf de dinde. Traitée par l’iodure de potassium, elle disparut en une quinzaine ». — Le D' Davasse a relaté le cas d’une gomme pharyngée qui présentait le volume d’un œuf de poule. Au pourtour de cette gomme tous les tissus ambiants étaient détruits. Les os eux-mêmes, privés de périoste, étaient devenus rugueux, noirâtres, nécrosés et comme desséchés. — C’est vraisemblablement encore à une tumeur de ce genre qu’est relatif le fait suivant qu’à double titre je signale à l’attention du lecteur. Un malade était affecté d’une tumeur du pharynx, diagnostiquée cancer encèphaloide . Cette tumeur fut opérée par Blandin. Après une guérison qui dura six mois, le mal récidiva sur place et fit bientôt des

PHAGÉDÉNISME GUTTURAL.

progrès si rapides que Blandin considéra le malade comme absolument incurable et l’envoya à Bicêtre. Là, M. Maisonneuve examina la tumeur, qui, à cette époque, était devenue énorme. Elle occupait la région latérale gauche du cou et toute la région parotidienne ; elle pénétrait de plus dans le pharynx, déprimait le voile du palais et menaçait le malade de mort par asphyxie. L’iodure de potassium fut administré. En moins de six semaines, la tumeur avait disparu sans laisser de traces (1).

Un second point non moins essentiel à noter, c’est qu’en raison de leur voisinage avec le larynx et l’œsophage, ces tumeurs ont pu, en quelques cas, occasionner des phénomènes de dyspnée et de dysphagie des plus accusés, voire une compression assez intense pour déterminer des troubles sérieux et menacer la vie. Plusieurs cas de cet ordre ont été cités. C’est ainsi que, pour ma part, j’ai eu l’occasion d’observer le fait suivant dans ces dernières années.

Un malade commença par être affecté de ce qu’il appelait « un mal de gorge » avec difficulté pour avaler. La nature du mal ayant été méconnue, les symptômes s’aggravèrent, et vint un moment où la dysphagie fut extrême ; ce malheureux ne pouvait presque plus rien avaler. A cette dysphagie se joignit bientôt une dyspnée progressive. Après avoir essayé inutilement de divers remèdes, cet homme se souvint qu’il avait eu autrefois la syphilis et me fit mander. Ne trouvant la raison de ces symptômes étranges ni dans l’examen de la gorge qui était très saine, ni dans l’état du cou et des parties environnantes où n’existait aucune tumeur susceptible d’exercer une compression, je pratiquai le toucher du pharynx, et, très inférieurement, tout à fait au niveau de l’orifice glottique, je découvris une tumeur volumineuse, située au-devant de la colonne vertébrale, proéminente, du volume d’une grosse noix. Cette tumeur était dure et évidemment solide, tout en paraissant commencer à se ramollir à son point le plus culminant. J’administrai l’iodure de potassium; et, quelques jours après, ce malade, que j’avais trouvé presque asphyxiant, mangeait librement et respirait de même. Quelques semaines plus tard, il était complètement guéri.

Complications. — Pluralité de localisations. — Malignité. —

Phagédénisme guttural. — Jusqu’ici je n’ai envisagé que séparément les lésions tertiaires du voile, du palais, de la langue et du pharynx. Or, ces diverses lésions, au lieu de se confiner isolément sur tel ou tel département de la bouche ou de la gorge, peuvent s’associer, se combiner. Ainsi, rien de plus fréquent que d’observer simultanément des lésions gommeuses du voile et du pharynx, des lésions gommeuses du voile et du palais osseux, des lésions de même

(1) Maisonneuve, Leçons cliniques sur les maladies cancéreuses. Paris, 1S54.

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