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DESTRUCTIONS OSSEUSES

Gurney, Fellows, Mackenzie ont décrit comme reliquats de syphilis éteintes des masses sessiles, dures, d’un rouge jaunâtre, envahissant principalement les cornets. Ils les comparent à ces tuméfactions qui se développent dans la région sous-glottique sur les larynx touchés par la vérole.

Les auteurs allemands, Kuhn, Manasse, Kuttner, Franck, Krecke, ont plutôt observé et décrit des espèces de granulations , principalement autour des perforations syphilitiques de la cloison.

Histologiquement, ces productions sont formées d’un tissu conjojictif peu dense, enfermant dans ses mailles une grande quantité de globules blancs, ce qui donne à penser, selon la remarque de Bernoud, qu’il s’agit simplement de tumeurs inflammatoires. — On les voit en nombre considérable, formant des groupes sur la cloison ou les cornets, rarement pédiculisées, d’un gris rosé, très friables. Elles persistent indéfiniment.

4° Rhinite atrophique. — Dans quelques cas la syphilis laisse après elle les altérations de la rhinite atrophique ou ozène. Suchard et Zuckerkandl ont même montré que les altérations histologiques sont alors semblables à celles qu’on trouve dans l’ozène essentiel.

J’ai vu souvent cette atrophie se montrer plus marquée au cornet inférieur, à ce point que l’effacement de ce cornet me paraît un caractère important de syphilis tertiaire. Mais je n’ai constaté que bien rarement l’ozène avec croûtes.

Enfin, Tissier (1) a émis l’idée que l’ozène fétide témoigne « d’une inflammation chronique du système ethmoïdal ».

Complications. — 1° Une complication fréquente consiste dans Yinfection polymicrobienne qui se révèle par une abondante suppuration. Le pus alors n’est pas seulement évacué par les narines et les choanes, il peut encore fuser dans les sinus annexes, les voies lacrymales, les trompes d’Eustache, et aggraver beaucoup le cas. Cette rhinorrhée purulente peut être profuse, considérable. Hallopeau et Jeanselme, au Congrès de Rome en 1894, ont apporté de curieuses observations de sujets syphilitiques qui rendaient journellement plusieurs litres de pus par le nez.

2° Destructions du squelette. — La nécrose, qui atteint diverses parties du squelette osseux ou cartilagineux, réalise des pertes de substance bien souvent signalées. On les observe principalement sur la cloison et sur la voûte palatine.

i. — Les perforations du septum commencent par une tuméfaction bilatérale qui se ramollit et s’ulcère, élimine quelques petits séquestres et laisse après elle une perte de substance. La brèche siège ordinairement sur la portion osseuse de la cloison que forme la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. On la voit rarement sur le vomer. On

(1) Tissier, Extrait des Annales de médecine scientifique et pratique. Paris, 1894,

peut même remarquer avec Moldenhauer que le bord postérieur de la cloison nasale est respecté d’ordinaire. Une observation consignée dans la thèse de Bernoud (observation I) fait exception toutefois à cette règle et d’une façon bien sensible, car seul le bord postérieur de la cloison avait disparu.

Les bords de cette perforation sont généralement irréguliers. Au début, ils sont infiltrés, épaissis; ensuite ils se couvrent de cicatrices souvent cachées sous des croûtes adhérentes.

Les dimensions de la perte de substance sont souvent assez grandes pour qu’il soit possible de voir la fosse nasale droite par la narine gauche et vice versa. (Le spéculum nasi ne doit pas être enfoncé trop profondément, car il pourrait cacher sous l’une de ses valves la perforation qu’on cherche.)

Il importe de spécifier dès maintenant que toutes les perforations cle la cloison ne sont pas d'origine syphilitique.

Ainsi : il est, d’abord, une perforation septique. Celle-ci est produite, peu à peu, par l’habitude de gratter la cloison avec l’ongle toujours plus ou moins septique de l’index. Elle n’est d’abord qu’une exulcération, mais elle devient ulcération après un certain temps et finit par perforer la cloison.

En second lieu, une perforation professionnelle est celle qui s'observe chez les ouvriers employés à la fabrication des chromâtes et des produits arsenicaux ou phosphoriques, comme aussi chez les mineurs dans les charbonnages.

Roger, Colbet, Lecœur, Gielt et autres ont depuis longtemps signalé les perforations de la cloison consécutives à la fièvre typhoïde.

La tuberculose aussi produit parfois des perforations de la cloison, et cela avant même que l’auscultation thoracique révèle des lésions aux sommets. La perte de substance se montre à la portion cartilagineuse de la cloison ; elle est arrondie, avec des bords épais et fongueux.

Plus souvent encore c’est le lupus qui réalise cette communication

sur les narines ne laisse pas longtemps le diagnostic douteux.

A signaler encore les perforations par hématomes suppurés, et les perforations opératoires produites par l’application de l’électrolyse à une malformation de la cloison.

h. — Perforations de la voûte palatine. — Moins fréquentes qu’à la cloison, celles-ci siègent généralement vers le centre de la voûte, à l’union du vomer et des apophyses palatines. — Le plus

souvent elles sont ovalaires et à grand diamètre antéro-postérieur. —

elles mesurent en moyenne de 2 à 3 centimètres de diamètre dans leur grand axe. — Exceptionnellement, elles sont réduites à de simples ouvertures fissuraires. — Exceptionnellement aussi, elles sont assez considérables pour que là voûte soit presque anéantie.

entre les deux fosses nasales ; mais la coexistence de plaques lupiques

On en trouve de toutes dimensions. Dans leur type le plus commun,

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