PHAGÉDÉNISME TERTIAIRE EN SURFACE
phagédénisme limité, circonscrit ou bénin ; — un phagédénisme moyen ; — un phagédénisme considérable, voire monstrueux (le mot n’aurait rien d’exagéré).
Il est, en effet, certains cas où le phagédénisme se circonscrit à un organe ou à une portion d’organe, comme le gland, une des lèvresvulvaires, une aile du nez, etc. — En d’autres cas, il intéresse toute une région, tout un département cutané (organes génitaux, isthme guttural, fosses nasales, etc.) — Ailleurs, on le voit se déverser sur plusieurs régions successivement ; — ailleurs encore, dépasser tout ce qu’on pourrait croire soit comme étendue de surfaces envahies, soit comme intensité de délabrements.
Nous allons l’étudier dans ces différentes formes.
I. — PHAGÉDÉNISME DE SURFACE. — Comment progresse le phagédénisme de surface ?
1° Dans une forme dite atypique, il procède ou paraît procéder au hasard, sans règle, sans méthode. Il va s’élargissant de-ci de-là, capricieusement, comme si aucune loi ne présidait à sa marche. C’est ainsi que parfois on le voit pousser une pointe en tel sens, puis s’arrêter, s’étendre alors dans un sens différent, puis dans un autre, et ainsi de suite.
2° Mais, si cela est possible, ce n’est là à coup sûr qu’une rare exception. Car la règle, c’est que, bien au contraire, le phagédénisme tertiaire procède à son extension en surface suivant une modalité méthodique, systématique. Un de ses caractères les plus habituels, qui suffit même souvent à le distinguer des autres phagédénismes, c’est d’avoir, si je puis ainsi parler, un plan d'invasion , une marche déterminée à l'avance , marche à laquelle il semble assujetti par une force supérieure, et qu’il poursuit pas à pas, sans variations et sans modifications d’aventure. Ace point qu’étant donné un phagédénisme tertiaire, on peut avec quelque peu d’habitude en prévoir la direction future et dire : ce phagédénisme, parti du point A, viendra au point B, puis au point C, et ainsi de suite, si nous ne parvenons pas à l’enrayer dans sa marche. Et maintes fois l’on a vu de tels présages être confirmés de point en point par l’événement.
Je le répète, car la chose est d’importance : cette discipline d’évolution, cette progression méthodique constitue l’un des caractères les plus frappants des phagédénismes tertiaires, un de ceux qui permettent d’en établir le diagnostic le plus sûrement.
Cela dit, précisons. — Le phagédénisme tertiaire progresse suivant deux modes qui peuvent être ainsi qualifiés : rayonnement centrifuye ; — et traînée serpentine ou serpiyineuse.
Voyons le premier, de beaucoup le plus commun.
i. — Progression par rayonnement centrifuge. — Une comparaison banale donne une idée très exacte de cette modalité exten-