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COMPLICATIONS CEREBRALES. — FORME CHRONIQUE

qu’elle consiste dans la symptomatologie d’une encéphalite chronique partielle, ultérieurement compliquée de quelques phénomènes de paralysie affectant surtout les nerfs antérieurs du cerveau.

Au détail, ce qu’on observe est ceci : quatre ordres de symptômes, mais tous vagues, indécis.

1° Avant tout, phénomène le plus constant, céphalée. Le mal de tête est habituel, et plus remarquable par sa continuité que par son intensité; c’est un mal de tête lourd, gravatif, sourd, supportable parce qu’il n’est pas intense, mais insupportable parce qu’il constitue une gêne de tous les instants.

2° En second lieu, changement de caractère et d' habitudes : morosité, tristesse, abattement; le malade devient sombre, concentré, taciturne, apathique.

3° Asthénie cérébrale. Le malade conserve toute son intelligence, toutes ses facultés de conception et de jugement ; et cependant, en raison de son état habituel de souffrance, il devient moins apte à ses travaux, à ses occupations ordinaires ; il a moins de vivacité, d’entrain.

4° Détérioration de l'état général , à savoir : certain degré d’amaigrissement, de diminution des forces, d’altération du teint, de décoloration; changement de physionomie, d’habitus, etc.

Certes, aucun de ces divers symptômes n’a de signification propre, et l’ensemble même en est insuffisant pour attester quoi que ce soit de spécial. Si bien qu’en présence de tels phénomènes, le médecin ne peut que rester indécis. Il voit bien que quelque chose et quelque chose de grave se prépare. Mais quoi ? 11 sent bien que le sujet affecté de la sorte est un sujet menacé; mais impossible de rien préjuger de plus précis. Et fort souvent les choses en restent là pour un certain temps, pendant des semaines, pendant des mois, sans que rien autre se produise.

Au delà, enfin, vient un moment où l'apparition de quelque symptôme nouveau aboutit à éclairer la situation. Or, ce symptôme, c’est généralement un trouble fonctionnel intéressant quelqu’un des nerfs antérieurs du cerveau, à savoir : ,

Le plus souvent, paralysie d’une paire motrice oculaire, 3e ou 6e paire ;

Ou bien invasion progressive de troubles visuels (brouillard sur la vue, mouches volantes, amblyopie) ;

Quelquefois aussi, dureté d’une oreille;

D’autres fois encore, paralysie partielle quelconque, telle que parésie ou engourdissement d’une main, d’un membre, etc.

Toute incertitude alors est levée. C’est bien évidemment l’encéphale qui est en jeu ; c’est bien vers le cerveau que quelque chose se prépare ou, pour mieux dire, s’accomplit, et cela d’une façon lente, sourdement progressive.

Puis, les symptômes précédents persistent et s’aggravent. Les

OSTÉITES NASO-CRANIENNES.

troubles cérébraux augmentent, toujours indécis comme forme, et accusant plutôt une souffrance générale du cerveau qu’une localisation précise vers tel ou tel point. L’intelligence, par exemple, reste toujours maîtresse d’elle-même, mais elle devient paresseuse, engourdie, comme voilée.

Tout cela continue à traîner en longueur, avec asthénie croissante de toutes les fonctions.

Enfin, la terminaison s’accomplit par un ou plusieurs ictus apoplectiformes, et l’autopsie démontre l’existence d’une encéphalite chronique, avec les divers détails anatomiques sus-énoncés.

J’ai vu mourir de la sorte, il y a quelques années, un malade dont l’histoire mérite d’être relatée ici, pour montrer comment les cas de ce genre peuvent être insidieux et égarer le diagnostic du médecin.

Rien n’est instructif comme une erreur, dit-on. Ecoutez donc ceci.

Un malade, anciennement syphilitique, commence par éprouver, pendant dix-huit mois à deux ans, les divers symptômes suivants: « Il est toujours enrhumé, dit-il ; il mouche plus souvent que de coutume, et son mouchoir est souvent strié de sang. » Il n’attache d'abord aucune importance à ces légers symptômes. Mais, comme à cela se joint un certain trouble d’une oreille, il se décide à aller consulter un auriste. Il se croit et on le croit à cette époque malade de l’oreille. Le voici donc passant plusieurs mois entre les mains de divers médecins spécialistes, sans qu’aucun changement favorable intervienne dans son état.

Quelques mois plus tard, sa vue commence à baisser, en même temps que les symptômes précédents persistent. C’est auxophthalmologistes qu’alors il a recours. Aucun succès. — Et plus de deux ans se sont déjà écoulés depuis l’invasion des premiers accidents !

Je le vois à ce moment. Mon rôle était plus facile ; car j’étais éclairé, tant par les insuccès de mes devanciers que par la persistance du mal. Je soupçonne une lésion nasale. Mais l’absence d’ozène et l’absence de tout renseignement fourni par l’exploration au stylet doivent encore, à mon sens comme aussi de l’avis de plusieurs collègues consultés à ce moment, imposer au diagnostic une absolue réserve.

Un traitement spécifique néanmoins est prescrit ; malheureusement, il n’est accepté qu’avec répugnance et suivi très insuffisamment.

Puis, quelques mois plus tard, le malade commence à souffrir de la tête; il pâlit, il maigrit; il devient taciturne, morose, sombre; il continue bien encore à vaquer à ses occupations habituelles, mais il n’accomplit qu’avec fatigue son travail de chaque jour.

Voilà l’invasion cérébrale commencée. Elle persiste sous cette

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